Mille Et Une Nuits

  • Jeune géant habitant de Sirius, Micromégas est condamné à l'exil pour avoir développé des vues audacieuses. Bientôt accompagné d'un Saturnien, il entreprend un drôle de voyage sidéral qui le mène à débarquer sur Terre. Quel n'est pas son étonnement à la découverte de l'existence des hommes et de leur mode de vie, belliqueux, intolérant et absurde...

    Publié en 1752, mais conçu dès 1739, Micromégas est sans doute l'un des premiers contes philosophiques de Voltaire (1694-1778) qui s'est visiblement diverti en aiguisant sa moquerie des théologiens, des sectateurs et des censeurs.

  • L'automatisation, liée à l'économie des data, va déferler sur tous les secteurs de l'économie mondiale. Dans vingt ans, pas un n'aura été épargné. Les hommes politiques sont tétanisés par cette transformation imminente, qui va marquer le déclin de l'emploi - et donc du salariat. Faut-il s'en alarmer ? N'est-ce pas aussi une vraie bonne nouvelle ? Et si oui, à quelles conditions ?
    Dans un dialogue très politique et prospectif avec Ariel Kyrou, Bernard Stiegler s'emploie à penser le phénomène qui, nous entraînant dans un déséquilibre toujours plus grand, nous place au pied du mur. La question de la production de valeur et de sa redistribution hors salaire se pose à neuf : c'est toute notre économie qui est à reconstruire - et c'est l'occasion d'opérer une transition de la société consumériste (la nôtre, celle de la gabegie, de l'exploitation et du chômage) vers une société contributive fondée sur un revenu contributif dont le régime des intermittents du spectacle fournit la matrice.Cela suppose de repenser le travail de fond en comble pour le réinventer - comme production de différences redonnant son vrai sens à la richesse. Dans l'Anthropocène que domine l'entropie, et qui annonce la fin de la planète habitable, le travail réinventé doit annoncer et inaugurer l'ère du Néguanthropocène - où la néguentropie devient le critère de la valeur au service d'une toute autre économie.

  • « Jetant un regard rétrospectif sur mon parcours intellectuel, autour d'un objet envahissant et problématique, l'économie, il m'apparaît que mes efforts ont visé à produire ce que les Grecs appelaient une metanoïa, c'est-à-dire un renversement de la pensée. Aujourd'hui, il nous faut renverser nos manières de penser. Parce que le monde n'est plus vivable ainsi, que nous le savons mais restons pris dans les schémas capitalistes et productivistes, il nous faut réinventer notre imaginaire pour trouver une nouvelle perspective existentielle. Qui passera par l'après-développement, la décroissance et l'éco-socialisme. »

  • Homme de sciences ayant participé à L'Encyclopédie, Condorcet (1743-1794) se révèle un idéologue passionné. Partisan de l'égalité des sexes, des droits de l'homme, de la liberté économique et de la tolérance religieuse, il milite également, dans les années qui précèdent la Révolution, pour la libération des Noirs.

    Attribuées à un auteur imaginaire, un protestant suisse, ces Réflexions sur l'esclavage des Nègres démontent avec force les arguments des colonialistes pour justifier la domination de l'homme par l'homme : « La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les Blancs. »

  • L'histoire du mouvement ouvrier raconte en détail les désaccords, les conflits et les affrontements entre marxistes et anarchistes, jamais les véritables alliances et solidarités agissantes entre ces deux mouvements. Olivier Besancenot et Michael Löwy ont choisi d'éclairer ce versant ignoré, souvent délibérément, qui révèle la fraternité de leurs combats depuis la Commune de Paris jusqu'à nos jours, souvent au coeur de sanglants affrontements. De Louise Michel au sous-commandant Marcos, en passant par Walter Benjamin, André Breton et Daniel Guérin.

    Un livre militant et sensible, porté par l'espoir que l'avenir sera rouge et noir.

  • Avec Feydeau, au début du XXe siècle, le vaudeville retrouve toute sa vigueur. Il s'emploie à mettre en musique, selon une mécanique implacable de rebondissements comiques et grinçants, la bêtise et la muflerie du ménage désaccordé. Dans Mais n'te promène donc pas toute nue !, Feydeau expose la joyeuse déconfiture du mariage, pour le plus grand bonheur du spectateur voyageur.

  • Après le succès d'Ubu roi, Alfred Jarry se tient délibérément en marge, refusant célébrité et reconnaissance littéraire. Il change radicalement de style et compose L'Amour absolu (1899). Vaste poème d'un condamné à mort dans l'attente de sa dernière heure avant la guillotine, il se développe comme une effraction fabuleuse dans le sommeil et le rêve, et convoque des souvenirs de l'enfance.

    L'Amour absolu parle de choses très simples en les dissimulant sous une apparence complexe, par pudeur et par jeu. Par la beauté de ses images fulgurantes, même si les formes symbolistes sont encore prégnantes, il annonce déjà le surréalisme.

  • Inédit En France, où la « Constitution » européenne commence enfin à être débattue au fond, les partisans de son approbation sont sur la défensive. Au lieu d'argumenter sur le contenu exact de ce traité, ils se réfugient dans des slogans ou des pétitions de principe. Telle n'a pas été la démarche d'Attac qui a lu ses quatre parties (448 articles), ses 36 protocoles, ses 2 annexes et ses 48 déclarations.


    C'est le résultat de ce travail d'investigation qui est présenté aux lecteurs et électeurs. Ils découvriront, références à l'appui, que ce traité constitutionnel, même s'il contient quelques avancées, est avant tout un instrument pour mettre définitivement l'Union européenne - et donc chacun de ses États membres - aux normes libérales. S'il était ratifié, il rendrait problématique toute alternance politique. Surtout, il empêcherait l'Europe de jouer le rôle émancipateur qui devrait être le sien.

  • Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux (1688-1763) ne fut pas seulement le dramaturge des Fausses Confidences, du Jeu de l'amour et du hasard ou du Prince travesti, ni le romancier de la Vie de Marianne ou du Paysan parvenu.

    Au début de sa carrière, il fournit de nombreuses contributions au Mercure (1717-1720) avant de lancer, au printemps 1721, Le Spectateur français. Il s'agissait d'adapter en France le Spectator anglais d'Addison et Steele. Mais Marivaux fut loin de respecter son engagement initial d'en publier régulièrement les « feuilles » : celles-ci ne paraissent que par intermittence (avec des interruptions de plusieurs mois parfois), ce qui contribue à en accentuer le ton volontairement libre et décousu. Les parutions cessent au 25ème numéro, en octobre 1724.

    Dans ces chroniques alertes et enjouées sur la vie parisienne, où l'observation morale alterne avec la narration de différentes « aventures » interrompues et reprises à loisir, selon une formule qui préfigure le feuilleton du siècle suivant, l'auteur nous livre une galerie de « caractères » inspirés de la réalité ou purement fictifs : une coquette, un savetier philosophe, un lecteur grincheux, un mari persécuté par sa femme avare, une jeune fille contrainte par sa mère aux exercices de la dévotion, un père abandonné à la misère par un fils ingrat, etc.

    Avec la même légèreté de ton que dans ses comédies, il cherche à amuser plus qu'à instruire, jouant sur tous les registres du coeur humain.
    [La présente édition comporte les feuilles 1, 3 à 6, 12 et 14].

  • Inédit Les États-Unis, leurs ressortissants et leurs obligés à L'étranger et, au-delà, le reste du monde occidentalisé sont-ils davantage en sécurité depuis que George W. Bush a fait de la « guerre contre le terrorisme » L'axe de toutes ses politiques après les ttentats du 11 septembreoe Chacun volt bien que non. De ce point de vue, la doctrine de la «guerre préventive » développée par l'administration républicaine se solde donc par un échec total.


    Mais était-ce réellement le but poursuivi ? On ne saurait en effet dissocier la posture belliciste du clan au pouvoir à Washington de sa vision de l'ordre planétaire, tant les dimensions diplomatique, militaire, économique et financière sont intimement liées dans la nouvelle « destinée manifeste » qu'il s'auto-attribue. Promoteurs et premiers bénéficiaires d'une mondialisation néolibérale qu'ils ont commencé à imposer comme paradigme dominant dès le début des années 1980, les États-Unis, par la voix de leurs dirigeants, affichent désormais ouvertement une ambition impériale ; l'Irak aura constitué à cet égard un test en grandeur nature, tant en direction de leurs ennemis que de leurs « alliés ».


    Cette stratégie globale conduit inévitablement le mouvement altermondialiste à aborder un ensemble des questions qu'il ne se posait pas à ses débuts, en un mot à se « géopolitiser ».

  • Inédit


    Ah ! La fameuse photo de Paris-Match. Ce n'est pas seulement devant l'objectif que François Hollande et Nicolas Sarkozy se trouvent réunis ; c'est aussi pour dire « oui » à la « Constitution » européenne. Le compagnonnage ne s'arrête pas là : les documents du PS et de l'UMP, ainsi que les déclarations de leurs dirigeants, révèlent une grande similarité de vues et d'arguments. Ils ont aussi en commun des pratiques - falsifications, manipulations et omissions - qui ne rehaussent pas la qualité du débat politique. Comme si, pour l'emporter, le Parti du « oui » voulait faire l'impasse sur le contenu réel du texte soumis à référendum.


    Fidèle à sa mission d'éducation populaire, traité en main, l'association Attac répond ici à une série de contre-vérités proférées par les directions de deux partis qui se comportent comme larrons en foire électorale.

  • Des hommes politiques, on connaît les discours policés, les éléments de langage remis en phrases, la langue de bois dès qu'une difficulté se présente. Tout leur art est dans le contrôle d'un langage calibré. Et pourtant, le véritable homme politique se révèle lorsqu'il fend l'armure : soit en commettant cette petite erreur stupide, cette maladresse cocasse, ce lapsus fatal qui, d'un coup, résume l'homme et sa vérité ; soit en décochant une flèche venimeuse à son meilleur adversaire.
    Faire rire est la seconde nature des politiques. Quand les hommes politiques se lâchent, c'est un festival de férocité. Tous se damneraient pour un bon mot, un trait d'esprit ironique, une répartie cruelle, qui cloue le bec de l'adversaire et suscite l'hilarité générale.
    Aucun des ténors n'est absent : de Clemenceau à Santini, en passant par de Gaulle, Chirac, Mitterrand, Chevènement, mais aussi tous les acteurs de la présidentielle en 2012.
    Olivier Clodong a sélectionné 200 petites phrases politiques et raconte leur contexte.

  • "en 1977, j'acceptai la proposition de dessiner à "l'huma". mes amis de "charlie-hebdo" ne m'approuvèrent pas, coluche me fit la gueule. mais je me fis d'autres amis : les communistes, ces fous qui voulaient changer le monde sans changer les hommes."

  • Le 19 janvier dernier, Attac réunissait plus de 6000 personnes au Zénith, à Paris, ouvrant à la marge une saison électorale.

    Ce rassemblement a permis à l'association de rappeler ses grands combats, pour une autre politique économique et sociale ; elle a fait entendre ses revendications, au début d'une campagne au cours de laquelle elle n'appellera à voter pour aucun candidat particulier.


    Ont ainsi pris la parole Anémone ; Ignacio Ramonet, président d'honneur d'Attac ; José Saramago, Prix Nobel de littérature ; Susan George, vice-présidente d'Attac ; Clotilde Ky, militante syndicale et féministe burkinabée ; Jacques Testart, président de la Commission française du développement durable ; Daniel Mermet, producteur de « Là-bas si j'y suis » à France Inter ; enfin Bernard Cassen, président d'Attac.


    L'ouvrage reprend tous leurs discours et est complété par le manifeste 2002 de l'association.

  • chaque année, au début de l'été, le g8 se réunit.
    du 1er au 8 juin 2007, le sommet se tiendra à heiligendamm, en allemagne. ce sera la trente-deuxième fois, depuis 1975, que les chefs d'etat ou de gouvernement des pays les plus riches et les plus puissants du monde se rencontrent pour discuter ensemble des grands problèmes et trouver une entente. ni gouvernement mondial ni exécutif de la planète, il ne faut pas pour autant en déduire qu'il n'est qu'un simulacre.
    assumant le rôle de régulateur politique, indispensable en contrepoint à l'action de l'omc et du fmi, le g8 a grandement contribué à construire le cadre institutionnel du néolibéralisme et veillé à l'application de ses préceptes. pourtant, la prise de conscience des dégâts provoqués par la gestion économique, politique et militaire du monde est devenue si forte et si sensible que les mobilisations se sont multipliées.
    mais la contestation qui s'affirme ne porte pas seulement sur la nature des politiques, donc de leurs conséquences, sur les conditions de vie des populations ; elle vise la nature de cette institution. c'est pourquoi le mouvement altermondialiste récuse la légitimité du g8 à s'arroger un rôle dirigeant dans la conduite des affaires de la planète.

  • La prostitution revêt aujourd'hui dans son organisation des formes directement inspirées par la mondialisation financière. la logique néolibérale a trouvé dans le système prostitutionnel un « secteur » privilégié où se déployer, qui génère d'énormes profits : trafiquer les êtres humains d'asie, d'afrique ou d'europe et les prostituer procure beaucoup de bénéfices pour peu d'investissements.
    Cette mondialisation-là, qui n'épargne aucun pays, illustre le processus de la marchandisation généralisée, à laquelle n'est mise aucune limite.
    C'est dans ce contexte que quelques pays ont choisi de légaliser et réglementer la prostitution : aux pays-bas ou en allemagne, elle est considérée comme une banale ';prestation de service';.
    Est-ce là une voie à suivre ? c'est oublier la violence qui est faite aux femmes, et au-delà d'elles l'atteinte qui est portée à la dignité humaine. est-on prêt à renoncer au respect des droits humains ?

  • L'écriture peut-elle écarter le mal par lequel on se sent happé ou bien y précipite-t-elle ?
    Un jeune médecin, voué à une belle carrière, rencontre une chanteuse de blues, sa patiente, et ne résiste pas à la passion qui s'empare de lui. Dans leur relation torturée s'immisce un troisième personnage, l'écrivain. Qui est le jouet de qui ? Bien qu'il se débatte entre cauchemar et réelle descente aux enfers, il n'échappera pas au tourbillon sans fin de folie et de dépossession de soi. Le piège que lui tendent les pages de Jours de colère ne manquera pas de se refermer sur lui...



    Une nouvelle efficace et sophistiquée, écrite de main de maître par l'un des plus brillants écrivains mexicains de la nouvelle génération. Né à Mexico en 1968, Jorge Volpi est romancier. À la recherche de Klingsor (Plon, 2001) a reçu le prestigieux prix Biblioteca Breve en 1999.



    Traduit de l'espagnol (Mexique) par Marianne Million

  • En trois années d'existence, l'association, née d'une initiative du Monde diplomatique, s'est imposée en France et a essaimé dans plusieurs pays. En identifiant l'hégémonie des marchés financiers, caractéristique majeure de la mondialisation néolibérale, comme une mise sous tutelle de la démocratie, Attac a explicitement formulé ce que ressentent des millions de citoyens.
    Les nombreux chantiers sur lesquels l'association est engagée vont de la taxe Tobin à la lutte contre une OMC pour laquelle le monde est une marchandise. Les dossiers Environnement, Taxation des transactions financières, Démocratie locale, OGM et Politique agricole, Fonds de pension et retraite, Épargne salariale etc., seront actualisés.
    La révision de l'ouvrage est imposé par un calendrier riche en événements, dans lesquels l'association ne manquera pas de s'impliquer : à l'automne 2001, le round de l'OMC au Qatar ; au début de l'année 2002, le passage à l'euro puis les élections en France.

  • Président(e) de la République " : qui a le profil de l'emploi ? Les candidats se pressent, mais l'on sent bien que tous n'ont pas l'étoffe du présidentiable.
    Qui donc a les qualités requises pour exercer la charge suprême ? De même que beaucoup de nos concitoyens discutent de compétitions sportives au Bar des Sports, deux hommes familiers de la vie politique française, affublés de noms illustres, ont échangé leurs points de vue sur ce que les Français attendent, consciemment ou non, des candidats à l'élection présidentielle. Un auditeur indiscret se trouvant dans les parages a transcrit leurs échanges et a cru bon de rapporter au public ce qu'il a entendu...

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