Universite De Bruxelles

  • Dans un format court, ce livre illustre le principe de la vaccination et son effet bénéfique sur la population humaine en suivant le développement des vaccins du XIXe au XXIe siècle. Il explique aux lecteur·trice·s non averti·e·s les mécanismes biologiques de la réponse immunitaire qui nous protège efficacement et durablement des infections. Enfin, il pointe les enjeux sociétaux et l'importance de l'immunité individuelle et collective, dans un monde où les pathogènes circulent sans barrière, comme le montre la pandémie de la Covid-19.

  • Quels sont les défis de l'enseignement universitaire des méthodes qualitatives en sciences sociales ? Comment impliquer les étudiants dans une démarche d'apprentissage actif ? Quelles difficultés peuvent-ils rencontrer dans la réalisation d'un travail de recherche ? Comment faciliter et valoriser leurs recherches au-delà de la sphère académique ?
    Sur la base d'une expérience pédagogique collective acquise au sein de la Faculté de philosophie et sciences sociales de l'Université libre de Bruxelles, ce manuel fournit des réflexions théoriques originales sur l'enseignement universitaire des méthodes des sciences sociales et montre, à travers des exemples très concrets, les possibilités d'innovation pédagogique qui peuvent être mises en oeuvre dans ce domaine.

    Ce manuel s'adresse à trois publics cibles : l'ensemble de la communauté scientifique intéressée par la question des innovations pédagogiques dans l'enseignement universitaire, les enseignants qui dispensent des cours de méthodes en sciences sociales en quête de conseils sur comment lier la théorie à la pratique, ainsi que les étudiants de sciences sociales désireux de réaliser une enquête de terrain en s'appuyant sur des exemples concrets de travaux réalisés par d'autres étudiants.

  • Ce livre a pour objectif de mettre en exergue les principaux développements et enjeux relatifs à l'insertion de l'islam en Europe en s'appuyant sur le cas de la Belgique.
    L'insertion de l'islam en Belgique est un fait relativement ancien. En effet, près de soixante ans se sont écoulés entre les premières vagues migratoires essentiellement issues du Maroc et de la Turquie et l'entrée à l'école de la quatrième génération de Belges musulmans. Cependant, les attentats revendiqués par l'État islamique de mars 2016 ont réveillé - une fois de plus - les questionnements relatifs à la compatibilité de l'islam avec les "valeurs" belges et plus généralement européennes. Plus que jamais, l'amalgame entre l'islamisme radical qui produit ces violences et l'islam tel qu'il est majoritairement vécu et pratiqué dans nos sociétés est présent dans les consciences collectives. Et pas un jour ne passe sans que l'actualité ne draine un certain nombre de débats sur l'insertion de l'islam en général et de certaines pratiques spécifiques des populations musulmanes dans notre société. Tel est le constat qui a guidé l'écriture de ce livre qui a pour objectif de mettre en exergue les principaux développements et enjeux relatifs à l'insertion de l'islam en Europe en s'appuyant sur le cas de la Belgique.
    Cet ouvrage entraîne le lecteur au coeur des approches historique, sociologique et politologique du « fait musulman » belge et européen comme autant d'outils d'analyse de celui-ci. Il vise à encourager la réappropriation critique de nombreuses notions relatives au fait musulman véhiculées dans l'espace médiatique et politique et entend à une compréhension plus fine et nuancée de l'insertion de l'islam en Belgique, de ses enjeux et de ses dynamiques contemporaines. Ce livre s'adresse à toutes celles et ceux qui désirent acquérir une vue d'ensemble des enjeux posés par l'inscription de l'islam dans notre société.

  • Pourquoi l'OTAN continue-t-elle à exister alors que l'ennemi qui a justifié sa création, l'Union soviétique, a disparu ? Ce livre répond de manière novatrice à cette question fort débattue, en traitant du développement du contre-terrorisme à l'OTAN dans les années 2000-2010.
    L'ouvrage prend le contre-pied des approches rationalistes et dominantes qui soumettent l'évolution de l'OTAN à une adaptation mécanique à un nouvel environnement international davantage instable. Ce livre propose une immersion sociologique dans le monde des pratiques professionnelles dites « contre-terroristes », qui sont à la source des mutations de l'Alliance euro-atlantique.
    À partir d'une enquête de terrain approfondie, combinant une centaine d'entretiens et des observations ethnographiques, l'auteur explique que la continuité post-Guerre froide de l'OTAN procède de l'institutionnalisation transnationale d'une logique de traitement préemptive de risques multiformes. La démonstration explore deux changements indissociables. Le premier réfère à la structure sociale portant la production du pouvoir au sein de l'OTAN, qui disperse la logique d'action multilatérale le long de possibilités sécuritaires très différentes (guerre en Afghanistan, surveillance en Méditerranée, développement d'armements). Le deuxième a trait au politique, à savoir l'exercice de la violence et la fabrication des figures de l'ennemi qui prolifèrent, s'imaginent et se banalisent à mesure que les initiatives de sécurité se multiplient. En proposant de renouveler les termes du débat sur les raisons de l'existence contemporaine de l'OTAN, l'ouvrage apporte aussi un éclairage original sur le travail quotidien des organisations internationales et les transformations en cours dans les politiques de sécurité contemporaines.

  • La guerre froide n'est pas qu'un bras de fer entre deux puissances politiques qui mesurent leurs capacités militaire, nucléaire, technologique et scientifique. S'y joue également une lutte pour gagner un pouvoir d'influence culturel beaucoup plus large et profond. Les deux blocs prétendent, notamment, défendre et incarner les normes de genre et de sexualité les plus justes et les plus en phase avec le «vrai» bonheur et l'harmonie amoureuse, ferments indispensables d'une société en bonne santé. Pour ce faire, ils puisent tous les deux dans les savoirs de la sexologie, alors en plein bouleversement. L'époque est en effet marquée par le développement de machines dont on attend qu'elles mesurent les performances sexuelles. Les progrès de l'imagerie médicale laissent croire en un avenir où tous les aspects du corps humain seront visibles et, donc, soignables (voir la photo de couverture: le psychiatre W.Reich à la recherche d'une force vitale universelle).
    Les études ici rassemblées montrent que, dans le domaine de la sexologie, le rideau qui sépare l'est et l'ouest était pour le moins déchiré, pour reprendre le titre d'un film d'Alfred Hitchcock qui traite d'espionnage scientifique. Les scientifiques, justement, et leurs théories sur la sexualité circulent d'autant mieux que l'un comme l'autre bloc partagent des valeurs communes de valorisation de la famille traditionnelle et de hantise de l'homosexualité. Des deux côtés, les sexologues, alors en voie de professionnalisation, tentent d'élaborer une expertise congruente avec le supposé savoir scientifique, le vécu raconté par leurs patient·es, les directives du régime dont ils dépendent et une société progressivement conquise par le discours de la «révolution Sexuelle». Entre conservation et subversion, ils soufflent ainsi le chaud et le froid sur les représentations de la sexualité.

  • L'usage de la langue par les journalistes est régulièrement critiqué. Que les reproches à cet égard soient fondés ou non, de nombreux facteurs peuvent expliquer l'état du français dans les productions journalistiques. L'ouvrage offre une analyse approfondie de ces facteurs, en se focalisant sur cinq sites d'information belges francophones (DH.be, La Libre.be, Le Soir.be, RTBF Info et RTL Info). La question est envisagée à partir d'un angle particulier : les représentations et les discours de journalistes et de rédacteurs en chef, rencontrés lors d'entretiens.
    La première partie de ce livre étudie la manière dont les acteurs de la presse en ligne considèrent, d'une part, la langue qu'ils pratiquent et, d'autre part, celle qu'ils souhaitent idéalement proposer à leur public. S'intéressant au quotidien des journalistes, la seconde partie interroge la place du travail de la langue dans le processus de production de l'information en ligne.
    Cette recherche montre que la langue des sites d'information est régulée par des représentations sociales, des enjeux journalistiques et linguistiques, des contraintes et des pratiques professionnelles. Elle permet de comprendre les logiques plurielles et souvent opposées qui façonnent l'usage de la langue par les journalistes web.

  • Anthropologues et historiens ont souvent souligné combien le régime alimentaire constitue un marqueur fondamental de chaque groupe humain. L'identité culturelle vient se greffer sur le binôme religion-alimentation, en établissant une correspondance entre la manière de s'alimenter et la manière de prier, qui font partie des éléments permettant de caractériser une culture déterminée vis-à-vis des autres. La distinction alimentaire permet de reconnaître l'appartenance d'un individu à un groupe, puisque son identité se construit - entre autres facteurs - sur la base des choix alimentaires et du culte professé aux êtres surnaturels. Ce volume étudie des pratiques comme le jeûne, la pénitence ou l'interdit alimentaire, en les plaçant dans la perspective de la distinction alimentaire. Autrement dit, il analyse comment tous ces phénomènes deviennent des marqueurs identitaires qui permettent de reconnaître une pratique religieuse. Distinguer c'est avant tout opérer une séparation entre les membres d'une communauté et le reste du « monde ». L'adoption de normes déterminées contribue à construire une identité religieuse distincte par rapport aux personnes qui ne suivent pas les mêmes règles. Cela dit, les techniques de préparation, le choix des aliments et des ingrédients, tout comme les modes de consommation adoptés représentent un champ d'action privilégié pour observer ce phénomène. Cet ouvrage collectif, par une méthodologie multidisciplinaire, diachronique et comparative, entend ainsi montrer comment la distinction alimentaire permet de mieux comprendre le fonctionnement d'un système religieux.

  • Il faut remonter au premier millénaire de notre ère, jusqu'à ce qu'on appelle l'Antiquité tardive, pour comprendre notre monde, ses traditions, ses déchirements : c'est ce que fait Peter Brown dans cet ouvrage passionnant où il nous montre comment, entre 150 et c. 750 de notre ère, l'univers antique, centré autour du Bassin méditerranéen et jouissant jusque-là d'une remarquable homogénéité, se divise en trois sociétés fermées les unes aux autres : l'Europe catholique, Byzance et l'Islam.
    En 476, l'Empire romain n'est plus ; en 655, l'Empire perse a vécu. Mais il s'agit moins de décadence que de dissolution. Pendant des siècles cohabitent des esprits classiques fidèles à la Rome éternelle et des nouveaux venus qui forgent le Moyen Age avec des outils hellénistiques. Les statues qu'on sculpte à l'image des nouveaux aristocrates portent encore la toge alors que ceux-ci ont déjà adopté la chemise de laine et la cape venues du Nord ; l'instruction garde son pouvoir mais les compagnons des muses de naguère ont pris les traits d'évêques méditant sur la Bible.
    Ainsi changea le monde : loin des champs de bataille, moins sous la pression des "barbares" que dans les esprits et les actes de ceux qui le vivaient au jour le jour. Tout un quotidien que fait revivre Le monde de l'Antiquité tardive.

  • Cet ouvrage défriche une communication européenne émergente et incertaine : la communication transfrontalière. Celle-ci est abordée au prisme des eurorégions, entités qui s'institutionnalisent dans le paysage européen depuis le milieu des années 2000.
    Où se situe la formation discursive eurorégionale par rapport à d'autres discours de la construction européenne ? Comment les eurorégions préfigurent-elles une organisation européenne qui bouscule nos représentations ancrées dans les États ?
    Quels procédés communicationnels installent les configurations transfrontalières dans les esprits ? Pour répondre à ces questions, divers types de discours produits en plusieurs langues ont été recueillis sur le web, principal vecteur de visibilité des eurorégions. L'ouvrage articule une analyse du discours à orientation linguistique et une analyse sémiotique appliquée aux médias. Les scénarios discursifs et sémiotiques sont systématiquement confrontés pour mettre en évidence leur (dés)alignement et, par-là, les invariants et les tensions de la communication transfrontalière.
    Tandis qu'elle n'hésite pas à mobiliser des interdiscours et des imaginaires contradictoires, la communication transfrontalière érige les eurorégions en modèles d'une nouvelle Europe. La démarche mobilise l'histoire de la construction européenne, incontournable pour comprendre l'éclosion de la communication transfrontalière, et les sciences du langage, indispensables à l'appréhension d'un discours multilingue en ligne.

  • Ce Traité se rattache aux préoccupations de la Renaissance et, par-delà, à celles des auteurs grecs et latins qui ont étudié l'art de convaincre et les techniques de la discussion. Il passe largement les bornes de la rhétorique traditionnelle et envisage surtout les textes imprimés et les moyens discursifs d'obtenir l'assentiment.
    Les diverses espèces de discours, leur variation en fonction des disciplines et des auditoires, la manière dont les notions se modifient et s'organisent, l'histoire de ces transformations, les systèmes auxquels a pu donner naissance l'adaptation d'ensembles notionnels à des problèmes de connaissance fournissent ici un terrain de recherches d'une richesse incomparable.
    Les auteurs accordent une particulière importance à l'analyse des argumentations philosophiques, justement parce qu'elles sont censées s'adresser à des lecteurs sur lesquels ont peu de prise la suggestion, la passion ou l'intérêt.
    Parce qu'il décompose les raisonnements présentés aussi bien par les publicistes dans leurs journaux ou les politiciens dans leurs discours, que par les avocats dans leurs plaidoiries, les juges dans leurs attendus, les métaphysiciens dans leurs exposés, ce Traité de l'argumentation s'adresse non seulement aux logiciens et philosophes, mais aussi à tous ceux qui ont pris pour tâche de convaincre, à quelque titre que ce soit.
    Préface de Michel Meyer.

  • Le livre de Robert Michels, paru à la veille de la première guerre mondiale, demeure un classique de la littérature politique.
    Pour Robert Michels, les partis politiques, nés de l'instauration de la démocratie, conçus comme des instruments privilégiés de son développement, deviennent inéluctablement, même les plus démocratiques d'entre eux, des organisations oligarchiques. Cette analyse descriptive devait conduire son auteur à constater que les véritables causes d'une évolution aussi générale tenaient à la nature des choses telle que les fait l'organisation sociale.
    Mais l'interrogation fondamentale, sous-jacente à tout cet ouvrage, reste plus actuelle qu'elle ne le fut jamais : ta démocratie est-elle viable ? Par ce pessimisme lucide que combat, cependant, le refus de désespérer, Michels rejoint un autre grand analyste des sociétés démocratiques : Tocqueville.

  • Rhetoriques

    Chaïm Perelman

    Perelman avait l'habitude de publier régulièrement ses conférences et ses articles en volumes, où se mélangeaient ses différents domaines de prédilection tels, entre autres, le droit ou l'histoire. C'est ainsi qu'ont vu le jour successivement Rhétorique et philosophie (1952), Justice et raison (1963) et Le champ de l'argumentation (1970). Si une telle présentation permet de suivre l'évolution de la pensée, l'inconvénient en est la perte de systématicité.
    Il nous a donc semblé utile de reprendre tous ces recueils et d'en regrouper les textes fondamentaux par grands thèmes. Ce volume-ci des Oeuvres de Perelman concerne la rhétorique, la façon dont il la voyait, son rapport au langage, à la logique et à la connaissance en général. Mais aussi, la place qu'elle occupe dans l'histoire de la philosophie, une place sans cesse déniée et que Perelman s'est efforcé tout au long de sa vie de restaurer, sans oublier d'expliquer ce qui motivait les philosophes depuis Platon à traiter la rhétorique de discipline secondaire ou de dangereuse.

  • Chaïm Perelman est considéré comme l'un des plus grands philosophes du droit de ce siècle. Son originalité tient à cette volonté incessante de réhabiliter la vie du droit, qui naît de la controverse, au procès. Perelman renoue ainsi avec le genre judiciaire, que valorisait l'ancienne rhétorique.

    Commencée en 1945, son oeuvre de philosophie juridique se poursuit pendant quarante ans. Elle s'élabore dans de nombreux articles que Perelman réédite dans Justice et raison (1963), Le champ de l'argumentation (1970), Droit, morale et philosophie (1976) et Le raisonnable et le déraisonnable en droit (1984). A partir des grandes classifications de Perelman lui-même, nous avons souhaité offrir aujourd'hui un ouvrage de synthèse qui restitue ses différentes contributions.

    Les thèmes de la justice, des rapports du droit et de la morale sont ainsi abordés dans la première partie. Quant à la seconde, elle porte sur la rationalité juridique nouvelle développée par Perelman, sur ses conséquences pratiques sur le raisonnement juridique et sur les lieux où s'exprime l'argumentation dans le droit.

    Le titre Ethique et droit ouvre à cette double préoccupation perelmanienne de servir la philosophie morale par une réflexion sur le droit et de montrer comment le droit s'ajuste dans la réalité sur les valeurs morales.

  • L'essor des partis et des entrepreneurs « populistes » représente l'un des phénomènes politiques les plus notables de ces deux dernières décennies, en particulier à droite de l'échiquier politique. Ce populisme de droite radicale s'incarne dans une multiplicité d'acteurs en Europe, à l'image des succès récents de ces partis en Italie, en France ou en Autriche. Les thèmes populistes ont également dominé la campagne présidentielle de Donald Trump aux États-Unis et le référendum britannique sur le Brexit en 2016.
    Au travers d'un état des lieux de l'important volume de recherches internationales consacrées à la question, l'ouvrage propose une réflexion sur la nature du phénomène populiste tel qu'il se donne à voir. Quels en sont les contours idéologiques ? Peut-on dégager des facteurs explicatifs communs du succès de ce populisme de droite radicale sur les continents européen et américain ? Le développement des droites populiste radicales participe d'une évolution structurelle des sociétés contemporaines, sous l'effet de profondes transformations économiques, culturelles et politiques. À l'image de l'Italie, de la Hongrie et des États-Unis, nombre d'acteurs populistes occupent désormais une place centrale au sein du jeu politique national et constituent un défi croissant pour l'équilibre des démocraties libérales.
    Gilles Ivaldi est chercheur CNRS à l'URMIS, Université de Nice, spécialiste du populisme et du phénomène de droite radicale, en Europe et aux États-Unis. Ses thèmes de recherche portent également sur les partis politiques et les comportements électoraux. Gilles Ivaldi a publié de nombreux articles scientifiques sur ces questions et il est l'auteur de deux ouvrages sur les élections présidentielles françaises de 2012 et 2017 en collaboration avec Jocelyn Evans. Gilles Ivaldi dirige actuellement en France le projet international SCoRE d'analyse comparative du vote de droite radicale populiste.

  • Ce livre analyse les discours, les modèles et les contre-modèles d'une adolescence féminine qui charrie encore aujourd'hui son lot d'inquiétudes. À travers une analyse socioculturelle de la notion d'adolescence, Laura Di Spurio retrace les mutations et les permanences de la figure de la jeune fille. Au cours du XXe siècle, l'adolescence se mue en classe d'âge pour bientôt devenir un espace culturel, social et biopsychologique. L'adolescence devient un principe explicatif « pour toutes ». Ce nouveau modèle adolescent est dessiné par des adultes emplis de peurs face à cette jeunesse féminine qu'ils jugent plus précoce, plus libre et plus affirmée. Comment accorder cette notion pensée au masculin sans troubler un féminin que l'on voudrait éternel ? Comment appliquer cette notion à toutes les jeunes filles, même à celles dont le quotidien s'éloigne du modèle tracé par les scientifiques ? Que fait l'adolescence aux jeunes filles ? Et enfin, comment celles-ci troublent-elles la notion ?
    Ce sont les questions posées par cet ouvrage qui, à partir d'un corpus de sources variées, raconte un demi-siècle d'histoire du côté des jeunes filles.

  • Le slogan féministe des années 1970 « Un enfant quand je veux, si je veux » résonne encore aujourd'hui. Il pose la question de la liberté de choix dans l'espacement des naissances, dans la décision des femmes d'être mère. Il interroge peu le choix de ne pas être mère. Pourtant, elles sont nombreuses à avoir fait le choix d'une vie sans enfant. Face à « l'évidence du naturel », devant l'injonction moderne au désir d'enfant, ces femmes sont souvent qualifiées de déviantes, d'anormales, d'égoïstes. Ne pas avoir d'enfant par choix demeura longtemps un impensé, y compris dans la recherche scientifique. Depuis plusieurs années, des mouvements et des groupes antinatalistes radicaux se font remarquer sur la scène médiatique par des déclarations fracassantes, des happenings ou des événements. Ceux et celles qu'on appelle désormais les « croisés de la dénatalité » se font plus visibles et revendiquent publiquement leur non-désir d'enfant. Ils et elles avancent des arguments démographiques, politiques ou écologiques. En même temps, des essayistes comme Élisabeth Badinter dénoncent une pression croissante pesant sur les femmes pour les inciter à devenir mères et à une renaturalisation de la maternité. Par ailleurs, l'expérience de la maternité elle-même se transforme et se diversifie. Ainsi, des mouvements qui ont longtemps rejeté l'institution de la famille ont récemment demandé d'y avoir accès. On le voit, la maternité et le refus de celle-ci sont au coeur de nombreux débats contemporains.
    Ce numéro de Sextant interroge ces mouvements et ces débats autour de la non-maternité, en définit les contours et interroge le passé afin de mieux cerner les questionnements actuels. Que signifie ne pas être mère aujourd'hui ? Quels jalons et événements ont rendu ce choix possible dans la société d'aujourd'hui ?

  • En remontant le cours de l'histoire du droit international jusqu'à la Première Guerre mondiale, l'auteure examine l'évolution des décisions prises en matière de répression des crimes de guerre, d'abord par les Alliés, puis par le gouvernement et le Parlement belge après la Deuxième Guerre mondiale.
    Les procès belges d'après-guerre menés contre les criminels de guerre allemands ont été perçus comme un échec. Le bilan de ces procès n'a pas répondu aux ambitions annoncées pourtant dès 1942 par le gouvernement en exil à Londres. L'idée qui s'est largement répandue est celle d'une justice qui n'aurait pas bien fait son travail et de magistrats qui se seraient montrés indifférents, voire insensibles, au sort infligé par l'occupant allemand aux Juifs de Belgique.
    />
    La découverte d'archives judiciaires et l'analyse minutieuse du procès d'Otto Siegburg donnent une autre image de la justice belge. Ce chasseur de Juifs, qui a agi avec une brutalité et un acharnement inouïs, a été condamné pour crime contre l'humanité par le Conseil de guerre de Bruxelles dans un procès à rebondissements qui n'a pourtant pas fait jurisprudence. Par son analyse, Marie-Anne Weisers montre qu'il y a eu, au contraire, une volonté réelle de sanctionner les auteurs des crimes commis contre les Juifs.
    En remontant le cours de l'histoire du droit international jusqu'à la Première Guerre mondiale, l'auteure examine l'évolution des décisions prises en matière de répression des crimes de guerre, d'abord par les Alliés, puis par le gouvernement et le Parlement belge après la Deuxième Guerre mondiale. Ces décisions politiques et juridiques ont par la suite placé les magistrats belges devant des situations insolubles. Le livre dévoile comment les membres de l'auditorat général se sont battus pour contourner les immenses difficultés auxquelles ils ont été confrontés et comment ils ont tenté de poursuivre les criminels de guerre allemands à la hauteur de la gravité des crimes commis.

  • Is international law universal? Can it be anything else than the will of the actors who are able to impose on others their values and interests? Beyond the strategic objectives that can be pursued - by a lawyer pleading before a court, a state representative operating in an international organization or addressing the general public, an author seeking recognition, or a citizen interested in the law - since international law cannot be interpreted objectively, can it at least be interpreted in a convincing and well-argued way? These are the questions that underlie this book, which, following a critical approach, emphasizes the profound ambivalence of international law.
    International law appears to be torn between, on the one hand, the pursuit of a universalist ideal of justice and peace, and, on the other, the need to deal with power relations in a political context. From this perspective, it would be futile to claim to establish, and even less 'to discover', one single 'correct' interpretation of legal rules such as, for example, the right to self- determination, the principle of non-intervention or the prohibition of genocide. It is however possible to provide an overview of the main debates among states, other international actors or among legal scholars relating to the interpretation of the main rules of international law. In the book, these debates will be illustrated by references borrowed from popular culture and, in particular, from music and films.
    The ambition of this book is to enable the reader, on the basis of these elements, to position himself or herself by selecting and defending the arguments that seem most convincing, and, more fundamentally, to understand the legal and political terms of the controversy...

  • The refugee question occupied centre stage at every political debate in Europe since 2015. Starting from the «long summer of migration», the polarization of opinions and attitudes towards asylum seekers among citizens of the European Union has grown increasingly. The divergence between hospitality and hostility has become evident in political reactions as well.
    The focus of this book is on this polarization, on the positive and negative attitudes, representations and practices, as well as on the interactions, at the local level, between majority populations and asylum seekers in the context of the 2015-18 reception crisis.
    This book has three objectives. First, it intends to examine public opinion towards asylum seekers and refugees through a European cross-national perspective.
    Second, it explains the public opinion polarization by focusing on pro- and anti-migrant mobilization, and investigating the practices of hospitality and hostility in local communities.
    The third objective is to understand asylum seekers' and refugees' own perceptions of receiving countries and their asylum systems. These issues are specifically debated in the Belgian case. The other national case studies include Germany, Sweden, Hungary, Greece and Italy, and have been chosen based on preliminary research on the policy system, public opinion, and geopolitical position.
    This book represents the main output of the research project entitled «Public opinion, mobilizations and policies concerning asylum seekers and refugees in anti-immigrant times (Europe and Belgium)» supported by the Belgian Science Policy Office (BELSPO/BRAIN-be).

empty