Mathieu Terence

  • Du ressentiment ; l'envie Nouv.

    Les sept péchés capitaux, ce n'est pas seulement de la théologie, c'est aussi de la littérature. Il fallait Mathieu Terence, l'auteur de L'autre vie, pour nous raconter les affres et les terreurs du désir de possession.

    «L'envie est, avec l'orgueil, l'un des péchés du diable.
    En suivant la carrière du Mal à travers les siècles, on comprend que l'envie se soit muée en ressentiment.
    Cet affect caractérise aujourd'hui l'ère d'uniformisation mondiale à laquelle la modernité donne lieu. Comme l'ont pressenti Nietzsche, Bernanos ou Robert Bresson, chacun envie désormais les autres pour ce qu'ils ont, pour ce qu'ils font ou même pour ce qu'ils sont. Et, paradoxe diabolique, c'est bien à cette condition ressentimentale que le monde suit sa course à l'indifférenciation.»

  • En 1646, Le Bernin dessine une esquisse intitulée Le Temps découvre la Vérité. Trois siècles plus tard, Mathieu Terence part à la rencontre de cette oeuvre et de son auteur, grand maître de l'art baroque, sculpteur, architecte et peintre italien, dont l'oeuvre énergique traverse les siècles pour nous parler d'aujourd'hui.
    Ni biographie, ni essai d'art, ce récit composé de courts chapitres retrace, au galop, les soixante-dix ans d'activité du Cavalier pour nous donner à voir et à comprendre la fougue et l'esprit d'un artiste qui célèbre le divin en offrant à toutes et à tous des oeuvres ivres de force et de volupté.
    Manifeste contre un monde uniforme, hymne à l'exubérance et au courage, carnet de voyage dans le temps, réflexion sur la vérité à l'heure où le règne du Faux ne cesse de s'étendre, ce livre est, aussi, le témoignage d'un retour à la vie après la mort de l'aimée. Profondément singulier, il est tout entier taillé comme une sculpture baroque.

  • Un petit éloge qui retrace "l'histoire" de cette émotion à travers les arts : la littérature (comme Le Gai Savoir de Nietzsche ou La force majeure de Clément Rosset, la peinture (Van Gogh) et la musique (La Neuvième Symphonie ou L'Hymne à la joie de Beethoven, par exemple), expliquant ainsi la perception que les hommes en ont depuis des siècles.
    Grâce à des aphorismes et des réflexions plus personnels, Mathieu Terence se propose de montrer à son lecteur comment reconnaître la joie en toute chose, dans la nature, dans la vie quotidienne : "La joie est entière, de ce fait elle se laisse peu saisir par l'analyse qui procède par parties. La joie a un rien pour étincelle : un sourire, une rencontre, une parole, un silence, un baiser, une pensée, une oeuvre d'art vécue, la nature comprise. la joie que l'on provoque.
    Elle a un tout pour flamme : l'entente amicale de toutes les galaxies." Un petit manuel de joie de vivre !

  • La vie de Mina Loy tient du roman autant que de la légende. Née dans l'Angleterre victorienne et morte dans l'Amérique des sixties, elle a traversé deux guerres, vécu sur trois continents et dans les plus belles villes, de New York à Paris en passant par Mexico, frayé avec toutes les écoles de la modernité, du futurisme au féminisme, connu, parfois aimé, les grands génies de son temps, Marcel Duchamp, Djuna Barnes, Joyce, Freud ou encore Picabia. Mariée jeune à un homme sans qualités, passionnément amoureuse du poète et boxeur Arthur Cravan qu'elle suivra, en pleine Seconde Guerre mondiale, jusqu'au Mexique où il disparaîtra en mer, elle aura quatre enfants dont deux mourront sans qu'elle les ait vraiment connus. Cosmopolite, intrépide et aussi seule que libre, elle fut poète, peintre, intellectuelle et essayiste, aventurière avant tout.
    Si Mathieu Terence n'eut rien à inventer pour livrer le portrait de cette héroïne contemporaine, il fallait son talent d'écrivain pour traduire toute sa fougue et sa modernité. D'une langue sensible et puissante, il écrit pour la première fois sa légende et nous offre, non une biographie, mais un récit haletant dans lequel on découvre la vie hors norme de cette femme d'exception.

  • A sa sortie en 2002, ce recueil s'était vu couronner par le Prix de la nouvelle de l'Académie française.

    Accueil de la critique :

    « Dix histoires de sexe et de mort, touchant parfois au sommet du scabreux, et d'autant plus terrifiantes qu'elles sont contées dans une langue d'une perfection glacée. »
    BERNARD LE SAUX / LE FIGARO MADAME

    « Magnifique galerie de portraits fous, ce livre dévore ses personnages comme un ogre la chair fraîche. »
    CLARA DUPONT-MONOD / MARIANNE

    « Délicieusement cruel. Un digne héritier d'Edgar Poe. »
    ARIANE SINGER / LE POINT

    « Une résonance nervalienne. »
    PIERRE -ROBERT LECLERCQ / LE MONDE

    « A mille lieues du moi-moi-isme en vogue au comité central des lettres françaises. »
    FABRICE GAIGNAULT / MARIECLAIRE

  • Filles de rêve

    Mathieu Terence

    «On pourrait mettre ces nouvelles sous le sceau des contes cruels . Il s'agit de sublimer, dans une histoire parlante, toute la violence à l'oeuvre au coeur du "corps et âme" humain.
    Pour approcher la beauté , la poésie, j'évite le soi-disant "réalisme" qui les masque ou les tronque la plupart du temps. J'ai pour soin de créer ce "climat" dont parle Gracq lorsqu'il relève que c'est lui qui demeure à l'esprit quand on a tout oublié d'un livre. Cela ne va pas sans un soin formel qui confine à une sorte de héraldisme. Car la vérité intemporelle à laquelle j'aspire est celle des symboliques profondes. Les secrets du désir, de la folie, de l'amour, de la naissance, de la vengeance, du hasard et de la mort, sont élucidés par les couleurs et par les sons de l'expression qui les révèle.
    Ici, des figures féminines (Ashima, Cinnamone Antioche, Felice Mage, Marielle Marinelli, Christa Lux, Gwendoline Graziamore, Morgiane, Elisabeth Krook, Annabella Duende) sont autant d'incarnations de la liberté. Autant de fugitives ou de justicières qui tracent, de Hawaï à Paris, de Biarritz à New-York, un chemin escarpé du désir qu'elles inspirent à leur bon vouloir. Autant de preuves qu'on peut rencontrer des filles de rêve partout, même dans les cauchemars.» Quinze ans séparent ce nouveau recueil de Mathieu Terence du précédent et premier, Les Filles de l'ombre, quinze années pour réunir les destins emblématiques de femmes fatales douées du sens de l'éternité sans cesser d'être absolument contemporaines. Figures tutélaires, elles nous renvoient aux mystères, aux inquiétudes, aux tourments originels, elles s'incarnent pour disparaître, elles excitent l'imagination pour la compromettre, elles fascinent avant de s'évaporer, laissant flotter un parfum entêtant.
    L'art de la nouvelle réclame un sens du rythme que Mathieu Terence cultive et qu'il illustre avec ces rares nouvelles qui sont chacune un déclaration d'amour aux femmes. Il y a chez lui du Barbey d'Aurevilly, c'est dire.

  • Le transhumanisme a inspiré beaucoup de livres. Pour et contre. Il fallait Mathieu Terence pour en dévoiler l'imposture. Pour en dénoncer l'aberration. Pour démonter ce mythe ultime de la religion du progrès. Avec humour et gravité. Avec style et prophétisme.
    Sources, théories, moyens financiers, relais médiatiques, réseaux d'influence : voici, tel qu'en lui-même, le mirage high-tech et mortifère de l'idéologie libérale mondialisée. Car, sous cette fausse promesse de puissance et d'immortalité, se cache la disparition du corps, du visage, de la parole et de tout ce qui confère sa véritable infinité à la finitude humaine.
    Cet intégrisme, jusque-là, ne disait pas son nom.
    C'est chose faite. Mieux qu'un pamphlet, un bréviaire de résistance.

  • «De grands esprits ont exprimé la mélancolie qui a saisi l'Occident à partir du XIXe siècle. Schopenhauer bien sûr, Leopardi, Senancour qui baptisa son vague à l'âme "le mal du siècle", ou Kierkegaard qui se fit connaître avec son Traité du désespoir. Adolescent, en proie au spleen, je fus profondément marqué par ces génies de malheur. Le temps passant, j'ai peu à peu pris mes distances avec ces oeuvres au noir. Moins avec la beauté fatale qu'on peut leur trouver encore qu'avec la conception de la vie qu'elles prônent. D'une part, j'ai changé et me suis délivré de ces figures tutélaires. D'autre part, ce sont les temps qui ont changé au début du XXe siècle, quand sont nés les meilleurs héritiers de cette veine sombre, et Cioran le premier d'entre eux.»

  • De l'île, nous connaissons l'altitude souveraine.
    Elle est ce sommet à fleur d'eau où l'enfance du monde tient tout entière, une arche, un trésor de sensations. Comme elle fait exception, elle est à la terre ce que l'être aimé est au coeur. Solitaire, elle est d'une beauté à écrire.

  • L'autre vie

    Mathieu Terence

    Jeune biologiste français, Côme Syracuse est employé à Taiwan par un important laboratoire de recherches en biotechnologies, dont il est chargé de diriger les services de surveillance. Mais Côme fait lui-même, sans le savoir, l'objet de surveillances multiples, à commencer par celle exercée par son employeur, sous l'oeil vigilant des services de renseignements chinois. Tous utilisent pour parvenir à leurs fins les ressources les plus sophistiquées, donc les plus discrètes et les plus intrusives, de l'espionnage high-tech contemporain.
    C'est ainsi que l'on découvre que Côme vit une relation érotique intense avec une jeune femme superbe rencontrée dans un centre de loisirs, le Blue Lagoon. Superbe, mais lourdement handicapée. Et l'on comprend vite que Côme n'est attiré que par ce type de femmes, qu'il contacte via un réseau Internet spécialisé.
    Dans les décors et les ambiances - services secrets et lieux secrets - chers à l'auteur, L'autre vie pose de manière aussi originale que dérangeante la question de la sexualité dans une société complètement technologique - c'est-à-dire la nôtre.

  • « Qui est ma mort ?
    C'est à cette question que j'ai voulu répondre en traçant le portrait des différents visages qu'elle a eu pour moi depuis l'enfance. Je l'ai vu réapparaître récemment et l'ai sentie me serrer à nouveau d'un peu plus près : il me fallait reprendre mes distances en mettant des mots entre nous.
    Ce livre raconte une jeunesse, un passage à l'âge d'homme, une traversée de la mélancolie. L'art et l'amour y sont les plus sûrs moyens de transport. L'Andalousie, le lieu même du revivre.
    Son propos et son écriture furent conçus comme un seul et même exorcisme. »M.T.

  • « Le monde connaît, depuis le début du vingtième siècle, et la maîtrise technique de l'atome et du gêne, une mutation d'ordre anthropologique. Parce que l'urbanisme est la cristallisation en trois dimensions de l'esprit d'une époque, il m'a paru pertinent d'aller constater ce que cette mue - inventoriée dans le premier temps du livre - produit aujourd'hui de plus édifiant à son propre sujet.
    Masdar est une utopie écologique financée par l'argent du pétrole près d'Abou Dhabi. J'ai pu vérifier dans cette cité futuriste nombre de vues et d'intuitions concernant l'histoire de l'urbanisation de la planète et le sens qu'on peut voir se dessiner en elle avec une précision croissante : unification, uniformisation.
    La troisième partie du livre est la poursuite de cette méditation jusque dans le désert. Les spéculations, non plus sur le passé mais sur l'avenir de cette mutation cette fois, entrent en résonnance avec des considérations toutes aussi inactuelles mais d'un registre peu à peu plus intime.
    Tout vrai voyage est aussi une prise de conscience, une initiation. » M.T.

  • Maitre chien

    Mathieu Terence

    • Phebus
    • 27 Août 2004

    A l'occasion d'un séjour à Rio, un jeune homme qui s'avoue un peu fâché avec la vie décide d'en finir avec sa propre histoire et endosse presque par hasard l'identité d'un autre.
    Embauché par une entreprise de gardiennage spécialisée dans le dressage des chiens d'attaque, il va s'affirmer comme un parfait vigile au service de la haute société locale, laquelle se barricade, à deux pas de la misère des
    favelas, dans des résidences protégées comme des forteresses. Il va, aussi, se mettre au service de la femme qui règne sur ce petit monde de haute sécurité après qu'il aura découvert qu'elle-même est entre les mains de
    trafiquants sans visage qui la tiennent pour ainsi dire en laisse. Tout à la passion qui le lie bientôt à cette superbe « chienne » le temps pour l'un et l'autre d'oublier la mort qui rôde, il est bien loin d'imaginer que cet amour même se trouve manipulé de l'extérieur par un ennemi à quoi rien n'échappe.
    On songe à la fatalité qui depuis toujours accompagne les figures féminines auxquelles fait escorte la meute aboyante : Hécate, Penthésilée. On s'effraie, surtout, de voir à l'oeuvre un système de surveillance qui, donnant si bien de la griffe et du croc, n'a d'autre issue que la fuite dans une violence sans fin. Et l'on en vient à se dire, songeant au vieil adage pascalien, que dans une société à ce point emmurée par la terreur, qui pratique l'angélisme sécuritaire avec un raffinement si pervers, la véritable bête (qui est le maître ? qui est le
    chien oe) n'est peut-être pas celle qu'on croit.

  • Technosmose

    Mathieu Terence

    Dans un futur proche, une jeune Française, Iris, purge à Atlin, en Colombie-Britannique (Canada), une peine de prison de dix-huit ans. Lire, penser à son frère bien-aimé, il ne lui reste que ces deux recours pour supporter le système de «sécurité maximum», la vie en communauté et l'entraînement au body-building qu'elle s'impose mystérieusement, tandis qi'elle élabore ce qu'elle espère être son évasion. En d'autres lieux, un jeune homme se fait embaucher comme archiviste au service d'Otto Maas, l'architecte mondialement célèbre qui a conçu Atlin. À la faveur de ces deux histoires qui pourraient bien n'en faire qu'une, l'auteur nous offre une réflexion saisissante à propos de l'emprise technique sur le monde et de ce qui est seul en mesure de s'y opposer : l'art et l'amour.

    Romancier, poète et nouvelliste, Mathieu Terence est né en 1972. Il est actuellement directeur littéraire aux éditions Léo Scheer. Parmi ses publications récentes, il faut citer Les filles de l'ombre (Phébus, 2002, prix de la Nouvelle de l'Académie française) et Maître-chien (Phébus, 2004).

  • Après un essai sur la littérature, Présence d'esprit, et de nombreux romans, Mathieu Terence nous offre ici un traité philosophique construit comme une démonstration mathématique.
    Il nous propose une vision du monde où, après le règne du Spectacle _ que Guy Debord avait annoncé et décrit _, vient celui du Nombre auquel nous assistons aujourd'hui. Chacun peut se rendre compte de la numérisation accélérée des objets et événements par le rôle prédominant du comptage (pourcentages, évaluations chiffrées, bilans, gestion économique de l'humain, etc.) sous toutes ses formes et dans toutes les strates de la vie politique, sociale et individuelle. Remonter l'histoire de l'évolution du Nombre, du monde grec jusqu'à celui des biotechnologies en passant par Descartes permet de comprendre l'établissement et la nature de son hégémonie. L'auteur pose ainsi la question éternelle du devenir de la vie. La manière dont le Nombre essaime son pouvoir, selon une (bio) dynamique qui lui est propre, aboutira peut-être à un monde radicalement déshumanisé, à moins que la mutation planétaire à laquelle nous assistons n'ouvre des perspectives de renaissance encore non questionnées.

  • Présence d'esprit

    Mathieu Terence

    • Stock
    • 15 Septembre 2010

    Aux antipodes du lamento des écrivains du ressentiment, comme à ceux du ronron des tenants de la littérature d'ameublement que l'on commencera par définir ici, ce livre se voudrait avant tout une méditation fervente et combative sur ce que les grands textes, ces splendides trompe-la-mort, transmettront toujours de liberté et de révélation.
    Pour que cette acception de la littérature prenne tout son sens, il était nécessaire de lui donner corps dans l'évocation d'oeuvres qui ne cessent de nous stimuler, de nous instruire en vitalité, de nous bouleverser. Autant que par les gouffres, Cioran a promu la connaissance par l'Histoire. Mandiargues a mis au point une affolante et magistrale éroscopie. Carlo Michelstaedter a pensé, dès le début du xxe siècle, aux ravages qu'encourait le monde si celui-ci en venait à vider les mots de leur sens. Victor Tausk a vu de quelle psychose la terre se globalisant allait être la fabrique. Linda Lê, l'onirocrite, a l'absolu pour terre d'accueil. Annie Le Brun écrit le feu de la vie et l'ombre qu'elle sait faire au soleil. Jünger a démontré qu'il n'est rien de tel pour voir loin que de prendre de la hauteur. Giono, en nous délivrant l'inclassable Roi sans divertissement, nous invite à quelques spéculations sur le nouveau visage du Mal. La lecture des Géants constitue l'occasion de prendre la mesure de l'ampleur des premiers livres de Le Clézio. On se permettra enfin quelques réflexions sur le feu sacré du Style.
    Parce que l'expression est riche de résonances, qu'elle définit une vigilance sereine, une sûreté de jugement et d'initiative en un moment d'urgence, parce que les temps qui viennent nous semblent aussi passionnants que périlleux et qu'à l'inverse du triste sire de sinistre mémoire qui sortait son revolver en entendant le mot « culture » nous sortons notre culture dans un paysage de revolvers, il nous a paru juste d'articuler ensemble des oeuvres qui, toutes, font preuve d'une admirable « présence d'esprit ».

  • Le talisman

    Mathieu Terence

    « Ce n'est pas seulement qu'elle mentait comme elle respirait, c'est qu'elle mentait pour respirer. Et cette manie n'a pas été pour rien dans l'attrait que tu lui as trouvé . » Comment inventer sa vie sans la perdre ?
    Quels fils mystérieux relient les êtres que l'on a pu aimer ?
    Peut-on sortir indemne de l'affolement général?
    Qu'est-ce que le syndrome du saint-bernard ?
    Mais surtout, qui était vraiment Farrah ?

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