Desjonqueres

  • Dès le début du XVIIIe siècle, la littérature met en scène et construit une figure de l'esclave qui dit, non sans ambiguïté, sa souffrance et sa révolte et qui prête sa voix à toutes sortes de revendications libertaires ultérieures. L'entrée des esclaves dans la fiction chez des auteurs comme Montesquieu, madame de Staël, Flaubert, Olympe de Gouges, Hugo etc. montre toute la richesse d'un thème qui traverse les siècles (de la fin du XVIIe au début du XXe) et les genres (roman, poésie, théâtre) et sera toujours utilisé pour dénoncer différentes formes d'oppression, de discrimination - de la femme, de l'ouvrier, du peuple.

  • Avant d'être un texte philosophique ou une confession transposée, La Nouvelle Héloïse est un roman, le plus beau roman français du 18e siècle, qui a marqué de son infl uence toute l'évolution ultérieure du genre. Rousseau y intègre la totalité du monde contemporain : gens et choses, société et nature, idées et sensibilités. L'importance de cet ouvrage va se manifester à longue échéance,ouvrant la voie à de nombreux imitateurs, qui inventent un nouveau roman sensible et un nouvel idéal social et féminin.
    L'exploitation idéologique, esthétique et poétique du modèle proposé par Rousseau est l'objet du présent livre.

  • L'histoire de la littérature, telle que l'a pratiquée Robert Mauzi, tient à la fois de la science et de l'art. Dans cet essai sur madame du Châtelet, trop souvent réduite au statut de compagne de Voltaire, R. Mauzi met en valeur une femme passionnée par la vie, douée pour la philosophie comme pour les sciences, animée par l'exigence de comprendre le monde. Une vraie femme des Lumières, la seule peut-être qui incarne, en France, le coeur et l'esprit de son siècle.
    Sous la plume de Robert Mauzi, la connaissance du passé vibre d'une interrogation sur les sensibilités d'aujourd'hui, nos plaisirs et nos peines.

    Robert Mauzi (1927-2006) fut professeur à l'Université de Lyon, puis à la Sorbonne. Dès sa parution en 1960 L'idée du bonheur dans la littérature et la pensée françaises au XVIIIe siècle s'est imposé comme une somme sur les Lumières, régulièrement rééditée. Elle a fait connaître Robert Mauzi, l'ami intime de Michel Foucault et de Roland Barthes, comme un de nos plus subtils historiens des idées.

  • Jean-Paul Sermain porte un regard neuf sur l'ensemble du théâtre de Marivaux, reliant les pièces entre elles pour mieux dégager leur propos commun et leur singularité.
    L'angle de vue est celui de la mise en scène : Marivaux en effet tient compte dans ses pièces des règles propres à la représentation théâtrale qui réunit, devant les spectateurs, des personnages dans un espace restreint et pour un temps limité. Il utilise, leur présence simultanée, leur action, leur jeu, leur évolution, pour peindre l'homme d'aujourd'hui, désormais responsable de son destin. Avec Marivaux, nouveau genre, nouveau style.

  • Pour qui s'intéresse aux formes les plus subtiles de la pensée morale en Europe, ceux que l'on nomme les " moralistes " brillent d'un éclat particulièrement vif. Le moraliste se présente souvent comme " un anatomiste du coeur " OU un spectateur de la vie, non comme l'architecte d'un système ou le porte-parole d'une doctrine générale. La présente enquête collective est tout entière guidée par le souci de s'interroger sur les significations proprement historiques et politiques émanant de l'oeuvre des moralistes. Et cela, depuis ce moment de crise politique et morale qui fut celui de La Rochefoucauld jusqu'à l'ère du soupçon de Nietzsche et de ses successeurs : ainsi, tout près de nous, Emil Cioran et Jacques Derrida. Entre ces deux pôles, des lieux essentiels de la pensée et de l'écriture morales sont revisités en ce livre : de La Bruyère à Marivaux, de Graciàn à Vauvenargues et à Chamfort, de Diderot à Joubert.

  • Notre époque n'a pas l'exclusivité des débats sur la nourriture. Au XVIIe siècle déjà, le moraliste, le prêtre et le médecin s'acharnent contre la bonne chère. Combattu en public, le mangeur trouve dans le privé son refuge ; exclu de la hiérarchie littéraire, absent des genres nobles, il habite les genres ignobles : la farce, le conte, le roman comique, la poésie burlesque. C'est en ces basses terres qu'on le trouve : là, l'homme de lettres, l'historien, le dévôt, le libertin, le philosophe, l'homme de science, même le représentant de l'ordre, chacun tour à tour s'en empare pour le brûler ou l'adorer. Pourtant, malgré tous ces obstacles, entre la Fronde et la Révolution, quelque chose se constitue qui rendra possible l'apparition de l'écriture gastronomique. Pour que viennent Grimod de la Reynière et Brillat-Savarin, il fallait d'abord que se définisse une légitimité culturelle de la bonne chère et de l'art culinaire, une cuisine mise au rang des beaux-arts, comme on le dira au XIXe siècle. Il fallait que ses détracteurs s'apaisent ; que le plaisir gustatif obtienne une noblesse ou, mieux, une caution bourgeoise ; que la cuisine enfin acquière son autonomie, qu'elle s'extraie de l'agriculture, de l'économie domestique et de la pharmacopée, parmi lesquelles elle demeurait comme engoncée. L'École de la gourmandise a pour objet cette émancipation. Il ne s'agit donc pas ici d'histoire de l'alimentation, mais plutôt d'histoire littéraire de la sensibilité gastronomique. En parlant du passé, il s'agit encore de nous, de nos angoisses, de nos plaisirs.

  • L'oeuvre de Rétif de la Bretonne - plus de 200 ouvrages - apparaît, comme emblématique de la grande mutation sociale qui au cours de la Révolution française opposa les valeurs communautaires de l'Ancien régime et les valeurs individuelles de la civilisation urbaine. Rétif, en observateur éclairé du monde extérieur, greffe toutes ses fictions sur une expérience vécue. Romancier de la paysannerie et du petit peuple des villes happé par la modernité urbaine, Rétif exprime admirablement cette tension entre une communauté rurale et familiale fondée sur des liens affectifs et spirituels à laquelle se serait substituée une civilisation urbaine fonctionnelle et impersonnelle.

  • L'histoire de la littérature, telle que l'a pratiquée robert mauzi, tient à la fois de la science et de l'art.
    Dans cet essai sur madame du châtelet, trop souvent réduite au statut de compagne de voltaire, r mauzi met en valeur une femme passionnée par la vie, douée pour la philosophie comme pour les sciences, animée par l'exigence de comprendre le monde. une vraie femme des lumières, la seule peut-être qui incarne, en france, le coeur et l'esprit de son siècle. sous la plume de robert mauzi, la connaissance du passé vibre d'une interrogation sur les sensibilités d'aujourd'hui, nos plaisirs et nos peines

  • Le présent ouvrage envisage les rapports entre le conte merveilleux et les arts du spectacle, depuis les opéras de la fin du XVIIe siècle jusqu'aux premières tentatives cinématographiques du XIXe. Durant cette période, en effet, le goût du merveilleux, du magique et du surnaturel est essentiel au spectacle théâtral.
    Rien de ce qui se développe dans les arts du spectacle n'est indépendant du conte de fées et de son prolongement dans le conte oriental : le conte de fées littéraire subit dès sa naissance l'influence de l'opéra, dont il tend à intégrer les scénographies, les airs, les chorégraphies ; le conte oriental emprunte à la farce, à la sotie, à la parade, use des artifices de l'illusion théâtrale et intègre sous les figures du charlatan et du fakir tout un monde picaresque spécialisé dans la mystification par le jeu, les décors et tous les artifices scéniques.

  • Le roman noir surgit dans l'espace européen à la fin du 18e siècle, à une époque de troubles et de doutes. La vogue des romans gothiques terrifiants, venue d'Allemagne et d'Angleterre, a marqué durablement la littérature française. Héroïnes évanescentes et moines lubriques se retrouvent dans des cadres terrifiants au bord d'abîmes réels ou métaphoriques. Les publications - entre effroi et émerveillement - se sont multipliées pour dire l'angoisse de l'homme aux prises avec un destin qui le dépasse, pour tenter d'expliquer ou d'enregistrer l'irrationnel, pour accueillir l'imagination dans toute sa démesure. Richement illustré, cet ouvrage interroge les sources mêmes de notre modernité.

  • Sade prend la route pour l'Italie une première fois en 1772, et se rend à Venise avec sa belle-soeur qu'il vient de séduire. Il a alors trente ans. Son second voyage, trois ans plus tard, durera un an. Cet essai - éclairé par des pièces d'archives - montre à quel point toute l'oeuvre romanesque de Sade est influencée par ses séjours dans la péninsule : les moeurs des populations qu'il côtoie, les oeuvres d'art qu'il visite, le milieu social qu'il fréquente : aristocrates, scientifiques, médecins ou aventuriers. C'est également en Italie que Sade élabore ses idées philosophiques sur la nature. Quelques années plus tard, lorsque l'écriture sadienne émerge, on peut dire qu'elle est coulée dans le creuset italien.

  • Le XVIIIe siècle s'est longtemps défini comme le temps des certitudes et des grandes idées : nature, bonheur, libertinage, Lumières et raison militante, autant d'étendards qui dessinent le visage d'une époque placée par la Révolution sous le double signe de la perfectibilité et de la philosophie.
    Cette lecture, fondée sur le programme de l'Encyclopédie et le triomphe du savoir dans les années 1760, laisse pourtant dans l'ombre l'autre visage du siècle : celui qui élit la marge comme espace légitime, il est des auteurs inclassables et des oeuvres qui échappent aux codes de leur époque. Ce volume se propose d'examiner du XVIIIe siècle non plus ce qui se construit avec évidence, mais ce qui se défait ; de privilégier sur la constitution des savoirs leurs mutations, sur l'identité le mouvement, sur la certitude les dissolutions ; d'explorer, au lieu des espaces familiers, les terres inconnues qui jouxtent les frontières.
    De la Régence, partagée entre l'autorité du Grand siècle et la volonté de rupture, au Consulat, dont le monde en ruines impose une refondation des modèles, de nouvelles figures émergent, qui révèlent une prédilection pour les trajectoires à l'écart. Les textes réunis dans cet ouvrage interrogent, à partir de différents corpus (fictions, mémoires, dictionnaires, écrits sur l'art et la musique), ces parcours dissidents du XVIIIe siècle.

  • Émile forme un sommet de l'oeuvre de Rousseau. Dans cet ouvrage il renouvelle la conception de l'enfance, de la jeunesse et de l'amour, élaborant une éducation suivant la nature qui reste compatible avec la vie civile.
    Que faire de Rousseau dans nos vies ? Ce livre collectif multiplie les approches littéraires et philosophiques que ce texte appelle. Il en mesure son pouvoir d'effraction, la prise qu'il continue d'avoir sur nous parce qu'il met à l'honneur le bonheur de l'enfant. Pour le meilleur et pour le pire, la modernité pédagogique en dépend.
    C'est à partir d'Émile que se découvre l'ensemble de la pensée, de la grandeur de Rousseau et sa persévérante actualité.

  • L'histoire de l'imposture suit l'histoire de la vérité comme son ombre. « L'imposture triomphe dans le mensonge,  c'est l'âme de la vie sociale » écrivait Leopardi. Mais où l'imposture réside-t-elle au juste ? sur quoi se fondent, selon les cas et les époques envisagés, les jugements que l'on porte sur elle  ? En cette enquête collective, on s'est attaché à interroger quelques représentations de l'imposture hautement symptomatiques et à sonder, entre littérature, philosophie et sciences, les déplacements des problématiques qui lui furent associées  sur la longue durée.
    Ce livre a pour ambition de mieux cerner certaines grandes fi gurations de l'imposture et leurs paradoxes fécondants.

  • Quelle est l'origine de la Terre¤? de l'humanité¤? de la religion¤? des langues¤? des idées¤?
    Depuis le XVIIe siècle et durant tout le XVIIIe siècle, la littérature et la philosophie ont été hantées par la question de l'origine. Pour penser cet état des choses, il s'agit de retrouver les premiers commencements, identifi és à un hypothétique état de nature.
    Cet ouvrage se propose d'examiner en quoi cette réfl exion sur l'origine a partie liée avec la fi ction.
    Le temps des origines est par défi nition le lieu de l'(af)fabulation. Mais les premiers commencements étant inaccessibles à l'enquête, il s'agit de concevoir des équivalents : en forgeant des modèles théoriques, la fi ction devient un laboratoire de l'origine. Ce geste critique est aussi le signe d'une libération de l'imaginaire.

  • Autour du Brigand - brigand de grand chemin, contrebandier, escroc et autre cambrioleur agissant surtout en bande - se constitue, à partir du 18e siècle, une sorte de panthéon populaire dont les héros, en France, sont Cartouche et Mandrin. Balafré, au langage argotique et aux multiples identités, le brigand renvoie à tout un imaginaire qui, prenant pour modèle le " brigand au grand coeur " lui attribue des qualités de courtoisie et de générosité bien souvent démenties par les " brigands des archives ".
    Dans le monde judiciaire, le fantasme des brigands agissant contre l'État est vivace. Puis, lorsque la menace du brigand s'efface peu à peu de la réalité quotidienne, il devient dans l'univers romanesque une figure pittoresque, symbole d'une liberté radicale.

  • Tout le monde croit savoir que la mise en scène en Europe est née vers les années 1880. À cette question sur l'origine, cet ouvrage propose une autre interrogation : comment diable s'y prenait t-on auparavant ?
    De nombreux documents sollicités et interprétés ici permettrent d'envisager comment s'élaborait un spectacle; la manière dont les différents artistes travaillaient ensemble; le contrôle du jeu des comédiens, celui de l'image scénique, de l'interprétation des textes.
    À partir des années 1750, la naissance et l'extension du public, sa composition sociale et ses goûts, sa capacité d'intervention dans la vie politique, déterminent une esthétique dramatique nouvelle. Un nouvel équilibre de la représentation théâtrale finit par naître.
    Ce phénomène qui a concerné toutes les traditions théâtrales, s'étend des années 1650 jusqu'au l'apparition de ce que nous appelons le " metteur en scène ".

  • Au siècle des Lumières, on s'intéresse à la théorie des climats, à l'histoire des cataclysmes ayant bouleversé la planète dans le passé- en particulier aux orages et aux tempêtes. Des hypothèses nouvelles sont proposées sur le rapport entre l'homme et la nature. La littérature, la musique, la peinture témoignent à leur façon des interrogations contemporaines. Sur le plan politique, un "cataclysme" sans précédent, la Révolution, est aussi pensé à l'aide de la métaphore de la tempête. De nombreux historiens du climat et d'autres spécialistes des sciences humaines étudient ici "l'événement climatique" et les désordres exceptionnels du monde (cataclysme météorologique) ainsi que ses résonances symboliques dans le domaine des lettres, de la musique et de la peinture.

  • Galland est le premier éditeur français, au tout début du 18e siècle, de contes arabes célèbres depuis le 9e siècle, intitulés Les 1001 nuits. En réalité après avoir traduit pour partie des manuscrits syriens datant du 15e siècle, Galland a complété pour plus de la moitié en puisant dans les immenses ressources du conte oriental. Le projet de Galland était de faire découvrir à la France lettrée et à l'Europe la première oeuvre littéraire arabo-musulmane.
    Le livre de Galland a ainsi contribué à nourrir la curiosité pour l'Orient et à accéder à une meilleure compréhension de leur civilisation. Galland a créé dans la pensée et le conte oriental une oeuvre française, il a créé dans la pensée et le conte français une oeuvre orientale. Cette double dynamique sert de guide à cet essai.

  • Le Goût des larmes au XVIIIe siècle présente une enquête sur le pathos en un siècle où l'on a beaucoup pleuré, seul ou en public, au théâtre ou en famille, en lisant ou en écrivant. Pleurer, c'était manifester sa sensibilité et donc sa vertu. Mais les larmes ont aussi un prix et le pathos peut donner lieu à une forme de marchandisation des émotions. Cette notion paradoxale emprunte à la fois au sublime et à l'obscène. Elle s'inscrit dans une esthétique fondée sur le mélange des genres et cherche à exprimer l'inexprimable pour échapper au silence. Demander à cette littérature pourquoi elle pleure revient à comprendre à quoi elle pense. Cela nous permet de lire en miroir la société contemporaine où l'on assiste à un retour du pathos dont témoignent la téléréalité.

  • Sur fond d'un monde qui s'effondre, émerge un nouveau type social et, très vite, littéraire: l'émigré.
    Le mot naît avec la révolution qui refoule hors des frontières marquis et domestiques, artisans et oisifs. l'émigré est l'étranger par excellence, qui arrive au sein d'une communauté étrangère. doit-il maintenir ses coutumes ou se plier à celles de ses hôtes ? peut-il survivre de ses rentes ou se voit-il contraint de convertir en métier d'anciennes occupations de loisirs ? est-il un individu à honorer, figure christique de la souffrance, ou le porteur d'une gangrène terrible dont on craint la contagion au sein de communautés heureuses ? les contemporains tentent de donner sens à la redéfinition des rapports humains, de la carte de l'europe et des préjugés millénaires dans des fictions qui sont autant de réponses à une expérience vitale inédite.
    Figure du destin individuel pris au piège d'un tourment collectif, le personnage de l'émigré représente une parfaite métonymie de l'irruption de l'histoire dans la vie de chacun.

  • C'est la grande affaire des lumières : on n'échappe guère à la petite vérole qui tue et défigure.
    Apparaît alors en europe une méthode d'immunisation pragmatique, l'inoculation, remède dangereux pour les uns, poison salutaire pour les autres : il s'agit de contaminer un sujet sain pour tenter de contrôler l'évolution du mal. l'impact sur les mentalités comme sur l'imaginaire est immédiat et sera durable. les inoculistes suscitent admiration, opprobre, méfiance. leur pratique révèle ou aiguise les interrogations, les hantises et les espoirs du siècle.
    Voyageurs, scientifiques, journalistes, écrivains ou librettistes entrecroisent leurs discours. les femmes ne laissent pas de jouer un rôle essentiel dans le débat. de la littérature à la religion, de la philosophie à la médecine, de la mode aux mathématiques en passant par la politique, aucun domaine n'échappe à l'étude que propose catriona seth de ce fait culturel global. tout en apportant une contribution de choix à l'histoire des représentations, elle soulève des questions qui restent les nôtres : les devoirs de l'état en matière de santé publique, le lien entre risque individuel et bien collectif, le droit pour chacun de disposer de son corps, la relation de l'homme à la maladie et à la mort.
    à l'heure du questionnement bioéthique, cette enquête est décisive.

  • Véhicule privilégié des voyages dans le temps, le cinéma semble avoir vocation à réveiller les fantômes du passé, à leur redonner présence et vie.
    L'histoire du 18e siècle, les puissantes ou séduisantes mythologies des Lumières, ont exercé sur les cinéastes une fascination assez forte pour les inspirer sous toutes les latitudes et à toutes les époques. Pour se réapproprier cet héritage du siècle des Lumières, le cinéma renoue tout naturellement avec la sensualité, la théâtralité et la liberté de ton du 18e siècle. Dans les films évoqués - ceux d'Éric Rohmer, de Milos Forman, de Sofia Coppola etc. - le spectateur voit, entend, respire un « air » 18e siècle. Ainsi, un dialogue créatif s'instaure entre le siècle des Lumières et le nôtre.

empty