Isabelle Barberis

  • Le théâtre de Max Frisch développe sous forme ludique et métaphysique la pensée d'un moraliste convaincu que la dignité de l'homme réside dans la liberté : la culpabilité, la bien-pensance, le narcissisme, l'infidélité, l'ennui, l'affabulation, la conscience qui fractionne la réalité, le rêve qui l'unifie et la fait disparaître, la fatalité des stéréotypes. Il est difficile de situer une telle oeuvre qui doit autant à la dramaturgie brechtienne qu'au théâtre de l'absurde. Dans ces vertigineux huis-clos se rencontrent le baroquisme d'un Pirandello et la fable existentialiste. Théâtre du doute absolu et de la dérision, théâtre de la conscience politique plus que théâtre politique, l'oeuvre dramatique de Max Frisch constitue un solide remède pour notre époque, éprise de certitudes.

  • D'où vient le « politiquement correct » de la culture ? La diversité culturelle, jusqu'alors au service de la défense du pluralisme, s'est depuis aventurée dans la comptabilité ethnique et biologique au sein du milieu culturel. Elle a alors été prétexte à la construction d'un nouvel académisme en art, accompagné de censures fondées sur un supposé « droit à représenter », où les dogmes ethno-différentialistes mettent à bas les fondements universalistes qui permettent de faire société.
    Le nouvel académisme anti-culturel, qui tue à la fois l'académisme et la contre-culture, transforme l'art en ingénierie sociale et en moyen de contrôle, au nom de notre propre émancipation, et joue le rôle d'un miroir grossissant. Il faut s'en inquiéter : le politiq uement correct viendra-t-il à bout des règles les plus élémentaires de la vie démocratique ?

  • À travers de nombreux exemples d'OEuvres, l'ouvrage interroge l'interpénétration des arts du vivant et de la cybernétique : y a t-il un risque de désublimation dans ces nouveaux usages qui envahissent la scène contemporaine ?
    L'auteur propose un bilan théorique sur le rapprochement entre arts vivants et nouveaux médias.

  • Les pratiques contemporaines de l'archive sont emblématiques de notre rapport au passé et à la tradition. Rassemblant des textes d'artistes, de chercheurs, de curateurs, ce livre tente de cerner notre actuelle « culture de l'archive » - à l'ère du Big data, de l'autoarchivage des réseaux sociaux, de l'économie de la connaissance qui transforment le spectateur en producteur de savoir, et l'artiste, à bien des égards, en médiateur, en archiveur de sa pratique et en entrepreneur de l'image.

    Avec le soutien de l'université Paris-Diderot et du centre d'étude et de recherche interdisciplinaire de l'UFR LAC. Cette publication est soutenue par le réseau Usages des Patrimoines Numérisés (www.udpn.fr) bénéficiaire d'un financement Idex (Sorbonne Paris Cité).

  • Face au mépris de plus en plus inquiétant du monde politique à l'égard des arts et des artistes de scène, défendre la nécessité de la création scénique et montrer sa vivacité relèvent de l'urgence.
    Or, pour combattre une telle hostilité et un tel rabaissement de l'art à des pourparlers entre gestionnaires, on ne peut se contenter d'appeler au renouveau d'un théâtre identitaire et communautaire, ni se satisfaire de démarches artistiques moralisatrices qui opèrent une sorte de retour du théâtre dans l'église. L'auteur cherche avant tout à cibler et intensifier les contradictions des arts vivants en ne dissociant pas approches esthétique et économique.
    En s'attachant à défendre des formes innovantes et marginalisées par les politiques culturelles, elle montre comment les propositions scéniques du présent prennent en charge l'état de crise pour raviver leur fonction critique. Cet ouvrage s'adresse aux artistes et aux professionnels de la culture aussi bien qu'aux étudiants en arts et aux curieux de création scénique, sans oublier les sceptiques lassés par les vitrines du service public culturel.

  • Kaléidoscopique, mue par une énergie éperdue et désespérée, l'oeuvre de Copi aborde aussi bien le théâtre, le récit que le dessin. Le dramaturge argentin exilé en France a théâtralisé de manière ironique la relation du dominé face au dominant, la tragédie du malentendu humain mais aussi du créateur menacé par ses propres chimères. Derrière les jeux de masques, derrière les oripeaux du travesti, les pratiques de Copi extériorisent les tiraillements internes au geste créateur.

  • Théâtre, danse, opéra, mais également variété, one man show, performance, cirque, arts de la rue. Si la délimitation du spectacle vivant ne va pas de soi, le terme « économie du spectacle » n'est pas moins complexe.
    Il désigne des réalités diverses : superproductions budgétivores de certains festivals ou de théâtres nationaux déficitaires, productions équilibrées de théâtres privés, comptes fragiles de petites salles accueillant des artistes amateurs. Comment alors dégager un modèle économique propre au spectacle vivant ?
    Cet ouvrage, en dressant un panorama historique et théorique de l'économie du spectacle vivant, décrit les spécificités de ses modes de financement comme de son marché de l'emploi, avec une attention particulière pour la logique de l'intermittence. Il dévoile un modèle qui associe, d'une manière inédite, interventionnisme et ultralibéralisme.

  • ..."Un torrent de cailloux roule dans ton accent ta violence bouillonne jusque dans tes violettes"...
    Chaque phrase de la chanson Ô Toulouse du poète Claude Nougaro, cisèle la ville et la révèle. Chacun peut y puiser "sa pincée de tuiles".
    L'âme de Toulouse donne à ceux qui y sont nés, force et fierté.
    Pour ceux qui, venant d'horizons lointains, la découvrent ou s'y installent un jour, c'est une Histoire qui commence...

  • Ce volume interroge les parasites de théâtre, souvent comiques, viveur sans scrupules, cocotte dépensière ou parent sans le sou, pique-assiette, menteur mais aussi êtres de désir et de renouvellement. Échec de l'hospitalité ou vivace rappel d'une altérité nécessaire à tout système vivant, le parasite résiste au démon de l'analogie et à celui de l'assimilation : il demeure autonome et singulier au coeur même du système dans lequel il s'insère ou se dissimule, brouillant le caractère visible des typologies théâtrales.

  • Théâtre, danse, musique, opéra, mais également variété, one man show, performance, marionnette, cirque, arts de la rue. si la délimitation du spectacle vivant ne va pas de soi, le terme économie du spectacle n'est pas moins ambigu. Il désigne des réalités diverses, selon que l'on considère les superproductions budgétivores de l'opéra de Paris ou de certains festivals, celles des théâtres nationaux déficitaires, les productions équilibrées de théâtres privés jouant sur les têtes d'affiches et les cycles longs d'exploitation pour atteindre leur seuil de rentabilité, ou les fragiles équilibres budgétaires de petites salles de concert ou de spectacle à audience restreinte utilisant en majorité des artistes amateurs. Comment, devant une telle variété, dégager un modèle économique propre à ce secteur ?
    /> En dressant un panorama de l'économie du spectacle vivant, cet ouvrage décrit les particularités de ses modes de financement comme de son marché de l'emploi. Il montre ainsi comment ce secteur présente une association originale d'interventionnisme et d'ultralibéralisme.

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