Gallimard

  • Le 4 septembre 1843, Léopoldine, la fille aînée de Victor Hugo, se noie dans la Seine avec son mari. À cette date, le poète laisse une page blanche dans ce recueil qui lui est dédié, où des pointillés marquent l'absence. Il lui construit un mausolée de mots, de poèmes splendides, joyeux parfois quand il se souvient d'elle entrant chaque matin dans sa chambre et qu'il l'attendait «ainsi qu'un rayon qu'on espère». Mais la douleur morale ternit le bonheur passé et la vie tourne au chaos : «Tout vient et passe ; on est en deuil, on est en fête.» Restent des vers inoubliables, qui sauront aussi nous accompagner.

  • Après le décès de son père adoptif Michel et la découverte de la tumeur qui ronge le dos de son père biologique, Éric Fottorino décide de se tourner vers cet homme qu'il a rejeté, qu'il pense haïr. S'ensuit un échange de mails : chaque soir, l'auteur envoie à son père une question à laquelle celui-ci lui répond, le lendemain.
    Poignante déclaration d'amour filial, ce récit autobiographique interroge les difficultés inhérentes à la filiation, le merveilleux et encombrant poids de l'hérédité. Un texte très émouvant.

  • Le petit Simon n'a pas de papa.
    Lors de son premier jour d'école, les autres enfants, cruels, se moquent de lui et le battent, répétant mécaniquement le mépris que leur mère éprouve pour la Blanchotte, cette « fille-mère ». Le petit garçon, en sortant de l'école, prend la résolution d'aller se noyer dans la rivière.
    Intervient alors Philippe Rémy, un forgeron au grand coeur. Celui-ci acceptera avec bonne humeur d'être son papa, pour rire d'abord, avant de s'attacher véritablement à l'enfant et la mère, qu'il épousera... Alors cesseront, à l'école de Simon, les brimades des autres enfants.
    D'autres nouvelles, sur d'autres pères, suivent Le Papa de Simon dans cette jolie anthologie.

  • « Je ne suis jamais vraiment arrivée à croire que cette activité clandestine, tout ce travail de fourmi, servait à quelque chose. Je voyais les soldats de la Wehrmacht, sanglés dans leurs ceinturons brillants, leurs bottes martelant le pavé, je me disais : «Ils sont les plus forts, nous ne sommes rien, nous sommes comme des insectes qui s'agitent en tous sens.» » Munich, février 1943. Sophie Scholl et son frère Hans, noyau dur de la « Rose blanche », sont arrêtés par la Gestapo alors qu'ils distribuaient des tracts anti-Hitler dans leur université. Dans l'attente du verdict, leur amie Elisa écrit pour conjurer l'angoisse. Elle raconte ses parents prohitlériens, la Nuit de cristal, Léo, le jeune Juif dont elle est amoureuse et qui a disparu. Elle raconte aussi la peur qui la paralyse et l'empêche de s'engager comme ses proches.
    Entre fiction et réalité historique, Paule du Bouchet nous livre un journal intime poignant pour découvrir une figure héroïque de la résistance à Hitler, et nous poser une question : qu'est-ce qui fait un héros ?

    Quelques exemples saillants pris dans le dossier :
    Je découvre - Le terme Gestapo, créé en 1936, combine les initiales de Geheime Staats polizei, et désigne la police secrète d'État du IIIe Reich.
    J'analyse - Paule du Bouchet utilise en permanence l'analepse, c'està- dire le retour en arrière, pour structurer les lettres d'Elisa. Par ce biais, le lecteur suit les méandres de ses souvenirs.
    Nous avons la parole - Organisons le débat : Seriez-vous prêt(e) à vous engager comme Sophie ?
    Prolongements - Groupement de textes : Lettres et carnets d'Hans et Sophie Scholl. Histoire des arts : affiche du film Sophie Scholl, les derniers jours, de Marc Rothemund ; affiche de propagande hitlérienne (1935) ; « Hourra, il n'y a plus de beurre ! », photomontage de Helmut Herzfeld (1935) ; Les Inaptes au travail de David Olère...

  • Stace, Ovide, Homère... Le mythe d'Achille est passé par toutes les plumes. Cette anthologie regroupe des fragments de la vie du héros racontée par divers auteurs, de sa naissance - il est le fils d'un homme, Pélée, roi des Myrmidons, et d'une déesse, Thétis -, à sa mort, d'une flèche empoisonnée décochée par Pâris, qui l'atteint au talon, seule partie vulnérable de son corps.

    On découvre entre-temps, au fil de la lecture, l'envergure de ce héros, favori des déesses Héra et Athéna, remarquable par son courage et sa fermeté d'âme... mais également personnage au caractère ombrageux, rancunier et violent envers ses adversaires.

    Cependant, fidèle ami ou sanguinaire guerrier, Achille a bien eu la vie brève mais glorieuse qu'il souhaitait - plutôt qu'une existence longue mais anonyme : des milliers d'années après sa destinée légendaire, il continue à faire couler l'encre.

  • Avec Don Juan, Molière a mythifié l'homme aux mille conquêtes. Aujourd'hui, son nom est même employé pour désigner un bourreau des coeurs! Flamboyant, infidèle, audacieux, provocant : Don Juan attise la haine autant qu'il suscite le désir. À ses côtés, son fidèle serviteur (Sganarelle réinterprété par Mozart, Éric-Emmanuel Schmitt, Jean Anouilh...) ne sait plus comment le raisonner. Et à force de se jouer du monde entier, Don Juan aura droit à une fin aussi spectaculaire que douloureuse. Mais derrière le séducteur se cache un être plus profond qui vit au nom d'un principe inébranlable : la liberté.

  • Voici comment se termine Le prud'homme qui sauva son compère. Celui qui a été secouru ne serait donc pas reconnaissant à celui qui lui a fait du bien? La nature humaine est pleine d'imperfections, les fabliaux sont là pour en témoigner! Ces petites histoires mettent en lumière la gourmandise, la bêtise, la faiblesse... Et même si elles se terminent par une moralité, pour la morale, on repassera!

    + un dossier en quatre parties :
    Je découvre.
    J'analyse.
    Nous avons la parole.
    Prolongements.

  • Un voyageur visitant une colonie pénitentiaire est appelé à donner son avis sur le système judiciaire qui y est appliqué. Un officier, grand admirateur de l'idéologie de l'ancien commandant, lui présente une machine de torture infernale conçue par son mentor : elle inscrit dans la chair du prisonnier le commandement enfreint, de plus en plus profondément, et ce jusqu'à ce que mort s'ensuive... L'officier passionné finira par remplacer de son plein gré le condamné torturé par la machine, la sentence choisie pour s'enfoncer dans sa propre chair étant : « sois juste ».

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