Carole Martinez

  • Lola vit en Bretagne au-dessus du bureau de poste où elle travaille. Elle est jolie, sage et boiteuse. Elle ne désire rien et se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de son potager et, dans sa chambre, face au grand lit où elle s'interdit de rêver, trône une armoire de noces pleine des coeurs de ses ancêtres. Dans la région d'Espagne où sont nées ses aïeules, quand une femme sent la mort venir, elle brode un coussin en forme de coeur qu'elle bourre de bouts de papier sur lesquels sont écrits ses secrets... À sa mort, sa fille ainée en hérite avec l'interdiction absolue de l'ouvrir. Des coeurs de femmes battent dans la vieille armoire de Lola. Ils racontent une histoire qui a commencé en Andalousie, il y a plus d'un siècle. Lola se demande si elle est faite de cette histoire familiale qu'elle ignore, si le sang des fables coule de génération en génération, s'il l'irrigue de terreurs et de peines qui ne lui appartiennent pas, mais agitent ses profondeurs. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ? Il faudrait ouvrir ces coeurs pour le savoir... Un jour, l'un des coeurs éclate, libérant les secrets de son aïeule Inès Dolorès, ainsi qu'un plus petit coeur rempli de graines, d'où naîtront des roses au parfum envoûtant qui envahiront le jardin. Saura-t-elle se laisser porter par son désir, s'affranchir de la voix de son père qui lui a prédit un destin de solitude ? Carole Martinez, formidable conteuse, habite ses récits comme personne. Elle libère ses personnages, morts et vivants, et nous embarque à leur suite dans un monde épineux et baroque où le merveilleux côtoie le réel et où poussent des roses fauves.

  • « Écoutez, mes soeurs !
    Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit !
    Écoutez... le bruit des mères !
    Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recette se côtoient.
    Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes ! » Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre ; le coeur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement...
    Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels...
    Le roman fait alterner les passages lyriques et les anecdotes cocasses ou cruelles. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle tragique de la vie.

  • En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire 'oui' : elle veut faire respecter son voeu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe...
    Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.
    Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d'une sensualité prenante.

  • Blanche est morte en 1361 à l'âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort! La vieille âme qu'elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu'elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent. L'enfance se raconte au présent et la vieillesse s'émerveille, s'étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l'y attend. Veut-on l'offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais? Par la force d'une écriture cruelle, sensuelle et poétique à la fois, Carole Martinez laisse Blanche tisser les orties de son enfance et recoudre son destin.
    Nous retrouvons son univers si singulier, où la magie et le songe côtoient la violence et la truculence charnelles, toujours à l'orée du rêve mais deux siècles plus tard, dans ce domaine des Murmures qui était le cadre de son précédent roman.

  • L'oeil du témoin

    Carole Martinez

    C'est l'été, tout est calme, il fait beau. Mais depuis la fenêtre de sa chambre, Noé assiste à un crime : Marguerite, la bibliothécaire, est étranglée sous ses yeux. Vague, sa jeune voisine, a elle aussi aperçu le coupable s'enfuyant dans la montagne. Qui en voulait à l'aimable bibliothécaire ? Commence alors pour les deux adolescents une course contre la montre : au mépris du danger, ils se lancent sur les traces de l'étrangleur...

  • Un album au format géant qui raconte l'histoire d'un géant... réalisé par un grand duo autrice/illustrateur !

  • Du chat, on ignore à peu près tout si l'on n'a pas assimilé sa vraie nature - son amour de la solitude, son attention infinie à l'invisible, son entière disposition au désordre des sentiers. Mélani Le Bris le connaît intimement. Elle s'en est rapprochée jusqu'à l'identification. Pour comprendre le chat comme elle, sans doute faut-il l'être un peu soi-même !
    « Les photos de chats de Mélani Le Bris sont saisissantes. Sous son regard et son objectif, ces félins appartiennent à la famille des chats d'Edgar Poe, de Baudelaire, aux chats magiques, mystérieux, habités de pouvoirs occultes, dans une communion presque mystique avec la nature, avec le monde. Comme on se trouve petit, à côtoyer de tels chats qui donnent le sentiment d'en savoir plus long sur l'homme et sur la Vie que nous n'en savons sur eux, nimbés qu'ils sont dans leurs secrets ou leurs présences impénétrables. » Frédéric Vitoux, de l'Académie française

  • «Il y avait jadis une forêt de l'on disait enchantée et où personne n'osait aller. On raconte qu'un soir d'hiver, un cavalier épuisé, surpris par une tempête, s'égara entre nuit et neige. Soudain, les arbres s'écartèrent sur le parc d'un sinistre château.»

  • Lorsque cette histoire commence, le décor est apparemment celui du Moyen Age. Mais la bande-son, elle, suggère autre chose: rien moins qu'un vieux tube du groupe Téléphone, Un Autre monde. Tissée de deux lignes temporelles distinctes (l'une dans un environnement médiéval non daté, l'autre au coeur de notre époque contemporaine) qui vont finir par s'entremêler en une même trame, cette très intrigante histoire suit pas à pas le quotidien d'une jeune fille des années 80, Lou, dont le destin bascule soudainement à la suite d'une séance de spiritisme qui tourne mal. Traumatisée par le suicide de son amie Marie-Rose, qui n'a pas supporté ce que lui a révélé ce contact avec le monde des esprits, Lou mène l'enquête. Elle va peu à peu être confrontée, en lisière de l'apparente normalité qui constitue son quotidien, à des phénomènes de plus en plus déroutants. Hypnose, fantômes, visions, réminiscences vaudou. Pourquoi la réalité qui constituait jusqu'alors son ordinaire semble-t-elle insensiblement se déliter pour laisser apparaître un autre monde au parfum d'étrangeté, d'abord fugace puis de plus en plus marqué ? Ainsi intitulé en référence à un poème des Contemplations de Victor Hugo, le nouveau projet de la dessinatrice Maud Begon (Je n'ai jamais connu la guerre, publié chez KSTR) est une tétralogie créée en collaboration avec la romancière Carole Martinez, auteure notamment du Prix Goncourt des Lycéens 2011, Du domaine des Murmures. Un grand récit fantastique par un nouveau duo féminin plein de promesses.

  • Paris, les années 80, l'univers de la lycéenne Lou bascule, quand une séance de spiritisme vire au drame. Son amie Marie-Rose se suicide et le réel s'emplit alors de fantômes. Lou aurait-elle un don ? Et quels mystères se cachent dans le passé familial ?
    Ce poignant tome 4, livre la clef du secret, avec un voyage final qui emporte Lou au coeur du 16ème siècle, à Issenheiem, sur les pas du peintre Grunewald et au temps des chasses aux sorcières.

  • Lou pensait en avoir fini avec ses fantômes. Elle s'est jetée à corps perdu dans sa vie de jeune femme : les amies, le lycée et surtout son grand amour Nacym avec qui elle passe une première nuit, dans sa chambre sous les toits.Mais voilà qu'une jeune femme sans visage, habillée comme en 1900, se met à la suivre dans les rues de Paris. Les séances d'hypnothérapie reprennent et avec elles, Lou va plonger au coeur du passé familial.Elle explore l'incroyable exposition universelle de 1900, rencontre sa grand-mère Lucie, les époux Curie, la spirite émérite Eusapia Palladino et commence à comprendre surtout la dimension ambivalente de son don, le pouvoir destructeur qu'il contient.

  • « Qu'est-ce qu'ils fichent autour de cette table, les Hugo ?
    - C'est le grand jeu à la mode dans les salons, ils font comme à Paris, ils appellent les esprits. Ça fait déjà un an qu'ils vivent en exil sur ce territoire minuscule. Il faut bien qu'ils s'occupent. » Paris, printemps 1985. Pour arracher son amoureux aux griffes de la mort, Lou va devoir voyager dans le temps sur les traces de la vieille Lucienne, voisine de Victor Hugo sur l'île de Jersey. Elle va approcher de très près ce grand poète au moment où en exil, il converse avec les morts et cherche à déchirer le voile qui le sépare de sa fille noyée...

  • : Plus personne ne connaît l'histoire de Valentine, petite soeur de la Belle au bois dormant. Sortie du livre, elle a été oubliée entre les griffes d'un monstre sur une page du Grand Livre des dragons.
    Une bibliothécaire, gardienne d'un monde merveilleux, va confier le grimoire à Tom en quête de devenir un héros. Le petit garçon laisse le livre ouvert. le monstre et la princesse se retrouvent dans sa chambre. Tom affrontera le dragon, le renverra dans son livre et tentera de ramener Valentine dans le sien.

  • Carlos Luna, l'un des plus grands peintres cubains contemporains, lauréat de nombreux prix, fait partie d'une génération qui assume le patrimoine et les traditions dont elle a hérité mais qui, ce faisant, sait aussi les réinventer. Surfant sur l'esprit de la tradition afro-cubaine, Luna touche à de multiples domaines, de la tapisserie jacquard aux oeuvres en tôle métallique, des plats en céramique de Talavera aux assemblages en bois, sans oublier ses peintures à l'huile en grandes dimensions.
    Cette monographie illustre le mélange d'in#uences dont se réclame Luna, qui a vécu à Cuba jusqu'en 1991, puis au Mexique durant treize ans et en$n à Miami depuis 2002. Somptueusement illustré, ce livre entraînera le lecteur dans le monde étonnant de l'artiste - un monde fait de couleurs vives - et lui fera découvrir, outre certains chefs-d'oeuvre connus, quelques oeuvres inédites.

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