• États-Unis, Chine, Allemagne : trois pays, trois empires qui dominent désormais l'économie mondiale. Les grandes crises rebattent toujours les cartes, renforcent les uns, affaiblissent les autres. Celle que nous vivons, depuis la faillite de Lehman Brothers, ne déroge pas à la règle.
    La Chine poursuit méthodiquement sa longue marche pour redevenir la première puissance mondiale qu'elle était au XVIIIe siècle, avant la première révolution industrielle. Les États-Unis ont pris conscience qu'une alliance privilégiée avec la Chine risquait d'être un marché de dupes. Pour maintenir leur rang, il leur faut prendre le virage de la troisième révolution industrielle, investir, innover, reconstruire leur appareil de production, et, à l'international, fédérer les voisins de la Chine - du Japon au Vietnam - inquiets de sa montée en puissance. L'Allemagne, depuis sa réunification, bâtit pas à pas une Europe allemande, consacrant ainsi le retour, sur la scène mondiale, de la Germanie.
    Chacun de ces empires s'appuie sur ses grandes entreprises et se voit au centre du monde. La Chine rééquilibre ses voies commerciales vers l'Europe, via la Russie. Les États-Unis poussent à des accords de libre-échange transpacifique et transatlantique, pour offrir à leurs multinationales les marchés qu'elles n'auront pas en Chine. En imposant son modèle économique, l'Allemagne a fait de l'Europe un nain politique. Elle ne veut pas avoir à choisir entre ses principaux clients, la Chine et les États-Unis. Quant à la France, elle est absente de ce nouveau kriegspiel mondial.

  • Le 19 décembre 2014, presqu'à la sauvette, les actionnaires d'Alstom décident de vendre à l'américain General Electric les activités énergie du groupe, un des leaders mondiaux pour l'équipement des centrales électriques. Une bonne affaire pour GE. Une mauvaise pour la France. Après Pechiney, Arcelor, Alcatel, c'est le dernier acte du grand démantèlement de l'industrie française. La France perd le contrôle d'un secteur stratégique : l'électricité, l'un des piliers de la croissance économique du XXIe siècle. D'Alstom, il ne reste que la branche Transport.

    De la fabrication des turbines Arabelle indispensables à la nouvelle génération des EPR à la maintenance du parc existant de centrales nucléaires, c'est toute la filière nucléaire française qui est ainsi déstabilisée. Au moment même où Areva est en grande difficulté. Il n'y aura pas d'« Airbus européen » de l'énergie non plus.

    Comment une telle chose a-t-elle pu se produire ? Pourquoi n'a-t-on pas négocié un accord équilibré ? Pourquoi l'État n'a-t-il rien vu venir ? Quel rôle ont joué les deux ministres, Montebourg, puis Macron ? Oui, il y a bien une affaire Alstom.

    Jean-Michel Quatrepoint mène une enquête serrée autour de ce dossier. Il raconte la nouvelle stratégie des États-Unis pour faire main basse sur les fleurons industriels européens, et français en particulier. Notre classe dirigeante se révèle impuissante à faire prévaloir les intérêts du pays.

  • Depuis un quart de siècle, nous vivons sur le dogme d'une globalisation inéluctable, stade ultime du capitalisme, censée apporter bonheur et prospérité au plus grand nombre. Or, ce monde global débouche sur une crise. globale. Comme il y a un siècle, lorsque la première globalisation s'est effondrée avec la première guerre mondiale. A l'époque, il ne manquait pas de bons esprits, à gauche comme à droite, pour prédire la fin des nations. grâce à l'internationalisation des échanges, des marchés et des capitaux facilitée par les nouvelles technologies et les moyens de communication. L'interdépendance des économies rendait la guerre quasiment impossible, disait-on. On a vu ce qu'il advint de ces prophéties.
    Cette seconde globalisation, amorcée depuis un quart de siècle, a reproduit les mêmes erreurs. On a poussé les feux du libre échange jusqu'à l'absurde. Comme au XIXe siècle, l'hypertrophie du commerce mondial a débouché sur une financiarisation excessive. Nous avons assisté à une sorte d'alliance contre nature entre les multinationales, la finance internationale et la Chine. Résultat : l'Occident a fait un marché de dupes, car il doit faire face désormais à une concurrence déloyale, à un dumping multiforme.
    Comment éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets et que cette seconde globalisation ne débouche, à son tour, sur une catastrophe mondiale ? Jean-Michel Quatrepoint analyse deux scénarios possibles : aller encore plus loin dans la voie du libre échange ou tenter une déglobalisation progressive, limitée, contrôlée. Cette seconde voie passe par la redéfinition d'un monde multipolaire, où les frontières ne sont pas des obstacles. Pourquoi également ne pas relancer l'idée de la préférence communautaire ? Imposer une harmonisation fiscale au sein de l'Europe ?, etc.
    Ou bien le monde réussit à accoucher de nouvelles règles du jeu monétaires, fiscales, sociales, environnementales, avec quelques grands espaces régionaux, ou nous allons à la catastrophe, c'est-à-dire à la guerre. Le paradigme dominant veut nous faire croire que le protectionnisme, quel qu'il soit, débouche inéluctablement sur la guerre. Mais pour Jean-Marie Quatrepoint, l'enjeu aujourd'hui est bien plutôt entre la déglobalisation. ou la guerre.

  • Le 15 septembre 2008, la banque américaine Lehman Brothers fait faillite.
    La bombe des subprimes éclate au grand jour. Le krach financier se propage à l'ensemble de l'économie, plongeant le monde dans une crise globale, encore plus grave que celle de 1929. Largement responsables des dérives du capitalisme, banquiers et financiers ont réclamé sans vergogne l'aide des contribuables et des États pour sauver le système. Des trillions de dollars sont généreusement distribués par la Fed et les banques centrales.
    Moins d'un an après le krach, Wall Street et les financiers se sont refaits, ils s'octroient de faramineux bonus et cherchent par tous les moyens à relancer la machine à spéculer. On a nationalisé leurs pertes pour qu'ils puissent reprivatiser leurs profits. Ils sont pour une bonne part à l'origine de l'explosion des dettes publiques et de la formation d'une nouvelle, d'une dernière bulle dont ils s'emploient à tirer le maximum de profits.
    Jean-Michel Quatrepoint, qui annonçait dès l'été 2008 la crise globale, raconte comment le lobby financier c'est-à-dire Wall Street, les grandes banques et la Réserve fédérale américaine ont lié les mains de Barack Obama, afin d'éviter toute réforme en profondeur du système. Il décrypte le jeu dangereux de ce lobby des lobbies qui ne pense qu'à ses intérêts et nous a fabriqué une fausse reprise.

  • La crise des subprimes ? c'est la faute des banques. la bulle internet ? c'est la faute de la spéculation. les fermetures d'usines et les délocalisations ? c'est la loi de l'économie. le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre ? ils n'ont bien sûr rien à voir avec le développement exponentiel des transports et le mouvement brownien des marchandises aux quatre coins de la planète. les hausses vertigineuses des matières premières ? c'est la faute des chinois, des indiens et des brésiliens. bref, d'une demande qui explose. à chaque phénomène, on trouve une explication technique, et surtout partielle, généralement a posteriori.
    Mais jamais, au grand jamais, on ne cherche à relier les problèmes les uns aux autres. dans une société dominée par la globalisation, il ne faut surtout pas... globaliser les problèmes. car ce serait reconnaître que la crise que le monde traverse, comme la paupérisation en marche de nos classes moyennes, ne tombe pas du ciel et qu'il s'agit bien d'une crise globale.
    Elle est la conséquence des dérives d'un processus entamé, voilà près de trente ans, lorsque le capitalisme anglo-saxon a décidé de revenir aux sources du libéralisme et de s'imposer aux quatre coins du monde. dans les années quatre-vingt-dix, l'alliance sino-américaine, internet et la financiarisation de l'économie ont fait croire au triomphe définitif de la mondialisation. trop rapide, trop forte, trop brutale, elle a débouché, après le 11 septembre 2001, sur une sorte de spirale infernale, une fuite en avant des pays occidentaux dans une économie de la dette. les anglo-saxons ont joué les apprentis sorciers.
    Jean-michel quatrepoint écrit le roman de cette globalisation qui se voulait heureuse et qui tourne au fiasco pour les occidentaux.
    Jean-michel quatrepoint est journaliste. après onze ans passés au monde, il a dirigé les rédactions de l'agefi, de la tribune et du nouvel economiste. ila été le patron de la lettre a pendant quinze ans.

  • L'atmosphère est lourde. Des phrases, des situations qui semblaient autrefois anodines sont devenues des crimes. Nous sommes tous coupables : d'avoir bu un verre, d'avoir blagué sur les femmes, de manger de la viande, etc.
    Derrière cette traque aux dérapages et ces entreprises de rééducation, un mécanisme : la tyrannie de minorités qui instrumentalisent des combats essentiels pour les transformer en croisade contre une supposée majorité, celle des « dominants ». Au nom du Bien, on modifie le vocabulaire, on nie le plaisir, on criminalise le désir, on réécrit l'histoire. Ces nouveaux bigots sont les idiots utiles d'un néolibéralisme qui atomise les sociétés et fragilise les structures traditionnelles pour mieux imposer sa vision manichéenne du monde.

  • Les multinationales française sont la principale force de frappe dont dispose le pays pour faire face aux défis économiques de l'après crise. Mais si la France ne retrouve pas les moyens de se doter d'une politique industrielle volontariste, elle risque de se priver de ses meilleures capacités de rebond. Une stratégie offensive passe indubitablement par la mise en oeuvre d'une action concertée avec les grandes entreprises de nationalité française qui forment l'essentiel de notre potentiel pour conquérir les marchés internationaux.

    Partout dans les zones du monde en effervescence, les Etats interviennent ouvertement - et parfois outrageusement - pour soutenir leurs champions nationaux. Nous avons, à l'inverse, et à rebours, décidé de vouer aux gémonies les politiques volontaristes.
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    Mais l'effort de l'Etat - et donc de la nation - ne peut pas être sans contrepartie. L'Etat doit épauler les grands groupes dans leur conquête de parts de marché à l'étranger et leur permettre d'entraîner dans leur sillage les entreprises de taille moyenne. Ce renouveau du lien entre le pays et ses multinationales doit se faire sous le sceau de la réciprocité : la croissance des entreprises à l'étranger, et notamment dans les pays émergents, doit avoir des retombées positives pour l'économie et l'emploi dans l'Hexagone.

  • La logique financière a pris le pas sur l'approche économique. A tel point que les économistes liés à la finance de marché ont une influence déterminante sur la formation des croyances et des opinions des chefs d'entreprise comme des pouvoirs publics ou encore du grand public. Une ligne de pensée qui a conduit à l'impasse dans laquelle se trouve aujourd'hui la France.

    Pourtant, ni les délocalisations, ni les pertes d'emplois qualifiés, ni la baisse de l'investissement productif en France ne sont une fatalité. Il est indispensable d'imaginer des stratégies alternatives, avec de nouvelles incitations pour relocaliser la croissance mais aussi encourager la finance et l'épargne à mieux soutenir le développement de l'activité sur le territoire national.

    Tel était l'objectif du colloque « la finance face à l'emploi, logique des marchés et relocalisation des marchés » qui s'est tenu en juin 2010 à Paris. Pour stimuler la réflexion, Xerfi a réuni des industriels, des banquiers, des experts, mais aussi mobilisé ses équipes d'économistes et de spécialistes sectoriels, tous préoccupés par la nécessité impérieuse d'une mobilisation afin de relancer une dynamique d'activité en France et remettre prioritairement la finance au service du développement des entreprises sur le territoire.



    Le colloque a été organisé par Xerfi, premier institut d'études économiques privé en France et totalement indépendant. Avec des centaines d'études publiées chaque année sur l'évolution des secteurs d'activité en France et dans le monde, il dispose d'une expertise exceptionnelle. Xerfi organise régulièrement des colloques et des conférences pour apporter sa contribution citoyenne au débat économique

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