• Fortune de silenciaire

    Daniel Othily

    • Verone
    • 14 Octobre 2015

    Croire en l'amour et en l'usage heureux de l'écriture, est-ce normal au XXIe siècle? Dans le poème comme dans le dessin, je tiens une ambition de vie. Oui, l'écriture est aussi le vigile des mots qu'elle enferme dans des phrases. Dans ce texte, je ne suis qu'un esthète de l'effacement, un simple admirateur de ce qui s'est vu. Promeneur du quotidien, je pense la liberté de créer dans le refus de l'impensable «Inconnu». Il y a des regards qui portent en eux la nuit des temps, mais, au fond, que savent-ils d'elle? Je suis comme tous ceux qui passent leur temps à se fabriquer une raison de vivre, un simple «Baladin de l'irrationnel». Tandis que là, dans le gouffre de l'écriture, où se dissimule le miroir conscient de la poésie, suis-je encore moi-même?
    Les mots sont là pour qu'on les prenne avec nos envies de vibrer, de vagabonder par la pensée, de sauter le pas de l'inconnu. Je sais qu'il n'y a pas de vérité dans le séjour fini de la Terre et vous aussi. J'ai compris l'incapacité sociétale de donner une vraie place à la souffrance des hommes.
    Si l'homme n'était pas, par nature, par essence, un faiseur de bruit, un trompeur de silence, serait-il pour autant capable d'être silencieux? Je pense à ce silence qui inonde et embaume les mots de l'écriture poétique: une fortune!

  • On peut se demander si la littérature et le futur ont un langage commun et quel langage, mais s'agissant de la mémoire ou du passé, la même question semble admissible quand il faut oublier, coûte que coûte, et que tout a été fait par l'histoire, pour que peu de traces subsistent aux exactions commises par une civilisation fondée sur le christianisme. Une civilisation qui a pris la parole d'un dieu de paix et de fraternité comme symbole de l'expansion coloniale. Aujourd'hui, de nombreux peuples se cherchent parce qu'ils ignorent presque tout de leur propre identité culturelle. Ce roman fouille au plus profond de la mémoire collective de la France et des Caraïbes, depuis le début de la colonisation de l'île de la Martinique, appelée Jonnacaira par les premiers habitants de ce bout du monde américain, les Kalinagos. Un roman qui joue de la fiction pour raconter la fin d'un peuple fier et dominateur, très différent de ce qu'en disait le Père Labat et bien d'autres historiens au service d'une idéologie dominatrice, quasi-exterminatrice. Il faut bien dire ce qui a été, les Amérindiens de Madinina ont subi un quasi-génocide par le fait militaire français, il y a déjà plus de trois siècles, avant que l'esclavage ne s'implante définitivement. Des femmes et des hommes ont vécu cette tragédie que le roman retrace avec des accents qui facilitent la fiction littéraire. Une démarche presque sociologique introduit le lecteur dans la vie quotidienne, il y a trois siècles. Des vérités historiques sont mises à l'épreuve de l'écriture littéraire, comme si leur contradiction devait servir la bonne cause d'aujourd'hui.

  • Voici un manifeste qui éclaire sur la nécessité de lutter autrement contre le sous-développement et le chômage massif des jeunes. Un texte qui prend partie pour l'indépendance alimentaire, pour l'indépendance énergétique, pour la participation active des citoyens au développement, en s'appuyant en priorité sur une nouvelle répartition des terres. Quatorze objectifs sont dressés pour aller au-delà des recettes éphémères qui privent le plus souvent les femmes et les hommes les plus défavorisés, notamment les jeunes, d'un véritable investissement individuel, seul levier capable de construire l'avenir collectif. L'auteur propose de nombreuses idées et procédures encadrées démocratiquement pour mettre un terme au sous-développement chronique de ce département d'outre-mer.

  • Dans une société évoluant vers la désindustrialisation et le non-travail pour une part croissante de citoyens, l'éducation différentielle introduit l'acceptation de statuts nouveaux et de droits élémentaires multiformes. L'Éducation nationale qui rend un service particulier à un public spécifique fonctionne encore sous le régime de la gratuité. Pour certains, l'interventionnisme étatique serait une atteinte tandis que la marchandisation de l'éducatif synthétiserait une phase transitionnelle. Aujourd'hui, le mercantilisme s'approprie tout espace vierge provoquant à la fois une crise institutionnelle et une crise de la démocratie. L'opium du peuple, c'est l'éducation ! La mondialisation s'inscrit dans une logique de crise et de domination y compris dans l'éducation. L'humanisme du XVIe et du XVIIe a battu en retraite. Y a-t-il progrès réel sans progrès social ? Des règles prudentielles internationales sont-elles envisageables ? La mondialisation n'est plus un mythe mais une réalité que l'approche socio-économique du marché confirme avec le marché sans limites. La relation complexe du pouvoir et du marché montre que ce dernier occulte le premier. De plus en plus, les gouvernants perdent leur souveraineté monétaire et donc politique. À qui profite le marché ? N'est-ce pas la démission des gouvernements qui ouvre la porte à la crise ? Le modèle des marchés multiples ? Dans l'éducation du citoyen s'observe la marche vers la marchandisation du corps. Le XXe siècle qui fut un grand consommateur de corps laisse la place aux loisirs sportifs et commercialisés sous l'emprise de l'efficacité personnelle comme concept né de la technicisation corporelle. Les nouveaux programmes d'EPS facilitent la pénétration du marché à l'école. Esprit bourgeois et culture démocratique sportive s'allient avec la sublimation libérale du corps. De nouvelles pratiques corporelles instrumentalisent le corps facilitant la hiérarchisation du corps et du sport dans la mouvance commerciale et bourgeoise. L'homme prométhéen s'annonce dans une nouvelle sphère où s'affrontent la montée du non-travail et la paix civile dans la démocratie marchande. L'éducation physique prométhéenne doit faire face à la marchandisation du corps en suscitant un nouveau rôle prométhéen aux chômeurs et aux pauvres dans le contexte de crise mondiale. Où va le travail devenu propriété privée et exclusive des marchands ? Quelle stratégie pour y faire face ? Quel est le rôle des Epiméthéens dans le système cogestion du contrat social ? Quelle Éducation nationale différenciée faudra-t-il envisager ?

  • Zongo de Cérons

    Daniel Othily

    • Theles
    • 19 Juin 2008

    Antilles françaises. Rétablissement de l esclavage. Zongo de Cérons est un métis, né en Martinique, qui a choisi le métier des armes. Devenu officier des armées républicaines, comme Alexandre Dumas, il est affecté en Guadeloupe, pays de son père. Il va alors s opposer au général Richepance, choisi par l empereur Napoléon Bonaparte, pour rétablir l esclavage, en accord avec les colons blancs, fournisseurs de denrées rares à la France de 1800. Cette nouvelle de Daniel Othily s inscrit dans le cadre de l histoire coloniale et nous rappelle qu il y a deux siècles précisément, eut lieu le rétablissement de l esclavage, aujourd hui qualifié de crime contre l humanité. Des femmes et des hommes ont glorieusement lutté pour défendre les idées de fraternité, d égalité et de liberté : ils avaient entendu et cru la parole révolutionnaire française. Ce récit relate avec force la détermination de ces héros noirs, moins connus que Delgrès, qui appartiennent à l histoire des Antilles, mais également à l histoire de France. Par leur résistance acharnée, ces vaillants combattants, qui connurent des sorts tragiques, honorent les Droits de l Homme et du Citoyen.

  • Chloé

    Daniel Othily

    Une femme qui ne manque de rien, souffre d'un mal intérieur qui la pousse irrémédiablement vers la conquête d'êtres masculins ou féminins, peu lui importe, pourvu qu'elle étanche sa soif de domination par le regard. Cette altération la conduit à vivre hors de chez elle, dans le métro, dans les bars pour rencontrer ses victimes. Elle se désaltère ainsi en tout lieu et n'hésite pas à consommer l'autre jusqu'à complète satisfaction de sa sexualité effrénée livrée à la fiction la plus parfaite. Il lui arrive de confondre fiction et réalité dans ses excès de conquêtes. Jusqu'où ira-t-elle ? Quelle errance suivra-t-elle dans ce Paris souterrain ? Un univers du quotidien particulier est exposé à notre lecture d'un bout à l'autre sans que l'érotisme ne nous lasse de ces surprenantes scènes au beau milieu d'un monde étranger à l'intériorité étrange de cette femme, citadine, pas comme les autres.

  • L'homme qui ne vit pas debout, cherche la lumière de la liberté, espérant atteindre la marche de la dignité et, dans l'escalier qui mène à la conquête de son identité, cheminer vers elles, sans aucune peur. Les deux nouvelles, « Sept années de fuite » et « Un certain regard sur 1870 en Martinique » retracent les méandres de la révolte individuelle, à la recherche du soutien de l'environnement populaire, avide d'actes héroïques, stigmatisant l'espérance collective d'émancipation identitaire. En dépit des tabous religieux, la haine raciale et le mépris se perpétuent entre les êtres. Pourtant, parmi les plus dominés dépourvus de représentation identitaire pleine, certains choisissent de se révolter, en s'appuyant sur l'amour fraternel et leur foi en Dieu. C'est ce phénomène que la nouvelle « Le sorcier noir de Tuskegee » met en oeuvre, en s'appuyant sur des faits historiques, authentiques, comme dans les deux précédentes nouvelles. L'auteur nous introduit ainsi dans l'Histoire identitaire, celle qu'ont animée à leur manière les trois héros de ces nouvelles. Les cultures minoritaires ne doivent-elles pas croiser notre conscience pour s'assurer que nous avons bien appréhendé leurs messages ? Avec ce recueil de nouvelles identitaires, Daniel Othily poursuit sa démarche constructive de l'Histoire identitaire, dans le cadre post-colonial, au sein des territoires et départements d'outre-mer ou des états du Sud des États-Unis.

  • L'Homme, cette virgule biologique, ce point-virgule historique dans le déroulement de la vie de la Terre, n'est qu'un soupir sur la partition du monde. Qu'adviendra-t-il de notre Terre après le passage désastreux de l'Homme?? Un silence, presque aveugle, pour tout héritage véritable.
    Vous, nous, sommes au centre de l'Univers actuel. Nous pensons ce monde chaque jour, sans même vouloir vraiment l'admettre. Sans le dire, je sais que vous aimez les mots, nous les aimons tous comme ces danses qui nous ouvrent les bras du mouvement et font battre nos coeurs amoureux. Il y a, je le sais, ces sortes d'écrivains et ces historiens de pacotille, gens de plume, clergé du Capital, tous occupés à traîner la couverture mondialiste à leurs pieds?!
    Au fait, ai-je été un travailleur de l'apocalypse, en écrivant Pensées au quotidien du monde??

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