Christophe Bataille

  • « Tu te souviens ? Cet été-là si chaud, on le sentait à nos pieds sur les carreaux devant la prairie, à tes jambes campées, fines et transpirantes. Depuis octobre tout était doux. Pas d'automne, pas d'hiver, et ce vent tiède comme dans les contes... » En cette fin d'été, un homme grimpe à trente mètres, dans un hêtre qui domine la campagne. Il est élagueur, puissant et concentré. Là-haut, il observe les plaines, la tour de la cathédrale, son enfance aussi.
    Mais un ennemi l'attend, qu'il n'avait jamais rencontré : des frelons par milliers, nouveaux venus en cette saison interminable. Dans sa descente vers la terre où l'attend son équipe, terrifiée, il est piqué plus de cent fois et tombe dans la douleur...
    La brûlure est le roman de cette chute et de cette traversée, racontées tour à tour par l'homme et la femme - rencontrée vingt ans avant, qui le soigne, l'attend, et ne cesse de l'aimer en images, souvenirs et gestes.
    Dans une langue somptueuse et tendre, Christophe Bataille dit la souffrance et le retour à la vie. C'est un conte mais aussi notre condition nouvelle : les prairies et les arbres sont brûlés par le soleil, la femme aimée contemple comme nous ce paysage. La voix du grimpeur d'arbre, qui a survécu et vit près de Bourges, clôt magnifiquement ce livre - car toute fiction a sa cause, offrant ici un diptyque audacieux.

  • « Ma femme et ma fille savent que je ne suis pas mort. Mais le capitaine avait raison : nous ne sommes plus là. »   Avril 1961, dans le désert algérien. À trois kilomètres de ce point inconnu, une tour de cinquante mètres porte une bombe atomique. Le jeune soldat qui parle, accompagné d'une petite patrouille, participe à une expérience. Il est un cobaye.
    C'est cette zone d'intensité extrême que nous livre Christophe Bataille. Face à l'histoire et à la mort, il reste les mots, les sensations, la douceur du grand départ puis la lumière.
      Un texte dense et poignant sur les sacrifiés du nucléaire français. Sébastien Lapaque, Le Figaro littéraire.

    Une dénonciation à la fois belle et radicale. Emily Barnett, Les Inrockuptibles. 

    1 autre édition :

  • Annam

    Christophe Bataille

    • Points
    • 9 Février 1996

    En 1787, le petit Canh, empereur du Vietnam, meurt à Versailles d'une pneumonie. Il était venu solliciter l'aide du roi Louis XVI suite au soulèvement populaire qui a chassé son père du pouvoir. Pris d'affection pour l'enfant, l'évêque Pigneau de Bréhaine arme deux navires pour sortir le Vietnam de la guerre et de l'impiété. À ce voyage initiatique, sorte de retour à l'origine du monde, seuls survivront quelques religieux.

  • Absinthe

    Christophe Bataille

    On ne connaît, au fond, que l'absinthe des villes, la fée verte des bistrots et des poètes.
    Que sait-on de celle des campagnes et des distilleries perdues au milieu des garrigues ?
    Quand josé disparaît, au printemps 1915, il se fait un grand silence dans les collines. on oublie l'absinthe. mais un enfant de neuf ans a percé ses pouvoirs étonnants. a l'abri du soleil de provence, il a somnolé dans le désordre des alambics, surpris quelques-uns des mystères et des rites liés à la liqueur verte.

  • Un homme frappe à la porte d'une petite ville toscane.
    La peste est partout et cette cité sera son arche. Bientôt les rats envahissent les rues ; un enfant tombe foudroyé. On brûle les sorcières en tremblant. Alors la ville devient un tombeau. Cet homme qu'on ne connaît pas porte un nom légendaire : Machiavel. En 1527, il est vieux, il a connu le monde, il a lu les livres, il a conseillé les princes, mais le voici mis à nu par le mal. Machiavel vit la nuit, caché, marmonnant des prières, le poignard à la main, cherchant la Renaissance dont il ne reste rien.
    Jusqu'au jour où il sauve presque malgré lui une jeune femme malade. Il la soigne, il l'aime. C'est ce dernier amour que raconte ici Christophe Bataille, dans un roman énigmatique et puissant.

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  • Au rez-de-chaussée de la rue des Saints-Pères, Bernard Grasset avait eu ce rire éclatant qu'il réservait à Radiguet autrefois, col blanc mou et porte-cigarettes nacré. Mon cher, que croyez-vous ? C'est quoi notre métieroe La littérature ? L'art ? La pensée ? Le dressage des grands fauves ? Laissez-moi vous dire : L'ÉDITION, C'EST L'ÉLECTRICITÉ + LES MOTS. Parfois l'électricité dévore les mots : les feux de la rampe. Parfois l'éditeur mâche son papier, joyeux, mâche de longues bandelettes arrachées aux manuscrits, mâche les brouillons, les contrats, les traités, et meurt empoisonné.

    1 autre édition :

  • Itinéraires des Déserts de l'Amour de Rimbaud ; philologie, généricité, herméneutique Nouv.

    Oeuvre délaissée sinon rejetée, Les Déserts de l'Amour de Rimbaud devait faire l'objet d'une approche d'envergure afin de lui redonner la place qu'elle mérite. C'est ce qu'entreprend cette monographie par l'étude de son manuscrit autographe, l'évaluation de ses genres littéraires et son exégèse.

    1 autre édition :

  • Annam

    Christophe Bataille

    • Grasset
    • 4 Septembre 2013

    En 1787, le petit Canh, empereur du Vietnam, meurt à Versailles d'une pneumonie. Il était venu solliciter l'aide du roi Louis XVI suite au soulèvement populaire qui a chassé son père du pouvoir. Pris d'affection pour l'enfant, l'évêque Pigneau de Bréhaine arme deux navires pour sortir le Vietnam de la guerre et de l'impiété. À ce voyage initiatique, sorte de retour à l'origine du monde, seuls survivront quelques religieux.

  • Aucun navire ne vient plus jeter l'ancre dans le port ensablé de la somnolente principauté nordique où règne le duc Gonzagues.
    D'étranges événements se produisent. Deux horlogers, chargés de l'entretien des deux cent dix-huit pendules du palais, disparaissent mystérieusement. C'est un Polonais, Arturo, qui va devenir le maître des heures ; et Gonzagues l'accompagnera, fasciné, dans les tournées nocturnes au cours desquelles il dépoussière les rouages et remet les contrepoids en marche.
    Puis Arturo épouse une lingère, Helen, dont il a une fille au prénom royal. Est-ce le commencement d'une nouvelle vie au palais ? Ou le début de la tragédie ? Par la magie d'une écriture à la fois sobre et musicale, Christophe Bataille nous entraîne dans un univers où le Temps, la Mort et le Désir jouent une partie mystérieuse

  • Christophe Bataille
    J'envie la félicité des bêtes

    A Londres, Jocelyn Simarre, homme à tout faire d'un réseau bulgare de prostitution, s'est épris de Maël. En fuite, ils gagnent l'est de la France, vivant à bord d'un camion. Chaque soir, Jocelyn devient Abraca Mola Stermione et joue les magiciens, mimant un meurtre, parvenant à entraîner son public vers d'inexplicables états hypnotiques.
    Histoire d'amour, histoire de pouvoir et de fascination. Le romancier d'Annam, couronné à vingt et un ans par le prix des Deux-Magots, nous prend au charme d'un style flamboyant, à la fois lyrique et concret, élégiaque et charnel, et nous offre une fable qui atteint les profondeurs de l'inconscient et résonne longtemps dans la mémoire.

    Postface inédite de l'auteur.

  • « Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. » C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1,8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer.
    Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes.
    D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.

  • « À treize ans, je perds toute ma famille en quelques semaines. Mon grand frère, parti seul à pied vers notre maison de Phnom Penh. Mon beau-frère médecin, exécuté au bord de la route. Mon père, qui décide de ne plus s'alimenter. Ma mère, qui s'allonge à l'hôpital de Mong, dans le lit où vient de mourir une de ses filles. Mes nièces et neveux. Tous emportés par la cruauté et la folie khmères rouges. J'étais sans famille. J'étais sans nom. J'étais sans visage. Ainsi je suis resté vivant, car je n'étais plus rien. » Trente ans après, l'enfant, devenu cinéaste, décide de questionner un des responsables de ce génocide : Duch, qui n'est ni un homme banal ni un démon, mais un organisateur éduqué, un bourreau qui parle, oublie, ment, explique, travaille à sa légende.
    L'Élimination est le récit de cette confrontation hors du commun. Il a été traduit dans de nombreux pays.
    Prix Joseph Kessel, Prix Aujourd'hui, Prix essai France Télévisions, Grand prix des lectrices de ELLE, Grand prix SGDL de l'essai.

    1 autre édition :

  • L'actrice raconte sa jeunesse, passée entre les garnisons britanniques et la France, ses impressions, ses souvenirs, les lieux et sa famille

    1 autre édition :

  • "Il y a tant d'images dans le monde, qu'on croit avoir tout vu. Tout pensé. Depuis des années, je cherche une image qui manque. Une photographie prise entre 1975 et 1979 par les Khmers rouges, quand ils dirigeaient le Cambodge. A elle seule, bien sûr, une image ne prouve pas le crime de masse ; mais elle donne à penser ; à méditer. A bâtir l'histoire. Je l'ai cherchée en vain dans les archives, dans les papiers, dans les campagnes de mon pays.
    Maintenant je sais : cette image doit manquer ; et je ne la cherchais pas, ne serait-elle pas obscène et sans signification ? Alors je la fabrique. Ce que je vous donne aujourd'hui n'est pas une image, ou la quête d'une seule image, mais l'image d'une quête : celle que permet le cinéma. Certaines images doivent manquer toujours, toujours être remplacées par d'autres : dans ce mouvement il y a la vie, le combat, la peine et la beauté, la tristesse des visages perdus, la compréhension de ce qui fut ; parfois la noblesse, et même le courage : mais l'oubli, jamais".

  • From 1975 to 1979 'Comrade' Duch was in charge of S 21, the security prison at the heart of Pnomh Penh where 12,380 people were tortured and executed, having confessed to imaginary betrayals of the regime. After his film S21, which brought survivors and executioners from the Khmer Rouge era together, Rithy Panh decided to film Duch in prison. During 300 hours of filming he confronts the man in charge of the campaign of extermination, tries to understand his personal history, his ideology, his methods. He talks to him about how he recruited his torturers, but also about his passion for numbers, for order.



    The process of confronting Duch every day, his cruelty, his evasions, his laugh draws Rithy Panh back to the past and the horrors of the Khmer Rouge era. Exhausted and despairing, he decides to tell his own story and that of his family. Against the evil of Duch he holds up the good embodied in the person of his own father, who believed in and fought for justice and education, and who perished in the Khmer Rouge genocide.

  • Longtemps mal connu, le Nord, région mythique par excellence, a joué un rôle
    important dans l'imaginaire collectif de l'Occident. Il a fallu des siècles pour
    qu'on apprenne à en cerner les contours - au XVIIIème siècle encore, la Laponie
    n'était guère inventoriée. L'histoire des pays nordiques révèle un passé plus tumultueux
    qu'on ne l'imagine d'ordinaire, ce qui donne tout son prix à l'esprit de paix
    qui anime aujourd'hui ces peuples devenus des modèles de civisme, de tolérance
    et de démocratie. La nature du Grand Nord, unique en son genre, a toujours nourri
    les rêves des voyageurs. Dans l'Ancien Continent, seules la Norvège, la Suède,
    la Finlande et l'Islande offrent encore des terres vierges. Les hommes ont dû,
    autant qu'ils le pouvaient, apprivoiser les forces élémentaires, développer des
    techniques de survie et déployer des trésors d'ingéniosité pour tirer parti des ressources
    souvent limitées dont ils disposaient.

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