Catherine Ramond

  • Les romanciers du XVIIIe siècle ont aimé Racine : leurs oeuvres témoignent d'une empreinte ineffaçable, qui revêt des formes diverses, de la parodie à l'hommage nostalgique. Ce livre retrace l'histoire d'une mémoire des textes, qui pose aussi la question des genres, et la façon dont le XVIIIe siècle a pensé le tragique.

  • Au début du règne de Louis XV, une jeune marquise désoeuvrée, mariée à un libertin, s'éprend d'un ami de son mari.
    Elle engage avec lui un « commerce de lettres », qui se fait l'écho de leur liaison, sur fond de vie mondaine. D'abord badine et spirituelle, la marquise se prend au jeu et trouve finalement dans cette passion sa seule raison de vivre. Reprenant pour ce premier roman la formule épistolaire à une voix, et un titre classique, Lettres de la Marquise de M*** au Comte de R***, Crébillon joue apparemment le jeu de la tradition, mais il n'a de cesse de pervertir ce modèle.
    Rédigé par des spécialistes de Crébillon et du roman du dix-huitième siècle, cet ouvrage propose d'éclairer la lecture de ce roman peu exploré d'un écrivain virtuose, qui traque les « mouvements du coeur » en multipliant masques et faux-semblants, et nous convie, dans une oeuvre composite et paradoxale, à une interrogation sur le discours amoureux.

  • De véritables copies corrigées et commentées - Des pistes de réflexion.

  • Lola, bientôt onze ans, vient d'entrer en sixième. Elle a déjà une montagne de devoirs à faire et une nouvelle élève à guider à travers le collège. Mais quand Lola doit, en plus, organiser sa fête d'anniversaire et que sa grande soeur est toujours occupée, rien ne va plus ! Qui a dit que la vie d'une collégienne était de tout repos ?

  • Été 1905. Henri Matisse (36 ans) et André Derain (26 ans), tous deux dans des situations matérielles et psychologiques éprouvantes, ont quitté Paris et se retrouvent à Collioure, petit port de la Côte Vermeille. L'originalité et la beauté des lieux, l'authenticité affirmée des habitants vont agir comme un véritable électrochoc sur les deux peintres. Aristide Maillol (46 ans) et Étienne Terrus (48 ans), artistes du pays, déjà rencontrés dans la capitale, seront leurs interlocuteurs privilégiés sur tous les sujets de discussions possibles. Leurs échanges vifs parfois, tolérants toujours, décantent, éclairent et nourrissent des approches nouvelles de leurs arts respectifs. Grâce à ces éléments, et malgré les différences fondamentales entre leurs personnalités, Matisse et Derain vont renaître à la peinture. Leurs recherches communes aboutiront à un style révolutionnaire que l'on appellera plus tard Fauvisme. Marguerite, la fille adolescente de Matisse, apporte par ses critiques spontanées et sa fraicheur juvénile, une respiration libératrice dans le huis dos parfois étouffant de l'atelier. Marguerite se dédouble en La Sybille, prophétesse de l'antiquité grecque dont la parole anticipe ce qui se joue et agit en révélatrice de l'inconscient des créateurs.

  • MA2F, artiste né à perpignan en 1959, est d'un tempérament mêlant son ascendance catalane et sa culture française.
    Depuis son enfance, il est habité par l'image d'un objet familier, l'entonnoir.
    Il en fit un des éléments privilégiés de son inspiration, parce que l'entonnoir représentait par l'évidence de sa forme hermaphrodite, l'icône absolue de son propre désir de réunification des éléments masculin et féminin qui régissent le monde. Désir qui parcourt toutes ses formules plastiques, de la peinture à la sculpture, des installations au modelage d'objets.
    En tant que symbole, l'Entonnoir contient, dans sa seule image déclinée par la volonté d'esthétisme du plasticien, l'Un en Deux. Cette fonction de symbole lui permet de rejoindre concrètement le récit d'Aristophane (dans Le Banquet de Platon) pour qui les Androgynes cherchaient à reconstituer leur entité détruite Par Zeus.
    MA2F transforme l'objet, par la magie de l'art en lieu de passage mental de toutes sortes de fantasmes. Par exemple, le 2ISME permet de regarder le monde de deux côtés en même temps; l'union, sur ses tableaux, de la peinture et de la sculpture ; et surtout l'intervention de l'érotisme comme passeur du désir terrestre au désir de l'au-delà.
    MA2F proposerait-il un art sulfureux ? Il sera nécessaire de dépasser les apparences pour comprendre que ce qui est proposé à notre regard et à notre réflexion c'est un questionnement sur l'Humain dans sa relation à l'Amour et au Sacré.

    Historienne et analyste de l'Art, Catherine Deloncle Saint-Ramon a précédemment publié aux éditions Alter ego « Les pionniers de l'art moderne en pays catalan » (2005), « Une érection salvatrice en gare de Perpignan » (2006), « Pierre Brune, des berges de la Seine aux collines de Céret » (2008).

  • Célèbre de son vivant aussi bien à la Comédie-Française que sur les autres scènes françaises et européennes, auteur de deux des plus grands succès du siècle, avec Le Philosophe marié (1729) et Le Glorieux (1732), Destouches bénéficie actuellement d'un certain regain d'intérêt pour le répertoire comique de la première modernité. Son théâtre se situe entre tradition et innovation, entre comique et sérieux, entre édification et plaisir. On y reconnaît diverses influences, notamment celle du théâtre anglais, mais également de Molière, dont il cherche à se démarquer tout en rendant hommage à son modèle indépassable. Ce répertoire essentiel de la première moitié du XVIIIe siècle appelle des perspectives variées qui articulent l'étude d'une dramaturgie à vocation morale, étayée par une poétique d'un nouveau genre préfigurant le drame, porteuse des grandes questions sociales, économiques, juridiques et politiques de son temps.
    Ce volume s'inscrit dans le renouvellement actuel de la lecture de Destouches. Il rassemble les articles des chercheurs et des artistes soucieux de le remettre en scène, de lui redonner sa juste place dans le paysage théâtral, aux côtés des Regnard, Dufresny, Gresset, et même Voltaire et Marivaux. Il a pour ambition de montrer la complexité de cette oeuvre hybride et de mettre au jour les mécanismes de sa notoriété.

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