Armand Colin

  • Le critique gastronomique est un animal étrange qui n'a qu'une bouche, un ventre, deux yeux, une langue, mais doit parler, pour l'humanité gourmande, de ce qu'il mange, aime, déteste, découvre, admire. Il établit des hiérarchies, se pose en défenseur du consommateur et en arbitre du (bon) goût, livre ses émotions, fait partager ses craintes, ses agacements, ses hantises. Il est détesté, adulé, respecté, craint, comme l'inspecteur scolaire qui visite ses objets d'étude. Un animal à part ? Il y a de ça. Gilles Pudlowski nous montre en tout cas que le chroniqueur gourmand est un bourreau de travail qui avale des kilomètres, doit disséquer des milliers de repas, d'adresses de bouche en tout genre, visitant bistrots, grandes tables et commerces d'artisans qui prouvent que la France est encore une vaste table d'hôte où chacun peut puiser à son goût et à son gré.Son rôle ? Traquer l'essentiel, découvrir les stars de demain, remettre à leur place les réputations usurpées. Bref, classifier sans cesser de jauger, d'estimer et de commenter. Ce travail de mangeur de fond est d'abord un immense labeur d'écriture qui flirte avec l'ouvrage d'art. C'est aussi un travail qui touche profondément aux représentations que le pays se fait de lui-même, de ses traditions, de son rapport au monde, de l'éthique du travail ou du respect des dons de la nature.

  • À quoi sert vraiment la sociologie ? Dans notre société, dans nos vies quotidiennes ? Est-elle vraiment scientifique ? Contestataire ? Idéologique ? Poursuit-elle un but, une action, un sens ? Que nous apporte-elle ? François Dubet, sociologue de l'école, des mouvements sociaux, de la banlieue, de l'éducation, de la justice sociale, répond à la question. Ni apologiste, ni pessimiste, il nous livre un témoignage sans précédent, sincère, au-delà des sentiers battus.

  • Nulle fonction sociale n'apparaît plus légitime, et n'est plus sollicitée que celle du médecin. Mais à quoi sert exactement un médecin, aujourd'hui ? Puisant dans sa pratique quotidienne, Luc Perino nous fait partager son expérience de généraliste. D'une plume alerte, voire provocatrice, il nous rappelle que le monde médical n'échappe pas à la logique consumériste dominante. L'auteur nous guide avec humour et gravité dans les dédales du " paradoxe sanitaire " de l'Occident. Petit à petit, il nous montre quelle pourrait être la véritable utilité du médecin dans une société guérie de sa névrose médico-sanitaire...

  • Les « psys », tels les moines du temps jadis, forment une vaste corporation hétérogène, aux contours imprécis, détestée en bloc par certains, révérée par d'autres, laissant la plupart un peu perplexes sur sa réelle et précise utilité. Difficile pour le profane de les distinguer par l'habit ou la tonsure, mais on sent bien que d'une affiliation à l'autre, d'un individu à l'autre aussi, la variation règne en matière de savoir, de compétence, de foi, de désintéressement, de souci de l'autre...Comparaison n'est pas raison et on pourrait en rester là : mais non ! Par choix ou par injonction thérapeutique, chacun est passé, passe ou passera chez le psy. Donc, mieux vaut affronter doutes et préjugés, et tenter d'y voir plus clair : à qui servent les psys (eux-mêmes, la société, leurs patients ?) et à quoi (comprendre, surveiller, guérir ?). N'interrogeons pas pour une fois les doctrines, les théories ou l'administration. Mais la sincérité d'un homme.

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