Guerin

  • Dans le sac à dos de Stéphanie, il y a des cailloux et des mots, des fleurs et des oiseaux, une soif démesurée de l'essentiel et un amour fertile qui l'unit à Arnaud. La corde entre eux ne signe aucune entrave. Synonyme de liberté et de confiance, elle leur permet de flâner à l'aise, comme lézards et papillons, dans ces lieux vertigineux qu'ils aiment.

    Depuis plus de vingt ans, ils ouvrent ensemble de nouvelles voies sur les parois du monde car ouvrir c'est créer et c'est partager. C'est aussi découvrir en soi de nouvelles possibilités et vivre une vie plus haute, plus dépouillée.

    Plus qu'un terrain de jeux, les parois sont pour Stéphanie un territoire de connaissance, de reconnaissance. Se fondre dans la nature, ne faire qu'un avec l'hirondelle ou le pin funambule, pour éprouver sa nature véritable. La grimpeuse vit l'ascension comme un acte poétique, une voie d'intrépidité et de sagesse.

    Sous le sourire de Stéphanie affleure parfois la fêlure. Celle d'une petite soeur disparue trop tôt et que lui a donné ses ailes : "Vivre. Vivre intensément, écrit-elle. Faire de ce court passage qui est le nôtre, matière à rêver, matière à créer, matière à se forger." Acquiescer à la vie coûte que coûte. Faire de ses faiblesses une force. Demander la lune au rocher en l'effleurant du bout des doigts ou de la pointe du stylo, sur la page d'un carnet, dans une même recherche de justesse. Et parvenir peut-être à s'élever, dans tous les sens du terme...

  • Alex Honnold est « probablement le grimpeur le plus fameux du monde », écrit David Roberts qui explore les raisons de cette célébrité « météorique » : « En pratiquant le solo intégral, Honnold a poussé la forme la plus extrême et dangereuse de l'escalade bien au-delà des limites de ce qui semblait possible. Grimper en solo intégral, c'est grimper sans corde, sans compagnon ni aucun matériel. Dans sa parfaite simplicité, cette quête peut être comprise par l'observateur le plus néophyte.
    L'enjeu est ultime : tomber, c'est mourir. Or Alex a gravi en solo intégral des voies plus longues et beaucoup plus difficiles que quiconque avant lui avait cru possible » Solo intégral alterne les passages à la première personne où Alex Honnold nous entraîne dans ses folles entreprises et les explications de David Roberts (Annapurna, une affaire de cordée), qui complète cet autoportrait que Honnold est trop timide ou modeste pour faire lui-même.
    Un dialogue sans artifice entre le grimpeur et l'écrivain, qui nous entraîne au coeur des motivations d'un as de la grimpe.

  • Pendant plus de deux décennies, Patrick Berhault a été l'un des alpinistes les plus inventifs de sa génération. Virtuose, esthète, dansant sur le rocher au soleil du Midi comme dans la glace des faces nord, « le Brun » a poursuivi en montagne la carrière éblouissante commencée au côté de son ami Patrick Edlinger, « le Blond ». Le 25 avril 2003, Patrick Berhault chutait sous les yeux de son ami Philippe Magnin lors d'une chevauchée dantesque sur les 4000 des Alpes.

    Michel Bricola, qui fut son ami, et Dominique Potard (auteur du Port de la Mer de glace) parcourent la vie de l'alpiniste dans cette biographie très complète, parue à l'origine dans la collection Texte & Images. Guérin a choisi de la rééditer dans la colleciton Terra Nova à l'occasion du 15e anniversaire de la mort de Patrick Berhault - parce que l'aura de Berhault n'a cessé de grandir, qu'il inspire toujours les jeunes alpinistes, et qu'il a plus que jamais sa place au Panthéon de l'alpinisme.
    Cette édition est enrichie d'un texte de Philippe Magnin qui revisite avec une émotion contenue le dernier voyage et cette journée tragique qui le hante toujours.

  • Eat & run

    Scott Jurek

    Depuis près de vingt ans, Scott Jurek domine de toute sa classe le monde exigeant et en pleine expansion de l'ultramarathon. Détenteur depuis 2010 du record des Etats-Unis sur vingt-quatre heures, il est aussi l'un des personnages principaux du best-seller Born to Run. Dans Eat et Run, il dévoile sa vie privée et retrace sa carrière exceptionnelle de champion végétalien pour en faire une source d'inspiration à l'attention de tous les autres coureurs.
    De son enfance passée à chasser et à pêcher dans un Midwest où la viande est à l'honneur à chaque repas, à son immersion progressive dans l'ultramarathon et le végétalisme, Scott témoigne du pouvoir infini de la volonté et fait voler en éclats les idées reçues en matière de diététique sportive. Avec ses récits de courses épiques, ses conseils pratiques et ses recettes personnelles, il offre à tous une source de motivation et nous ouvre, en passant, de nouveaux horizons culinaires.

  • Sandy Allan, 57 ans, et son compère Rick Allen, 59 ans, sont deux Écossais cuirassés par les hivernales dans les Highlands et les marathons dans les bars de Chamonix. Face à eux, l'un des derniers challenges de l'Himalaya, qui tient en échec les meilleurs alpinistes depuis trois décennies : l'arête Mazeno au Nanga Parbat, la voie la plus longue du monde, qui culmine à 8126 mètres.
    En juillet 2012, ils s'y engagent avec trois amis Sherpas et une grimpeuse sud-africaine. À l'approche du sommet, ils ne sont plus que deux... sans tente, sans vivres, et bientôt sans plus rien à boire.
    Sandy Allan raconte avec flegme les dix-huit jours de cette chevauchée épique, littéralement hallucinée. L'Arête de l'éternité est son premier livre.

  • Après les canyons du Mexique, l'auteur de Born to Run met le cap sur la Méditerranée et nous emmène en Crète, berceau de la mythologie grecque, où il va découvrir que les pouvoirs des héros de l'Antiquité ne sont pas inaccessibles au commun des mortels, comme l'a démontré une poignée de résistants pendant la Seconde Guerre mondiale.
    Sur cette Île farouche, il marche dans les pas du peintre fauché, du jeune berger insouciant et du poète romantique qui, en pleine occupation, ont osé défier Hitler en enlevant l'un de ses généraux. Où sont-ils allés puiser l'énergie et le courage nécessaires pour accomplir un tel exploit et échapper ensuite à la traque des nazis dans cet environnement impitoyable?
    Pour le comprendre, Chris McDougali retrace l'itinéraire de ces héros hauts en couleur, à la fois authentiques et ordinaires, qui ont su retrouver la force d'Héraclès, l'audace de Thésée et la résistance d'Ulysse sur le lieu même de leurs prodiges. Son enquête le mène également au coeur de Londres, sur les plages brésiliennes, dans les montagnes du Colorado où même en banlieue parisienne, où quelques athlètes avant-gardistes perpétuent encore aujourd 'hui les secrets des héros de l'antiquité.
    Comme Born to Run nous invitait à quitter nos chaussures pour renouer avec notre nature, Héroïques nous pousse hors des salles de fitness pour retrouver le "mouvement naturel" ... et l'étoffe des héros.

  • Le grand livre que l'on attendait sur l'himalayisme moderne._écrit avec Benoît Heimermann, ce livre fait pénétrer le lecteur dans l'aventure insensée qu'est l'alpinisme en Himalaya.

    Une seconde pour voir disparaître son compagnon de cordée quand un rappel s'arrache et prŽcipite Pierre Béghin dans la face sud de l'Annapurna.
    Cinq jours pour désescalader sans matériel cette paroi, ce qui constitue l'une des plus étonnantes histoires de survie de l'alpinisme. Mais le pire est à venir, dans le regard des autres au retour, dans la culpabilité puis dans la dŽpression.
    Dix ans pour pouvoir en parler : le temps qu'il lui faudra pour remonter sur ce sommet et sortir, par le courage, d'un drame personnel.

    Prisonnier de l'Annapurna est le roman vrai d'un homme qui a su prendre sa revanche sur le destin.


    Ç L'histoire est fabuleuse. C'est un livre court qu'on lit d'une traite et dont on se dit qu'il s'arrète trop vite. Ce n'est pas un roman mais bien un récit vrai, bien écrit, très émouvant (...) C'est un grand livre.

  • Sales gosses

    Sam Beaugey

    Ils n'ont peur de rien, et surtout pas de leurs rêves.
    La vie a glissé sous leurs pieds le plus grand tapis de jeu du monde, le Mont-Blanc, et les gosses de Chamonix se payent du bon temps. À coups de descentes, de sauts, de cavales et de vols en tous genres, ils tirent sur la corde et réinventent chaque jour la partie : base jump, alpinisme acrobatique, ski de pente raide... Ils ne prennent rien au sérieux.
    Sauf l'amitié qu'ils placent plus haut que les montagnes.
    Sam Beaugey, qui fait partie de la bande, nous introduit, au rythme cadencé d'AC/DC et de Noir Désir, dans le monde déjanté d'une gé-nération rompue à tous les excès. C'est cru, c'est raide et ça sonne juste ! Ce livre est une ode à la liberté, l'amitié, la passion.
    Un pur moment de rock'n'roll.

  • Lorsqu'il disparaît à 41 ans dans la face sud de l'Annapurna, à l'automne 1992, sous les yeux de son compagnon de cordée, le tout jeune Lafaille, Pierre Beghin est le plus important des himalayistes français. Pourtant, le grand public ne le connaît pas. Formé à la dure école de Fontainebleau et du Vercors, il accumule discrètement, dans les années 1970, les premières dans les grandes faces alpines, souvent en hiver, parfois en solo, des Grandes Jorasses à l'Ailefroide.

    Dans les années 1980, devenu un ingénieur chercheur reconnu à l'international pour ses travaux sur les avalanches, il enchaîne les expéditions. Il est alors le chantre des expéditions légères et du style alpin, sur les traces de Messner. Ambitieux, élégant, novateur et doté d'une éthique rigoureuse, il ne s'attaque en Himalaya qu'à des objectifs de grande classe, des faces vierges, inconnues, loin des voies normales et des médias.

    Pierre Beghin sera le troisième homme à gravir un sommet de plus de 8000 mètres en solo, le Kangchenjunga, et réussira un autre solo ahurissant, le Makalu, par un itinéraire très ardu. Il donnera également son nom à plusieurs itinéraires majeurs sur les grands sommets himalayens, notamment au K2 et au Manaslu.

  • 8000+

    Ueli Steck

    "Le grimpeur le plus rapide du monde", "l'athlète des cimes", la "wiss Machine", les superlatifs ne manquent pas pour qualifier l'alpiniste originaire d'Emmental, et qui s'est singularisé en escaladant les plus hauts sommets, par des voies d'extrême difficulté et en un temps record. Pour son deuxième livre, Ueli Steck quitte les Alpes et nous emmène en Himalaya, au-delà de la zone de la mort. Il s'y applique à utiliser les mêmes méthodes qui lui ont permis de vaincre en solo, la face Nord de l'Eiger en 2 heures et 47 minutes. Mais les plus hautes montagnes sont rebelles et Ueli est contraint de prendre des risques : il chute de 300 mètres dans la face sud de l'Annapurna, échoue dans sa tentative de sauvetage de l'alpiniste Iñaki Ochoa et doit renoncer au pilier Ouest du Makalu noyé sous la neige.
    Mais le suisse a été à bonne école puisque sa première expérience en Himalaya s'est déroulée avec Erhard Loretan. Il se relève et gravit en solo le Gasherbum II, puis la face sud du Sisha Pangma en dix heures ! Autant d'occasions de s'interroger sur la promesse qu'il a faite à son épouse de renoncer au solo, mais aussi sur le sens de son engagement, sur le sens de la vie.

  • Ce qu'il s'est réellement passé lors de l'ascension légendaire de l'Annapurna._ " Trois ans d'enquête ont été nécessaires pour éclairer les principaux mystères de l'Annapurna. David Roberts a traqué la vérité de la plus célèbre des histoires d'alpinisme. L'édition relié est augmentée du manuscrit orginal de Lachenal".

    "Dans ce passionnant livre enquête, David Roberts rend toute la place à ceux sans lesquels la plus grande aventure de l'alpinisme français aurait tourné au désastre. " Le Nouvel Observateur.

  • Années 1980, une poignée d'aventuriers embarque sur un voilier pour explorer les montagnes australes de Patagonie, territoire de mer et de glace. Leur objectif : gravir le Cerro del Viento, sommet encore vierge du « Grand Sud », et rapporter de cette expédition un reportage télévisé.
    La découverte d'une épave et l'arrivée de deux rescapés va perturber ce huis clos et alimenter les tensions au sein du groupe. Marins et alpinistes sont partagés entre la perspective d'un exploit sportif médiatisé et le secours des naufragés.
    Sur fond de dictature, le récit vire au thriller dès lors que l'équipage est abordé par l'inquiétant officier de la marine chilienne Jesus Mandrino, militaire pervers et ambitieux, qui jubile de pouvoir exercer son autorité et user d'intimidation.

  • Devant l´appartement de Renata Loretan, il y a un pré avec un pommier. Et, dans les branches du pommier, son fils Erhard, 7 ans. Il y apprend tout de l´escalade : les gestes, le risque, le vide. Mieux et plus vite que les autres, mais personne ne le sait

  • Solos

    Christophe Moulin

    C'est l'histoire d'un jeune garçon qui ne s'aime pas et se jette dans l'alpinisme comme on se jette dans la gueule du loup.

    C'est l'histoire d'un homme en colère...

    C'est l'histoire d'un jeune garçon qui ne s'aime pas et se jette dans l'alpinisme comme on se jette dans la gueule du loup. Il mène un combat féroce avec les plus austères faces nord de l'Oisans qu'il veut affronter seul, en hiver. Il s'intoxique ainsi pendant huit ans à l'adrénaline, à l'image de " cador " que ses succès lui donnent. Puis, tout à coup, il s'arrète. Une femme, un enfant, la vie sont passés par là. Et, au moment où, apaisé, il s'y attendait le moins, le loup referme ses crocs, lui enlève trois amis, trois morts dont il se sent responsable.
    " Est-ce que ce jeu en vaut la peine ? "

  • La première vie de Paul Pritchard est l'histoire d'une tête brûlé. Sa seconde vie est l'histoire d'un crâne fendu.Paul Pritchard, le jeune voyou anglais devient l'un des rochassiers les plus brillant de sa génération, en tout cas, le plus téméraire. Un jour, une pierre tombŽe de 25 mètres lui fait un trou dans la cervelle gros comme une tasse. Pourquoi est-il en vie ? Comment a-t-il pu quitter son lit de paralytique auquel le condamnait la médecine ? Cette remontée est sa plus dure ascension. Est-ce que l'alpinisme est une métaphore de la vie, ou bien y a-t-il des flammes qu'on ne saurait éteindre ?
    L'homme et l'écrivain sont exceptionnels.

    Ç L'écrivain le plus novateur de la littérature alpine anglo-saxonne enfin traduit en Français ! È Montagnes Magazine

  • Dans le monde de l'aventure, l'assistance d'un routeur météo est devenue un élément fondamental. A des milliers de kilomètres de son client, le routeur le guide et le conseille à une relation privilégiée s'établit entre les deux. Le routeur "au chaud" dans son bureau par les informations qu'il donne a presque la main sur la barre d'un trimaran affrontant les "quarantièmes rugissants" ou donne le top départ à un alpiniste partant ouvrir une nouvelle voie sur un sommet himalayen. Dans cet univers de l'extrême, l'auteur est une référence mondiale.



  • La passion de l'alpinisme dépasse toutes les conventions.
    Qui aurait pu imaginer, avant ce 24 août 1894, un jeune Prince de sang royal, conversant sur l'arête de Zmutt avec un roturier, beau parleur et alpiniste enthousiaste comme Alfred Mummery ? L'énergie du jeune homme, le zèle qu'il met dans ses ascensions, son carnet de courses déjà bien rempli ont compté plus que son rang et tous ses titres de noblesse pour Mummery, qui lui a fait l'honneur de le choisir comme compagnon de cordée pour cette première au Cervin.
    Il y a de l'Indiana Jones dans cet homme-là !
    Aucun prince ne s'engagera comme le Duc des Abruzzes, dans des épopées, partageant la vie de ses compagnons d'expédition. Louis Amédée de Savoie commence sa carrière de navigateur à six ans et demi, enrôlé comme mousse dans la marine royale et devient alpiniste dans les Alpes, dès l'adolescence, pour assouvir sa soif d'exploits. Il réalise alors des ascensions techniques d'une difficulté considérable pour l'époque (Aiguille du Moine, traversée des Charmoz et du Grépon, le petit Dru.), avant de se lancer dans les grandes expéditions : il défie Peary au Pôle et exauce les voeux de Stanley en gravissant les montagnes de l'équateur. Au Mont Saint Élias en Alaska, au K2, au Ruwenzori où ses observations géologiques aboutiront au dessin de la première carte. Le Duc est célèbre dans toute l'Europe, il représente l'Italie dont son cousin Victor Emmanuel III est devenu roi, fait la une des journaux jusqu'en Amérique où ses exploits sont largement évoqués. Et fait battre le coeur des demoiselles.

    À 35 ans, encore célibataire, Louis de Savoie rencontre une jeune fille de la bonne société américaine. Leurs sorties publiques va faire les unes de tous les journaux. On les dits «fiancés», mais le Duc rentre en Italie. Les reporters se postent près de la maison de Katherine Elkins : deux fois par jour, elle se rend à la poste en automobile ! Le Prince, assiégé par les journalistes, voyage en secret, sous un nom d'emprunt, pour rejoindre sa belle. Ils ne se marieront pas et emporteront leur secret.

  • Chantal Mauduit a 10 ans. La petite Parisienne de naissance vit à Chambéry. Dans son journal intime, elle écrit : « J'aimerais faire de l'alpinisme, malgré les dangers qui nous épient, malgré les séracs, les corniches, les avalanches. » Vingt-quatre ans plus tard, en mai 1998, elle meurt en compagnie de son ami sherpa et compagnon de cordée, ensevelie par une avalanche au Népal sur les pentes du Dhaulagiri, 7ème plus haut sommet du monde. Septième sommet de plus de 8.000m qu'elle rêvait d'ajouter aux K2, Cho Oyu, Shisha Pangma, Lhotse, Manaslu et Gasherbrum II, tous atteints sans oxygène.
    Chantal Mauduit était devenue l'une des meilleures alpinistes au monde et la meilleure Française :
    Première femme sans oxygène au sommet du K2, première femme à atteindre celui du Lhotse. « On ne vainc pas la montagne, on la gravit » disait-elle. Chantal Mauduit ne grimpait pas comme les autres.
    Elle parlait le népalais, riait sans cesse, s'enthousiasmait, n'en revenant pas d'être là où ses pas de voyageuse, de nomade joyeusement perchée, l'avaient conduite. Lumineuse, croyante, ascète mais sensuelle, elle voulait découvrir le monde, la cordillère des Andes et l'Ouest américain, la Thaïlande, les Alpes et l'Himalaya, pourvu qu'elle puisse grimper, photographier, partager. Et quand, pour la première fois, elle barra un voilier au Cap Horn, ce fut pour mieux escalader un iceberg à la verticale avec l'eau glacée et mortelle en-dessous d'elle.
    Ni la compétition ni les récits d'anciens combattants n'intéressaient Chantal Mauduit. Aux soirées consacrées à refaire le monde des sommets, elle préférait l'écriture et la lecture, elle dont les sacs d'expédition regorgeaient d'ouvrages. Sa passion des mots la conduisait à taguer ses tentes de poèmes au camp de base, à en réciter parvenue au sommet, à tomber folle amoureuse d'un des plus grands poètes français, André Velter.

  • Le jeune grimpeur ne se doutait pas que chaque longueur réalisée le plongerait dans davantage de perplexité. On ne s'encorde pas impunément avec un vieux philosophe israélien pour qui il faut être capable de tourner le dos à son clan... Quoi ? La fidélité serait une valeur nuisible, génératrice de conflit, de guerre ? La belle devise "Liberté, égalité, fraternité" se révèlerait totalement inopérante, puisque liberté et fraternité ne sont pas conciliables ?
    Cet ouvrage est une drôle de manière, passionnante, de grimper en philosophant ou de faire de la philosophie en grimpant...
    Une pensée originale dont la pertinence est soulignée par l'actualité politique.

  • Sherpasig

    Henri Sigayret

    En 1979, Henri Sigayret fait la une de Paris-Match, en doudoune rouge et la moustache gelée : il vient de réaliser, avec Yves Morin, la deuxième ascension française de l'Annapurna, dix-neuf ans après Herzog et Lachenal. L'image le fait connaître mais le tapage médiatique écoeure vite ce très libre penseur qui nous livre ici une autobiographie sensible et palpitante, d'une sincérité sans concession.
    De l'enfant qui faisait de la Résistance en mitraillant les autos de l'occupant au lance-pierres, de l'adolescent qui découvre un sens à sa vie en se contorsionnant sur les falaises de la périphérie grenobloise, à l'homme qui parcourt infatigablement l'alpe, à la poursuite d'un chamois admiré et chéri, d'un songe himalayen ou d'une sage solitude, ce personnage bouillonnant ne cesse de rêver, d'apprendre, de réfléchir et de fourbir ses armes contre l'égoïsme et l'hypocrisie.
    L'une de ces armes est l'autodérision, un humour qui n'empêche ni la profondeur de la réflexion, ni l'hyper-sensibilité aux bivouacs sous les étoiles et à l'injustice du monde. Au Népal, auprès des Sherpas du Khumbu, ce n'est plus pour gravir les sommets qu'il se battra pendant plus de vingt ans, mais pour tenter d'aider ce pays qui fait toujours partie des dix plus pauvres du monde. Père meurtri, il y adoptera une petite tribu d'enfants sherpas et sherpanis.
    Au-delà de l'aventure, il nous offre un éclairage nouveau sur cette réalité des piémonts de Sagarmatha-Chomolungma-Everest, assortie d'une énergie terriblement revigorante !

  • François Labande est tout à la fois un remarquable alpiniste, un expert du ski de randonnée - qu'il pimente de descentes d'une extrême raideur - et un amateur de randonnée pédestre.
    Son sens du partage et son goût de la précision l'ont amené à publier des guides dédiés à la plupart des activités précitées. Ce qui fait l'originalité du propos de François Labande, et ajoute singulièrement à la dimension du personnage, c'est le vaste et profond travail de réflexion qu'il a engagé sur tout sujet qui touche à la montagne : sa pratique, son aménagement, sa sauvegarde. Cofondateur de Mountain Wilderness, il est toujours dans l'action, qui souvent prend la forme d'un combat, sans quoi rien n'aboutit jamais.
    Traces écrites est un livre qui " pense " la montagne et " engage " le lecteur.

  • Les lecteurs des ouvrages Guérin connaissent John Harlin, grand alpiniste américain, tôt installé dans les Alpes, auteur, entre autre, de la première de la face sud du Fou et d'une directissime dans la face nord de l'Eiger. Il ne la terminera pas : le 26 mars 1966 il se tue, suite à la rupture d'une corde fixe, quatre jours avant la sortie de ses équipiers au sommet.
    À la mort de son père, John Harlin III (son fils), a 9 ans. Aux yeux des spécialistes, et bien qu'étant un très bon alpiniste, il ne sera jamais que le fils de son père. Mais c'est justement là ce qui nous intéresse : pour rendre compte des exploits de son père on trouvera témoins plus qualifiés ses compagnons de cordées mais personne de plus proche, de plus concerné, de plus passionné. Et pas beaucoup de plus malheureux.
    Son livre s'intitule : « The Eiger obsession ». Le titre dit tout. Il ne s'en délivrera qu'après l'avoir lui même vaincu. « Pendant quarante ans, mon esprit a été prisonnier de l'Eiger. Cette ascension m'a permis de me libérer », déclare-t-il. Et encore : « J'ai toujours su que mon devoir était d'y aller ».

  • " Il a traversé deux guerres et sillonné trois continents.
    Survécu à la bataille de la Somme en 1916 et participé à la résistance albanaise en 1943. Parcouru l'Asie centrale à pied et traversé l'Afrique d'est en ouest à bicyclette. Récolté du café au Kenya et rempli la charge de Consul en Birmanie. Exploré les Himalayas et fréquenté les mers australes. Visité les Comores et Aldabra, les canaux de Patagonie et les sommets des Kerguelen, le Pérou et la Géorgie du Sud, le Spitzberg et le Groenland.
    Donné son nom à deux montagnes, perdu trois bateaux, écrit quatorze livres et collectionné plus de 200 000 milles au total. Harold William ("Bill") Tilman (1898-1977) est un monument ". Ainsi commence la préface de Benoît Heimermann, comme l'inventaire d'incroyables aventures !

empty