Seli Arslan

  • Pour prendre soin, les soignants ont besoin d'espaces de parole et d'analyse pour valoriser la façon dont ils soignent leur travail. Le développement d'une pratique reìflexive entre pairs favorise la qualité des soins et la professionnalisation.
    L'activité clinique est une source constante d'apprentissages. Mais les infirmières et les aides-soignantes sont confrontées à des obstacles dans cette démarche de formation permanente du fait, entre autres, des conditions de travail, des difficultés de communication, d'accès aux connaissances et de gestion des émotions, ou du manque de soutien hiérarchique. Il peut en résulter du découragement ou une usure professionnelle. Dans ce contexte, comment mieux comprendre et améliorer sa propre pratique, et vers qui ou quoi se tourner pour bénéficier d'une aide à la fois cognitive, émotionnelle et motivationnelle ?
    L'auteur montre dans cet ouvrage que, pour prendre soin d'autrui, les soignants ont besoin d'espaces de parole et d'analyse où ils puissent mettre en valeur la façon dont ils soignent leur travail. L'instauration d'une pratique réflexive collective entre pairs tout au long de la vie professionnelle est essentielle. La présentation détaillée de l'expérience d'un groupe de réflexion au sein d'un service de chirurgie, ayant réuni des infirmières et des aides-soignantes, permet de montrer la réalisation concrète d'un apprentissage informel, non académique, en complémentarité des formations initiale et continue. De tels groupes d'analyse de pratique favorisent les échanges et l'exploration de nombreuses pistes de réflexion. Il peut s'agir d'établir des liens entre les savoirs théoriques et les savoirs d'action ; d'articuler les soins au quotidien à un travail d'analyse faisant émerger l'écart entre le rôle prescrit et le rôle réel ; de mettre en évidence les rapports entre le rôle relationnel et le rôle des affects, etc.
    Ce livre se veut utile à la communauté soignante désireuse d'éclairer ses actions par la réflexivité. Il s'adresse particulièrement aux infirmières et aides-soignantes en exercice, aux formateurs et aux étudiants en soins infirmiers. Soigner son travail, c'est sans cesse l'interroger et chercher à l'améliorer afin de veiller à la qualité des soins au quotidien. Pour renforcer le parcours de professionnalisation, il importe de développer les possibilités d'apprenance et d'autoformation en situation de travail.

  • Accompagner la fin de vie en pédiatrie : l'analyse post-événementielle, un outil d'éthique pratique Nouv.

    Les décès d'enfants sont fréquents dans les services de soins intensifs et d'urgences pédiatriques ou de néonatologie. Les équipes soignantes sont le plus souvent déstabilisées par ces événements intenses, au fort potentiel traumatique, chaque professionnel pouvant aussi voir ses capacités de faire face mises au défi. L'auteure, docteur en psychologie et responsable de l'humanisation des soins dans une institution hospitalière, propose un outil d'éthique pratique original, l'analyse post-événementielle, fondé sur l'analyse de pratiques et la mise en récit collectif par les soignants impliqués dans chaque situation.
    La présentation pédagogique de ce dispositif, mis en oeuvre systématiquement après le décès d'un enfant, prend valeur de modèle pour les professionnels de la pédiatrie. Cette méthodologie oeuvre à l'émergence de pratiques humanisantes, l'accompagnement éthique des soignants favorisant celui des familles confrontées à la fin de vie d'un enfant.

  • éthique en rééucation-réadaptation : agir pour prévenir les situations de handicap Nouv.

    Le secteur de la rééducation-réadaptation est porteur d'un esprit particulier : il s'agit de préparer une personne au meilleur mode de vie possible malgré ses limitations suite à un accident ou une maladie entraînant un handicap. Les équipes qui gravitent autour de ces personnes travaillent en pluridisciplinarité et en complémentarité pour les aider à trouver une nouvelle allure de vie, en tenant compte de leurs demandes, de leurs besoins comme de leur environnement. Les auteurs de ce livre, professionnels de ce secteur, croisent les approches et les regards, en apportant des jalons théoriques fondés sur la diversité de leur pratique, et en rappelant les enjeux éthiques liés au travail auprès de personnes handicapées, qu'il s'agit de ne pas réduire à leurs limitations.

  • L'accompagnement de la fin de la vie est une pratique complexe, qui sollicite les professionnels autant sur le plan technique que sur le plan humain. Des situations génèrent de l'embarras et suscitent des interrogations, que ce soit sur le moment ou après coup. Par ailleurs, les débats publics demeurent vifs entre les tenants d'une mort maîtrisée par un patient autonome et ceux prônant une mort naturelle, avec la meilleure qualité de vie possible jusqu'au bout.
    Dans ce contexte marqué par l'incertitude et des enjeux éthiques forts, comment aider les acteurs de l'accompagnement à se déterminer ? L'auteur, infirmière et formatrice dans le champ des soins palliatifs comme en éthique, vise à soutenir les soignants grâce à des réflexions théoriques, des recommandations de bonnes pratiques en fin de vie, en tenant compte de la force des représentations. Les enjeux éthiques sont abordés sous l'angle du souci de l'autre comme du souci de soi.
    Il s'agit en effet de tenter de répondre au désir de la personne soignée et à ce qu'elle a envie de vivre, mais aussi de se confronter à ses propres émotions intenses. Il importe également que les pratiques s'inscrivent dans une institution juste. De nombreuses situations cliniques sont présentées. Elles invitent le lecteur à s'interroger sur l'attitude qu'il aurait pu adopter dans un contexte similaire, à se pencher sur ses ressentis et à analyser la portée de ses actions face à des personnes toujours singulières.
    Ce livre s'adresse aux professionnels de la santé et aux bénévoles exerçant en soins palliatifs, en établissement de santé ou à domicile, aux étudiants comme aux formateurs aux métiers de la santé. Ils y trouveront des repères sur les questions soulevées par l'accompagnement en fin de vie. Réfléchir, à partir de situations cliniques, sur le travail individuel et collectif permet d'être mieux paré face à d'autres situations complexes qui se présenteront.

  • L'enchaînement des réformes à partir des années 1990 a été dénommé la "grande transformation hospitalière" . Les organisations de santé ont profondément évolué, enracinant le malaise des médecins et des soignants. L'auteur propose un modèle développé en gestion, appuyé sur la théorie des organisations, pour caractériser les raisons du phénomène. Il en fournit une interprétation fonctionnelle, culturelle et politique, cherche à définir ce qu'est devenu l'hôpital aujourd'hui et ce qu'il pourrait redevenir, soit un lieu d'humanisation de l'être humain au coeur de l'espace public.

  • L'auteur analyse l'évolution vers un troisième cycle universitaire et étudie les savoirs au coeur d'une discipline centrée sur le soin. Le modèle proposé insiste sur le travail relationnel, les liens entre approches du corps et de la réalité psychique.

    De la blouse blanche à la toge universitaire, le chemin a été long et semé d'embûches pour les infirmières. La création d'une section universitaire dite de « sciences infirmières » pose pourtant de nombreuses questions. Quel est l'objet de cette nouvelle discipline ? Comment les infirmières de terrain peuvent-elles y participer ? Les chercheuses doivent-elles intégrer des laboratoires dédiés ou rester près des patients et des soignants ? Comment les savoirs disciplinaires peuvent-ils enrichir les pratiques de terrain ?
    />
    L'auteur revient sur ces questions et explore la longue histoire vers un troisième cycle en soins. Il montre que la professionnalisation est passée par l'exclusion des infirmiers de secteur psychiatrique qui a eu pour effet de dévitaliser le soin, d'éloigner du coeur de la profession, le travail relationnel. Au-delà de ce constat, l'ouvrage bâtit des ponts entre l'approche du corps et celle de la réalité psychique, invite à les relier au bénéfice de la profession. Le parcours épistémologique aboutit à une nouvelle définition du soin, objet de la discipline : tout dispositif, simple ou complexe, profane, sacré ou savant, qui vise à prévenir, accompagner, soulager, intégrer voire dépasser la souffrance physique, psychique ou sociale d'un individu ou d'un collectif. Des situations de soins sont ensuite développées et passées au crible de cette nouvelle définition. Il s'agit de vérifier si elles résistent à l'objectif d'unifier la discipline et d'oeuvrer à davantage l'ouvrir aux aspects relationnels, à la qualité de l'engagement du soignant, à sa capacité de s'exprimer en première personne. Orienter la recherche et l'écriture vers des récits sensibles, c'est en effet être plus à même de décrire la singularité de chaque rencontre, de chaque soin.

    Cet ouvrage contribue à la mise en évidence de l'essence du soin. Il s'adresse particulièrement aux infirmières en exercice, aux étudiants en soins infirmiers comme aux cadres formateurs, qui y verront la possibilité de cerner ce que l'auteur désigne comme les sciences du soin.

  • Après l'urgence sanitaire, vient le temps de penser l'après-crise. Ce livre fournit des repères réflexifs sur les pratiques soignantes pour les acteurs du soin, les formateurs et les étudiants dans un contexte où de nombreuses questions éthiques ont émergé.
    La crise sanitaire due au coronavirus est venue bouleverser les pratiques soignantes, bien au-delà des services de réanimation ou d'hospitalisation. Tous les secteurs du soin, de l'accueil et de l'accompagnement ont subi les conséquences de la pandémie. Il a fallu agir dans l'urgence, faire face au défi de l'afflux de patients, continuer de soigner. Durant cette crise, les soignants se sont interrogés sur les fondements et les valeurs du soin.
    Après le temps de l'action peut venir celui de la relecture éthique des situations vécues. Les auteurs proposent leurs regards croisés, mêlant approches philosophiques et pratiques, sur les enjeux éthiques mis en exergue par la crise sanitaire. Sont ainsi abordées la question des droits des patients, celle des différents niveaux de crises traversés, qu'il s'agisse du corps malade, du système de soins, ou de l'environnement, ou la question des essentiels qui nous ont tant préoccupés. L'éthique du care a aussi été mise à l'épreuve, tandis que des processus décisionnels en matière d'accès à la réanimation ont dû être mis en place, non sans interrogations pour les soignants. Leur vécu de cette période est également abordé, à travers des entretiens qui ont révélé leurs réflexions sur le sens de leurs actions en conditions de travail exceptionnelles et les nombreux enjeux éthiques soulevés. Enfin, sont évoquées les répercussions de la crise en termes d'éthique pédagogique.
    Les professionnels, formateurs et étudiants confrontés à la crise sanitaire ont aujourd'hui besoin d'un soutien réflexif. Cet ouvrage leur fournit des repères sur les fondements du soin qui permettent d'envisager collectivement les perspectives pour le monde du soin.

  • Quels ont été les ressentis des soignants exerçant en psychiatrie face à la crise sanitaire ? Une vingtaine d'entre eux s'expriment librement sur cette situation inédite, apportent leur regard sur le soin en santé mentale et leur vision de l'avenir.

    La crise sanitaire engendrée par l'épidémie due au coronavirus a des impacts importants sur les soins en psychiatrie, les soignants, les patients et leur entourage. Quels ont été les ressentis des professionnels face à cette situation inédite ?
    Ce livre vise à donner directement la parole à des soignants, à leur permettre de partager dans le cadre d'un entretien leur vécu de cette crise sanitaire, mais aussi leur vision de l'avenir des soins en psychiatrie. Une vingtaine de professionnels sont interviewés. Ils exercent les métiers de psychiatre, d'infirmier(ère) en psychiatrie, de cadre de santé, de cadre supérieur de santé, de psychologue ou d'éducateur(rice) spécialisé(e). Ils travaillent auprès d'adultes, d'enfants ou d'adolescents, en hospitalisation ou en ambulatoire. Durant la crise, ils ont accompagné des patients atteints du Covid, assuré les soins de ceux confinés dans les services, suivi des personnes isolées à domicile. Ils ont parfois été plus à distance, mais toujours dans le souci de répondre aux besoins des personnes atteintes de troubles psychiques. Les encadrants ont veillé à soutenir les professionnels, les membres d'équipes faisant preuve d'une solidarité renforcée.

    Quel regard portent-ils sur cette expérience marquante ? Quels doutes, quelles émotions les ont traversés ? Estiment-ils avoir pu continuer de prendre soin ? Comment définissent-ils le prendre soin en santé mentale ? Quelles sont les perspectives concernant les soins en psychiatrie ? C'est sur toutes ces questions et bien d'autres que les professionnels interrogés livrent leurs réflexions avec profondeur et lucidité. Au-delà, ils décrivent la richesse des métiers de la santé mentale, considèrent l'univers des soins en psychiatrie tel qu'il était avant, tel qu'il pourrait être après. Et si c'était à refaire ?

  • L'entrée de la maladie, du handicap ou de la démence dans une famille perturbe toujours son équilibre. Ce livre montre ce que vivent alors les proches devenus des aidants et propose la mise en oeuvre d'une écoute spécifique pour aider les aidants.

    L'entrée de la maladie, du handicap ou de la démence dans une famille peut être brutale ou lente. L'équilibre familial entre, lui, toujours en turbulence ; il y aura désormais un avant et un après. Que vivent alors les membres de l'entourage devenus des « aidants » ? Qui sont ceux que l'on nomme les « proches aidants » ? Comment, dans ce contexte, aider les aidants, mettre en oeuvre une écoute spécifique ?

    Ces questions sont abordées dans cet ouvrage par Hélène Viennet. Elle apporte un éclairage psychanalytique issu de son expérience clinique auprès des proches aidants et développe une approche psychique des émotions vécues. De nombreuses situations, des paroles d'aidants et de soignants, qui peuvent être démunis face aux difficultés psychiques de l'entourage des patients, émaillent ce livre. Grandes douleurs et petites joies, angoisses et soulagement, éloignements et retrouvailles, les ressentis sont intenses. Parmi les affects éprouvés par les proches, revient souvent la sensation d'épuisement, de ne pas avoir de temps pour soi, de ne pas pouvoir sortir de l'atmosphère de la maladie, de la dépendance. Se reconnaître aidant puis se laisser aider relève d'un cheminement en soi, tant les accompagnants focalisent leur attention sur leur proche. Le besoin d'aide une fois admis, un séjour de répit peut ne pas suffire. Si un « droit au répit » est reconnu, celui-ci correspond avant tout à un temps de pause et un lieu pour se reposer. Cependant, au-delà, pour accueillir au mieux les états de détresse vécus par les proches, souvent isolés, il est essentiel de leur offrir un répit psychique, soit un espace et un temps de rêverie.

    Si chaque histoire est singulière, nombre de personnes aidées, de proches aidants et de soignants qui les côtoient au quotidien à domicile et dans les divers lieux de pratiques pourront se reconnaître dans les situations présentées dans ce livre. C'est un modèle d'accueil de la parole, de possibilité d'une rêverie ouvrant au répit psychique qui leur est proposé en vue de favoriser l'allégement des contraintes et de la solitude.

  • La rééducation des patients atteints de lésions cérébrales relève d'un défi pour les professionnels et la collectivité. Ce soin réalisé à la limite, comme le montrent les nombreuses situations cliniques, requiert une vigilance éthique renforcée. Le patient atteint de lésions cérébrales sévères, suite notamment à un traumatisme crânien ou un accident vasculaire cérébral, requiert une rééducation spécialisée. Ces soins s'inscrivent dans une démarche pluridisciplinaire, visant à préparer un sujet vulnérable à la meilleure qualité de vie possible malgré des limitations physiques, fonctionnelles, psychiques et cognitives. Il s'agit d'aider le patient à donner sens à cette nouvelle allure de vie imposée. L'auteur s'appuie sur sa pratique de médecin gériatre spécialisé en réadaptation afin d'éclairer les particularités des pratiques. L'approche éthique et humaniste qu'il propose a pour ligne d'horizon le juste soin prodigué au sujet dont la vulnérabilité est extrême. De nombreuses situations cliniques sont présentées. Le contexte souvent brutal de la survenue d'un traumatisme, la brusque dégradation de l'état d'un patient cérébrolésé nécessitent des choix difficiles, aux limites de l'engagement premier des soignants. Le médecin de garde appelé en urgence est ainsi conduit, entre autres, à prendre des décisions pour des patients qui ne sont pas forcément en fin de vie, à s'enquérir de directives anticipées formulées bien en amont de la situation actuelle, ou des demandes de limitation et d'arrêt de traitement n'émanant parfois que de la famille. Le soin à la limite peut alors engendrer des actes de désobéissance. Désobéir, c'est ici juger en situation. Une telle pratique raisonnée est éthique lorsqu'elle sert les intérêts du sujet en état limite, est étayée sur la responsabilité envers l'autre comme soi-même, qui nous oblige. Le vieillissement de la population et les progrès médicaux ont par ailleurs pour conséquence une incidence accrue de pathologies considérées comme lourdes et coûteuses. Cette réalité des contraintes économiques pèse sur les choix, mais aussi parfois sur le devenir des patients cérébrolésés. De tels enjeux financiers peuvent alors constituer une limite du soin. La rééducation des patients atteints de lésions cérébrales relève d'un défi pour les professionnels, l'institution et la collectivité. Ce soin réalisé à la limite bouscule les soignants et requiert une vigilance éthique renforcée.

  • Cet ouvrage s'adresse à l'ensemble des acteurs du travail du soin. Il vise à repenser dans une perspective interdisciplinaire et interprofessionnelle le concept fondamental de travail à l'aune de sa spécificité dans les services de soins.La formation initiale infirmière se fait en alternance, avec des temps d'enseignements en institut de formation et des temps de stages dans les établissements de santé. Ce sont ces stages, et les premiers contacts avec les lieux de soins, les professionnels et les patients, qui marqueront souvent le plus les étudiants infirmiers. Le mode d'accompagnement de ces jeunes adultes sur le terrain est ainsi une question majeure. Les auteurs, formateurs en soins infirmiers, livrent leurs réflexions sur les fondements d'un tutorat éthique, tenant compte des difficultés des étudiants et des obstacles rencontrés par les formateurs et les tuteurs. Ils s'appuient sur leur expérience pour décrire des situations de terrain, en insistant notamment sur la question du surplus de responsabilités des étudiants en stage ou sur la prévention des accidents liés aux soins. Ils plaident pour l'idée de positiver l'erreur, le droit de se tromper étant, lui, rendu possible par les pratiques de simulation. La formation pratique constitue en outre le coeur de l'accompagnement de la professionnalisation. De leur côté, les tuteurs sont conduits à renforcer des compétences spécifiques, tandis que, sur le plan institutionnel, il s'agit de faire en sorte que les lieux de stages s'inscrivent dans un environnement favorisant le développement professionnel des étudiants. Ce livre s'adresse aux formateurs, aux tuteurs de stage, aux cadres de santé des services. Il leur offre des réflexions étayées sur la pratique afin de renforcer des dispositifs de tutorat éthiques, d'améliorer le vécu en stage des étudiants tout comme de l'ensemble des acteurs de la formation en soins infirmiers et, au-delà, d'assurer la qualité des soins.

  • Il existe aujourd'hui un usage flottant des termes « prendre soin », « care » et « caring ». Cela suppose que les univers auxquels ces mots renvoient,leurs approches et domaines d'application pourraient être interchangeables. Cet état de fait concerne aussi bien les écrits ou discours destinés au grand public que ceux destinés aux soignants de tout statut, qui constituent le public principal de cet ouvrage. Mais est-il possible d'utiliser indifféremment ces trois notions qui ont une histoire propre ? Ce livre étudie leurs particularités en interrogeant le caractère plus ou moins adapté de leur usage dans le contexte des pratiques professionnelles. Des clarifications sont en effet nécessaires pour tenter de comprendre en quoi le care, le caring ou le « prendre soin » sont des mouvements qui peuvent emprunter des voies différentes. Ainsi, l'éthique du care est née dans le contexte anglo-saxon des études féministes. Ce mouvement a surtout été porté par des philosophes et son déploiement suscite encore des débats, du fait de ses vastes champs d'application, de l'étude du travail féminin à la sphère politique. Le mot « care » est aussi utilisé en lieu et place du terme « soin », tous deux ayant pourtant des acceptions très proches. Le caring constitue une théorie en soins infirmiers et ce mot est encore utilisé pour évoquer tout ce qui relève du soin et du souci de l'autre. La notion de prendre soin est davantage utilisée par les soignants qui l'érigent en valeur humaniste centrale, à entretenir pour que soigner ne se réduise pas à une application mécanique de gestes. Chercher à dévoiler les contours de ce qui se produit auprès des personnes soignées et accompagnées va au-delà d une simple question lexicale. C'est oeuvrer à la reconnaissance d une partie du travail considérée comme essentielle par les différents acteurs concernés. Rendre visible l'intention du soin et l'attention à l'autre, c'est chercher à préserver la perspective soignante des pratiques professionnelles.

  • Plusieurs décennies après leur émergence, les soins palliatifs semblent avoir acquis leur place dans l'univers sanitaire et social. Cependant, il existe encore des freins à leur pleine reconnaissance. Cette réalité est surtout liée à leur objet même : la mort, dans une société où la performance et la rentabilité restent centrales. Dans ce contexte, comment valoriser une discipline qui affronte le corps abîmé, la dépendance à autrui, la souffrance, l'agonie ? Ce livre aborde cette question en s'arrêtant particulièrement sur l'affect de la honte, présent aussi bien chez les patients que chez les professionnels. Il y a en effet de la honte dans cette clinique des franges, cette médecine particulière qui soigne sans guérir. Elle constituerait même, avec la douleur, un des enjeux majeurs de ce champ. Le sentiment d'indignité vécu par les personnes en fin de vie est un autre enjeu essentiel, car il implique une détresse qui peut faire préférer la mort. L'auteure aborde cette réalité des soins palliatifs en mettant en avant l'importance de la réflexion éthique, philosophique et psychanalytique pour parvenir à appréhender la souffrance humaine face à l'approche de la mort. À ces repères réflexifs s'ajoutent des repères cliniques, avec la présentation de nombreuses situations rencontrées, qui permettent de mieux comprendre ce que vit la personne lors de sa dernière expérience de vie. Les soins palliatifs sont aussi inscrits dans une réalité sociétale et connaissent le paradoxe de constituer une part honteuse de celle-ci, tout en suscitant l'admiration. Ainsi perdurent de la confusion et des conflits, parfois au sein même de la profession, tiraillée entre la médecine technoscientifique et la nécessité de prendre soin de la personne dans sa globalité.

    Ce livre s'adresse aux professionnels de soins palliatifs, qui y trouveront une voie pour considérer leur discipline avec le recul éthique propice à l'ouverture à soi et à autrui. Ils y verront aussi des pistes de réflexion pour oeuvrer à sa reconnaissance, avec des luttes toujours à mener, d'ordre clinique, politique et sociétal. Cet ouvrage s'adresse également à toute personne attentive à la question de la fin de vie qui soulève sans cesse des débats publics. Chacun est concerné par cette question car nous partageons une commune finitud

  • L'entretien entre un professionnel de santé et un patient ou son proche est à la fois le coeur et l'outil de la relation. Si un échange peut soutenir les personnes, la seule présence du clinicien ne suffit pas, pas plus que la simple conversation. Pour que l'entretien ait valeur d'acte thérapeutique, il importe que le professionnel adopte une écoute et une attitude spécifiques afin de favoriser l'expression du patient ou de son proche.
    Les auteurs, médecins, soignants, psychologues cliniciens, ne livrent pas des trames d'entretiens valables en toutes circonstances, mais des approches applicables à la singularité de chacun. Ils partagent la richesse de leur pratique quotidienne d'entretiens, qu ils exercent dans des services de réanimation, de médecine, ou dans le champ psychosocial. Ils détaillent la diversité de leurs rencontres avec des patients, leur entourage ou toute personne en besoin d'aide et de soutien, que ce soit dans le cadre d'une consultation dédiée ou de façon plus informelle.
    Les situations cliniques abordées permettent de saisir les enjeux de l'annonce concernant une évolution défavorable en réanimation, la limitation ou l'arrêt de thérapeutiques actives, le prélèvement d'organes, ou la nécessité d'une dialyse. Les psychologues sont aussi conduits à intervenir dans des situations de soutien à la parentalité, face à des personnes âgées, en fin de vie, migrantes, des victimes d'abus sexuel, etc.
    Cet ouvrage fournit à l'ensemble des professionnels de la santé des repères pour veiller à ce que l'entretien soit un acte thérapeutique. Il s'agit de contribuer à une avancée vers un mieux-être du patient ou de ses proches, qui vivent des expériences générant des émotions intenses.

  • Cet ouvrage aborde la nécessité de réfléchir ensemble au sens du prendre soin et du fait d'être soigné pour mettre en valeur l'importance d'une implication personnelle de chacun dans la relation en vue de soins de qualité. Les pratiques de soin donnent parfois l'impression de se limiter à des actes visant à réparer le corps malade ou traumatisé, à le remettre en état pour retrouver une vie normale.
    Les professionnels de la santé manifestent une gêne voire une souffrance face à cette réalité des conditions d'exercice. En effet, cette vue réductrice ne met pas en valeur le sujet en difficulté, souvent en crise dans l'expression de son humanité. L'autre est alors considéré comme objet de soins, non reconnu personnellement dans sa dignité humaine. Or, toute pratique de soin implique une situation relationnelle humaine qui ne peut pas être négligée.
    L'auteur livre ses réflexions en vue de contribuer à garder vive la nécessité de prendre soin du sujet, à soigner en étant présent à l'autre. Pour ce faire, il rappelle les conceptions historiques et philosophiques de la notion de personne ainsi que les enjeux de la relation de soin. Cette rencontre exige que le soignant s'engage personnellement auprès de la personne soignée. Il montre également les enjeux éthiques de la personnalisation dans les activités de soin.
    Les pratiques aussi bien médicales qu'infirmières sont prises en compte, notamment dans les conditions de grande vulnérabilité ou les soins palliatifs. Le malaise que ressentent aussi bien les soignants que la population vis-à-vis du monde hospitalier exige une réflexion qui dépasse les seules contraintes économiques ou difficiles conditions de travail. Il s'agit de réfléchir ensemble au sens du prendre soin et du fait d'être soigné afin de mettre en valeur la nécessité d'une implication personnelle de chacun en vue de soins de qualité.

  • La place qu'occupent les personnes âgées dans la société et les organisations de soins suscite des interrogations éthiques, avivées par la vulnérabilité spécifique au grand âge et l'attention qu'elle requiert. Ces questions concernent tout un chacun, étant donné que nous sommes amenés à vieillir, à nous occuper d'un proche âgé et que nous avons tous des représentations sur le vieillissement. C'est le cas aussi des professionnels de la santé, qu'ils travaillent dans le secteur de la gériatrie, dans tout autre service ou à domicile.

    Les auteurs, soignants, gériatres, psychologues, formateurs ou philosophes, proposent leurs réflexions sur le vieillissement en s'interrogeant plus particulièrement sur le respect de l'identité et de la liberté des personnes âgées. Sont ainsi passés en revue : la question de l'enfermement et de la liberté d'aller et de venir dans un établissement d'hébergement, les situations de soins aigus, le choix du lieu de vie pour une personne atteinte de troubles cognitifs, le travail en réseau, les séjours de répit pour les aidants et les personnes accompagnées, etc.

    Au regard des nombreuses questions éthiques liées au vieillissement, à leurs implications pour les personnes qui le vivent et leur entourage, l'offre de services et de soins devrait constamment s'adapter. Il s'agit, dans les pratiques, de s'évertuer à prendre en compte les ressources et potentialités des personnes âgées en vue de garantir leur identité et leur liberté d'êtres humains. L'ensemble des professionnels de la santé qui prennent soin au quotidien de ces personnes, en institution, dans les établissements de soins ou à domicile, sont concernés par cette vigilance éthique requise pour la qualité de la considération des personnes et celle des soins.

  • Ce livre décrit les fondements de l'éthique du soin et des situations qui nourriront la réflexion des professionnels de la santé qui, au quotidien, cherchent à relier le sens et le concret de l'action, à garder le cap de la perspective soignante.
    L'éthique du soin est souvent appelée à la rescousse par des organisations et des professionnels de la santé dont le travail est en crise, parfois en panne. Un étayage éthique est plus nécessaire que jamais pour attribuer du sens aux actions, prendre du recul, évaluer ou réévaluer des situations, ou tout simplement réfléchir ensemble au bien commun. Encore faut-il que cette éthique soit ramenée à ses sources et reliée au plus concret des situations cliniques et organisationnelles afin d'ouvrir des horizons d'intervention, des perspectives d'ajustement des pratiques soignantes.

    C'est ce que propose Michel Dupuis dans ce livre, fort de ses enseignements auprès des étudiants aux divers métiers de la santé et des professionnels conduits à se former tout au long de la vie. La réflexion et la formation sont des dimensions intrinsèques des métiers de l'aide et du soin qui requièrent un incessant mouvement de renouvellement de la pensée, de réorientation des actions. Sont ainsi proposées des mises au point sur les fondements de l'éthique du soin, les apports philosophiques éclairant la pratique. Cultiver du sens sans y associer un comportement concret tournerait en effet à vide, tandis que des actes dépourvus de sens sont déshumanisants voire dangereux. Il s'agit de faire se rejoindre l'éthique clinique (du sens de l'action soignante) et l'éthique organisationnelle (des conditions de cette action). Est aussi révélée la richesse du déploiement de l'éthique dans l'univers du soin, que celle-ci soit appliquée aux aspects organisationnels, pédagogiques, au soin des patients jeunes ou âgés, etc.

    Les repères fondamentaux proposés dans ce livre et les situations évoquées nourriront la réflexion des formateurs, des étudiants et des professionnels de la santé en exercice qui, au quotidien, sont engagés dans des questionnements éthiques. Ils verront les cheminements possibles pour relier le sens et le concret de l'action, tenter de garder le cap de la perspective soignante.

  • Cet ouvrage dessine les contours des soins ambulatoires en psychiatrie, toujours plus en développement, sous la forme de récits qui reflètent la variété des possibilités d'accompagnement de patients acteurs de leurs soins.
    Les soins ambulatoires en psychiatrie sont toujours plus amenés à se développer, mais cerne-t-on suffisamment les multiples possibilités d'accompagnement qui s'offrent aux professionnels de la santé mentale ?

    Cet ouvrage en dessine les contours sous la forme d'un recueil de récits qui explorent ce qui se passe dans la tête d'un infirmier psychiatrique engagé. Chaque texte raconte avec style une histoire vécue par le soignant. En partageant ainsi ses émotions et réflexions, il interpelle le lecteur, conduit à se demander ce qu'il aurait lui-même fait dans la situation présentée. Si la théorie n'envahit pas le propos, elle sous-tend chacun des textes où la clinique est toujours au premier plan. Ces récits reflètent la variété des situations croisées dans le lieu de vie de patients acteurs de leurs soins, qu'il s'agisse de décrire la rencontre d'une patiente borderline qui s'automutile à domicile, les ressources psychiques d'un lycéen aux idées suicidaires, les échanges avec un patient hypochondriaque qui met une équipe en échec, ou d'accompagner des familles en souffrance. Le lecteur accompagne l'auteur dans ses visites à domicile, accueille avec lui des patients au centre médico-psychologique (CMP), emboîte son pas dans les rues de Gap, le voit animer des activités de médiation dans un hôpital de jour. Il explore avec lui les différents fils relationnels mobilisés par ces soins.

    Au fil des pages se dessine un art de soigner aux antipodes des protocoles et des conduites à tenir. S'il ne s'agit pas d'un livre de cours, cet ouvrage peut être utilisé par les formateurs dans leurs enseignements. Les infirmiers en exercice y verront l'occasion d'une série de questionnements cliniques à mener individuellement ou en groupe. Les étudiants y saisiront l'importance d'écouter les patients, d'observer leur attitude, de veiller à leur place dans le monde. Au-delà des représentations négatives de la folie et des peurs qu'elle suscite, l'interaction entre soignant et patient constitue une part essentielle du travail en santé mentale. Chaque rencontre est singulière et requiert une réponse à chaque fois unique et originale.

  • Cet ouvrage s'adresse à l'ensemble des acteurs du travail du soin. Il vise à repenser dans une perspective interdisciplinaire et interprofessionnelle le concept fondamental de travail à l'aune de sa spécificité dans les services de soins.
    Le travail du soin ne repose pas que sur des compétences certifiées ou des actes techniques. Un regard, un geste, une présence, une écoute... : il tient pour beaucoup à ce qui ne s'inscrit pas dans les tableaux de bord. Ces dernières années, les transformations organisationnelles ont grandement modifié, voire altéré, les conditions dans lesquelles les soins sont apportés. Indicateurs de qualité, mesure de la rentabilité, cotation des actes : tout le travail du soin doit pouvoir être passé à la toise des managers. Comment expliquer que l'attention à l'autre fasse l'objet d'une telle déconsidération institutionnelle ? Comment prendre soin du travail alors qu'il suscite fatigue de la compassion voire épuisement professionnel ?

    Les auteurs, chercheurs en sciences humaines et sociales, soignants, personnes atteintes de maladies rares, étudient ces questions en interrogeant les conditions de possibilité du travail du soin. Ils analysent en particulier la valeur intangible de la relation dans le contexte d'organisations en tension. Les tensions découlent des rapports de pouvoir, des dispositifs de rationalisation et d'une certaine idée du management. Ils questionnent aussi la valeur travail, si difficile à juger lorsque l'essentiel de la pratique est invisible. Peut-être a-t-on pensé un peu vite que, comme elle n'était pas mesurée, elle ne comptait pas. Il s'agit alors de voir comment prendre en compte cette part impalpable du travail du soin afin de prendre soin du travail et, au-delà, de la qualité des soins et de la relation.

    Cet ouvrage s'adresse à l'ensemble des acteurs du travail du soin. Il vise à repenser dans une perspective interdisciplinaire et interprofessionnelle le concept fondamental de travail à l'aune de sa spécificité dans les services de soins.

  • Les étudiants infirmiers se lancent pour beaucoup dans les études afin de pouvoir prendre soin des patients, tandis que les infirmières ou les soignants se disent le plus souvent tiraillés entre leur idéal de prendre soin et la réalité d'un travail contraint. Mais que recouvre cette notion, souvent mise en lien avec le care, opposé au cure ?
    Ce livre propose un tour approfondi de 150 mots clés en lien avec le prendre soin.

    Cet ouvrage couvre des notions aussi diverses que l'accompagnement, l'accueil, le besoin, la bientraitance, la compassion, la confiance, le dialogue, l'équipe, la famille, l'humanisme, le partenariat, la personne, la vulnérabilité, etc., toutes notions équivalant le plus souvent aux valeurs soignantes fondamentales.

    Propose pour chaque notion une définition, des points de veille, des questions éthiques et pratiques qui serviront :
    - aux étudiants infirmiers, à qui l'on demande notamment des recherches conceptuelles pour la réalisation de leur mémoire ;
    - aux formateurs, en point d'appui à leurs enseignements ;
    - aux professionnels pour préparer des réunions d'analyses de pratiques.

    Cet ouvrage vise non pas à fixer un vocabulaire commun à l'ensemble des professionnels, mais à entretenir la réflexion de chacun autour de notions qui participent à la spécificité du métier infirmier en particulier, à la reconnaissance du statut de soignant en général.

empty