Jean-François Perrin

  • Un essai :
    Etude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'oeuvre : approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse.


    Un dossier :
    Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages extraits de presse. eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents.

    Un ouvrage efficace, élégant. une nouvelle manière de lire les confessions de jean-jacques rousseau.

  • Il arrive qu'un auteur croie avoir raté une oeuvre. Il arrive que le temps dévoile le génie de cet échec. C'est sans doute ce qui se révèle pour nous à l'égard de Rousseau juge de Jean-Jaques (1772-1776) : car s'il y a quelque chose d'intenable dans la stratégie énonciative compliquée de ce texte, c'est que Rousseau y affronte l'impéritie des formes disponibles, relativement à ce qu'il entend saisir de lui-même comme un autre dans le ressassement de la rumeur - soit le jugement de l'opinion publique à l'époque de sa coagulation historique. Si nous voulons saisir ce qui dans ce texte nous concerne aujourd'hui, nous devons nous rappeler que, pour leur auteur, rien de ce qui touche aux moeurs des nations n'échappe à la dimension du politique ; or si "trouver une forme qui exprime le gâchis" (Beckett) s'avère la tâche de l'artiste, tout essai authentique dans cette direction s'ouvre à l'épreuve de l'informe. Cependant la défaite recèle des trésors : lucidité du renonçant, privilège du silence et de la sécession. L'expérience du Promeneur solitaire s'ancre là où la perte vertigineuse de la communauté est radicalement convertie en savoir tragique de l'humain, savoir à la fois sans âge (celui du gnôthi seautón) et moderne absolument (Rousseau fut la conscience critique des Lumières).

  • Dans Fragments de proximité, Jean-François Perrin nous offre un recueil de poèmes digne de la palette d'un peintre. Avec, en lisière du silence, des textes parfois brefs, parfois plus expressifs, mais toujours écrits avec cette tension éphémère qui donne au poème l'éclat fragile de l'essentiel. (Jean Pirquenne)

  • Dans le roman et la nouvelle du XIXe siècle, les séquences de mémoire affective font office d'échangeurs temporels, de péripéties et de rimes compositionnelles. Leur étude livre accès à la structure profonde des oeuvres ainsi qu'aux ressorts intimes de l'intrigue. Cet ouvrage le vérifie à partir d'un corpus de 170 textes.

    1 autre édition :

  • En tant que procédé compositionnel, la conjonction des temps par une scène - ou une série de scènes - de ressouvenir qui caractérise la Recherche du temps perdu est peut-être immanente à l'art narratif. Cet ouvrage confronte l'hypothèse au roman français des XVIIe-XVIIIe siècles.

    1 autre édition :

  • Depuis la Renaissance et les audaces de l'Arétin, la littérature libertine était souterrainement devenue une branche importante de la littérature européenne. Le XVIIIe siècle en vit l'épanouissement. Elle devint un phénomène de société dans un monde où la censure se relâchait à mesure que le bien-être et le scepticisme croissaient. Séduisant l'esprit par l'examen des ressorts du désir, elle avivait l'imagination par sa peinture du plaisir. Tel est le phénomène que, dans sa diversité, les présentes études s'efforcent de saisir à travers romans, nouvelles, mémoires, essais, théâtre, poésie, contes et journaux intimes. Elles brossent au long du XVIIIe siècle l'histoire d'un genre problématique, retraçant son évolution, évaluant son marché, reconstituant ses contraintes, estimant sa poétique. Ces textes libertins qui préfèrent " gazer l'ordure ", séduisent subversivement aux limites des bienséances, travaillant à cette frontière entre érotisme et pornographie qui demeurait clairement perçue par les auteurs, les libraires, la police et le public. Le " genre libertin " se définirait peut-être alors par une écriture elliptique, plus suggestive que descriptive, par des procédures sophistiquées d'implication du lecteur, par un constant raffinement littéraire enfin, où s'exprime le souci joyeux d'un art du plaisir.

  • « Libre choix », « droit de disposer de soi-même », « consentement … ». Les modalités d'expression du principe d'autonomie se multiplient dans le langage juridique actuel. Ce florilège traduit une nécessité irrésistible, qui a déjà convaincu les juges et les législateurs de tous les pays occidentaux.
    L'ouvrage montre qu'un lourd débat est en toile de fond. C'est le conflit qui oppose le libre arbitre au déterminisme. La philosophie et la sociologie contemporaine gèrent cette controverse, compte tenu de l'avènement d'un nouvel humanisme, radicalement individualiste, mais aussi respectueux des libertés fondamentales et des droits de l'homme. On a ainsi découvert les vrais ressorts du « gouvernement de soi ». La Cour suprême des Etats-Unis a renversé ses pratiques en situant le fondement des nouvelles libertés dans le Bill of Rights ; l'Europe n'est plus en reste. C'est ce bouleversement que l'auteur met en lumière. Son approche méthodique s'inscrit dans une tradition qui se veut fidèle à Jean Carbonnier, que l'auteur suit à la trace depuis plusieurs décennies. Ce maître situait l'essentiel dans le « non-droit », une notion qu'il définissait autant par sa proximité que par son antinomie avec le droit de l'Etat. Le principe d'autonomie s'y développe avec le bonheur d'un poisson dans l'eau. C'est cette vérité d'observation que l'auteur met en lumière, en ayant soin de montrer comment un nouvel ordre public se construit, en Occident, pour tenter de borner la souveraineté des désirs.

  • « Toutes mes idées sont en images », écrit Rousseau à la fin du livre IV des Confessions. Sans précédent dans la littérature, ce spectacle mental nous concerne tous car la scène du for intérieur est universelle. Écrire serait chercher l'idiome de ce qui reste là en souffrance, puisque le plus sensible est le moins dicible. « Il faudrait pour ce que j'ai à dire inventer un langage », dit encore Rousseau, qui pense en écrivain autant qu'il écrit en penseur. Il a cherché un langage qui creuserait le temps, une parole qui se souviendrait de la perte ; depuis le Discours sur les sciences et les arts jusqu'aux Rêveries du promeneur solitaire, cette oeuvre nous parle de la profondeur d'oubli dans laquelle il faut descendre pour simplement accéder à la nature humaine. Ce chemin de ronde est un théâtre de mémoire.

  • De la publication des Mille et Une Nuits par Antoine Galland (1704-1717), jusqu'à celle du Taureau blanc par Voltaire (1774), s'invente en France le conte oriental à l'occidentale. Deux lignées s'y confrontent : celle de Galland et de ses premiers imitateurs, soucieux de vulgariser par ce biais leur connaissance de l'Orient ; celle d'Hamilton et de Crébillon, qui le déconstruit ironiquement en vue d'une approche satirique et libertine des moeurs et des institutions françaises mise à la mode par les Lettres persanes ; à partir de Zadig (1748), ces deux lignées seront refondues par Voltaire, au creuset du conte philosophique. Cette genèse établie, on étudie les poétiques caractéristiques du genre et ce qui s'y pense audacieusement par fiction : ambiguïtés de l'orientalisme, libre-arbitre et nécessité, aliénation politique des imaginaires, problématisation de l'identité, interrogation de la différence genrée, etc.

  • Il y a des années et des années, au Pays des neiges, qu'on nomme parfois aussi Tibet, deux frères jumeaux virent le jour...Nawang et Lhari sont en tout point semblables. Pourtant, il y a entre eux une nette différence de caractères : Nawang est hardi et joyeux, Lhari, sombre et craintif. Leur famille nomade les fait voyager entre de monstrueuses montagnes, suivis par leurs yacks. Or, à l'ombre de Chomolungma, aussi appelée Himalaya, Lhari va faire son apprentissage : le jeune garçon à l'oeil sombre va tantôt croiser une panthère des neiges, tantôt fuguer de la maison... Tout l'accable et l'effraie. Il faudra l'art de son frère jumeau aux yeux d'or pour lui faire changer de regard sur la vie.À partir de 6 ans.

  • Cet ouvrage, de la plume de trois enseignants-chercheurs, Catherine Bernié-Boissard, Thomas Perrin, et Jean-François Courouau, propose un portrait contextualisé et illustré de la région occitanie :
    éléments géo-historiques et culturels, profil socio-économique et institutionnel, perspectives de développement et de coopération.
    Comment cette construction s'incarne-t-elle à l'échelle nationale et européenne ?
    Qu'est-ce qui caractérise la région occitanie en France, en europe et au-delà ?
    Quelle place y occupe-t-elle ? Comment s'affirme-t-elle ?
    Ces questions animent les différentes séquences qui composent cet ouvrage, invitant le lecteur à une pérégrination à la croisée des divers territoires de l'occitanie.
    Dans ce chemin sont mobilisées histoire, géographie, politique, économie et prospective.

  • Le présent ouvrage envisage les rapports entre le conte merveilleux et les arts du spectacle, depuis les opéras de la fin du XVIIe siècle jusqu'aux premières tentatives cinématographiques du XIXe. Durant cette période, en effet, le goût du merveilleux, du magique et du surnaturel est essentiel au spectacle théâtral.
    Rien de ce qui se développe dans les arts du spectacle n'est indépendant du conte de fées et de son prolongement dans le conte oriental : le conte de fées littéraire subit dès sa naissance l'influence de l'opéra, dont il tend à intégrer les scénographies, les airs, les chorégraphies ; le conte oriental emprunte à la farce, à la sotie, à la parade, use des artifices de l'illusion théâtrale et intègre sous les figures du charlatan et du fakir tout un monde picaresque spécialisé dans la mystification par le jeu, les décors et tous les artifices scéniques.

  • L'actualité internationale présente une image complexe et contrastée. Une organisation à vocation universelle, plusieurs organisations spécialisées et des organisations régionales s'efforcent de réguler les multiples facettes de la mondialisation, de préserver la paix et la sécurité internationales en s'appuyant sur des règles de droit international public à l'interprétation évolutive. Dans le même temps, les États souverains et les nouveaux acteurs non-étatiques de la vie internationale sont très actifs. Les nouvelles formes de coopération qui les impliquent s'inscrivent dans la pratique du droit international.
    Pour déchiffrer les nouvelles tendances et la dynamique de cette pratique, les auteurs s'appuient sur une série d'études de cas concrets tirés de leur expérience de praticiens. Ils présentent l'évolution du droit international à partir des grandes négociations internationales, de la gestion de crises réelles, de la vie des organisations internationales. Cette approche, et c'est là un de ses points forts, complète celle des ouvrages théoriques car elle combine l'étude des relations entre les acteurs de la vie internationale et la présentation des règles de droit qui émergent entre ces acteurs et s'appliquent entre eux.
    S'inspirant des questions d'actualité, les leçons apportent un éclairage unique sur la recherche de nouvelles formes de gouvernance internationale.

  • Le Précis décrit de façon didactique et illustrée les principes fondamentaux de la physiologie. Il propose en outre, à la lumière des progrès scientifiques récents, des approfondissements sur des thèmes en évolution ou réputés plus difficiles : endocrinologie, système immunitaire, circulation, neurotransmission, physiologie du coït, etc.

    Il s'adresse aux étudiants de premier cycle, qui pourront l'utiliser tout au long de leur cursus et lors de la préparation aux concours. Il constitue également pour les enseignants un précieux support de cours.

  • Over the last two decades, earth modeling has become a major investigative tool for evaluating the potential of hydrocarbon reservoirs. Earth modelling must now face new challenges since petroleum exploration no longer consists in only investigating newly identified resources, but also in re-evaluating the potential of previously investigated reservoirs in the light of new prospecting data and of revised interpretations.
    Earth models incorporate a variety of different interpretations made on various types of data at successive steps of the modeling process. However, current modeling procedures provide no way to link a range of data and interpretations with a final earth model. For this reason, sharing and exchanging information about the model building process is at present a major difficulty.
    Recently, the term "Shared Earth Modeling" has been used for expressing the idea that earth models should be built in such a way that experts and end users can have access, at any time, to all the information incorporated into the model. This information does not only concern the data, but also the knowledge that geoscientists produce by interpreting these data. Accordingly, practical solutions must be studied for operating a knowledge-driven approach of Shared Earth Modeling. This is the goal of this book.
    This study of earth subsurface modeling is intended for several categories of readers. It concerns in the first place geologists, engineers and managers involved in the study and evaluation of subsurface reservoirs and hydrocarbon exploration. Relying on recent progress in various fields of computer sciences, the authors present innovative solutions for solving the critical issue of knowledge exchange at key steps of the modeling process. This book will also be of interest to researchers in computer science and, more generally, to engineers, researchers and students who wish to apply advanced knowledge-based techniques to complex engineering problems.

  • Après la vogue des Mille et Une Nuits et de leurs imitations, la publication en 1730 de la trilogie d'Hamilton : Le Bélier, Histoire de Fleur d'Épine, Les Quatre Facardins, ouvre la période persifleuse et satirique du conte merveilleux. Avec beaucoup d'humour, l'auteur des fameux Mémoires de Grammont dynamite le genre, soulignant ses clichés, outrant ses artifices, le rendant persifleur et libertin. Crébillon s'en inspirera et beaucoup d'autres conteurs après lui comme Pajon, Cazotte et Duclos, qui se plaisent à dérouler des destinées anti-héroïques et à offrir de nouvelles illustrations à la folie romanesque ambiante.
    S'il peut encore sembler un jeu gratuit à usage privé chez Tessin, le conte s'assume chez Duclos comme une arme de dénonciation sociale et morale, quand il s'en prend à la superficialité mondaine et aux dérives de l'intelligence qui culminent dans la caricature du bel esprit. Torpillant avec Rousseau l'institution monarchique, avec Diderot les dogmes religieux, avec Cazotte les dogmatismes en tous genres, il prouve en souriant qu'il est encore capable, dans une époque que l'on a parfois jugée comme étant celle de son déclin, d'inventer de nouvelles formes d'écriture, plus ouvertes, dont le roman va s'emparer. En accueillant enfin des reflets fictionnels de lecteurs qui contestent le récit de l'intérieur ou relaient le narrateur premier, le conte du XVIIIe siècle invite plus que jamais à une lecture active et critique de la littérature et du monde.

  • Droit de la mer, protocole de Kyoto, traité ABRI, Cour pénale inter nationale, affaire Pinochet, conditions d'exercice de la souveraineté nationale, résolutions du Conseil de sécurité : l'actualité rappelle le rôle croissant que les instruments de droit international jouent dan: les relations internationales et combien les normes et les procédures issue : de ce droit affectent désormais la vie des citoyens des pays européens.
    L'analyse de cas concrets de mise en oeuvre de ce droit révèle combien les Etats, acteurs premiers de droit international, restent attachés à lent souveraineté et n'acceptent de la partager ou de l'exercer en commun qu'avec réticence et combien leur attitude à l'égard du droit international est variée. Présentées par trois praticiens du droit international, ces leçons, qui s'inspirent de cours enseignés à l'Institut d'études politiques de Paris, s'efforcent de décoder les pratiques contemporaines et constituent un complément naturel à l'étude du monde d'aujourd'hui et de la théorie du droit international.
    Elles présentent un bilan contrasté du recours croissant aux normes : du droit dans l'organisation de la société internationale.

  • Découvrez L'Investissement Socialement Responsable, le livre de César de Brito. En parallèle aux thématiques du développement durable et de la responsabilité sociale de l'entreprise, l'investissement socialement responsable prend depuis une dizaine d'années une ampleur particulière partout dans le monde. Né sur des fondements éthiques et moraux, l'investissement socialement responsable a évolué vers une approche élargie, orientée vers la gestion des risques ou des opportunités liés aux enjeux sociaux et environnementaux. Le développement de cette forme d'investissement offre une opportunité unique aux acteurs de la finance d'intégrer les dimensions extra-financières dans leurs évaluations des entreprises. C'est également l'occasion d'élargir le dialogue entre entreprises et actionnaires afin d'améliorer la compréhension du métier et des pratiques des entreprises en y intégrant le point de vue d'autres acteurs.

  • "Il faut donner à son discours le tour libre des conversations", écrivait un contemporain de Louis XIV : comme genre littéraire, le conte merveilleux prit naissance en un temps où écrire comme on parle était la règle et où lire à voix haute était pratique courante. Ecrire des contes de fées, ce fut imposer des fictions de voix enchantées à une culture romanesque férue de vraisemblance, adapter à la mondanité les rituels de parole du conte oriental, mais aussi partager avec l'opéra le champ du merveilleux et engager un dialogue fécond avec le théâtre : ainsi ceux qu'on appelait alors les Modernes inventaient-ils un art d'énoncer l'étrangeté du monde et des êtres en simulant des voix de jadis ou d'ailleurs. Notre époque où l'oralité est à la mode et où revivent les pratiques conteuses, nous invite à envisager ces questions en considérant les intentions esthétiques de ces oeuvres littéraires que furent les contes merveilleux des XVIIe et XVIIIe siècles.

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