• Savez-vous que les JO modernes ne furent pas créés par Pierre de Coubertin, mais initiés par un docteur anglais, W. P. Brookes, en 1850 ? Que le bois de Boulogne, lors des JO de 1900 à Paris, fut jonché de cadavres sanglants de volatiles, à cause de l'épreuve de tir aux pigeons vivants ? Connaissez-vous George Eyser, vieillard de 33 ans qui décrocha 6 médailles en gymnastique en 1904, malgré son très léger handicap :
    Une jambe de bois ? Ou encore Shizo Kanaguri, coureur japonais qui prit le départ du marathon aux JO de Stockholm en 1912, ne franchit jamais la ligne d'arrivée et s'évanouit dans la nature...
    Cette trentaine d'histoires authentiques et cocasses, célébrant les « losers » comme les « winners », sont narrées avec humour et passion par l'érudit sportif Thierry Beauchamp.

  • Rire sous le fouet, dans l'accablement d'une vie de bête de somme, sous le coup de l'une des pires institutions que l'humanité ait jamais été capable d'inventer, comment donc cela serait-il seulement pensable ?
    Les folkloristes américains ont cependant collecté, des années 1880 aux années 1960, la mémoire des récits humoristiques qui avaient cours parmi les esclaves noirs des États-Unis d'avant l'abolition.
    Thierry Beauchamp a ici rassemblé et traduit les textes les plus représentatifs de ces blagues, contes, galéjades ou boniments. Ils nous introduisent dans le bas monde de « l'institution particulière », où le peuple servile moque ses propres espoirs comme ses angoisses, se rit du sempiternel « Vieux Maître » comme de la crédulité de l'esclave (« John ») aspirant à un plantureux repas ou à des bottes bien cirées. Ce sont aussi des fables divertissantes à motifs animaliers évoquant Ésope ou La Fontaine, qui mobilisent un immense folklore afroaméricain basculant volontiers dans le fantastique.
    On s'amuse ainsi de l'aberration du labeur sans fin et de la tyrannie discrétionnaire, sans pourtant que viennent réellement affleurer des revendications d'ordre politique. Car ces historiettes sont immergées dans un quotidien littéralement stupide et avilissant, et c'est bien celui-ci qui fait avant tout les frais des farces que l'on raconte, et que l'on voit surgir à l'envers des outrances dédiées au plaisir du rire.
    Élégance de l'esprit ou politesse du désespoir, les esclaves cultivaient l'humour, bien sûr : comme tous les autres hommes.

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