Féminisme 

A son arrivée dans l'équipe de la librairie en septembre, Cécile Tugler a créé un rayon féminisme à découvrir au 1er étage de la librairie. Voici une sélection de titres disponibles en ce moment ! 

  • "Je connais une famille où lorsque le garçon a faim, les parents demandent à leur fille de lui préparer des nouilles. Elle n'aime pas cuisiner, mais c'est une fille alors elle n'a pas le choix." "Pour un monde plus équitable nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement." En 2012, Chimamanda Ngozi Adichie prononce un discours dans lequel elle évoque avec lucidité et humour sa vision du féminisme. Publié par la suite (en France, en Folio 2€), il est lu dans le monde entier.
    Ce récit vivant a été adapté par son auteure pour le jeune public. Un album à mettre entre toutes les mains, qui invite à la discussion entre enfants, adolescents et adultes.

  • Parce que l'histoire a longtemps été écrite par et pour les hommes, sa dimension féminine a été négligée. Si l'histoire des femmes, née dans la décennie 1970, les a montrées actrices du passé, si l'histoire du genre a mis l'accent sur la construction culturelle et politique de la différence des sexes, la spécificité féminine de l'Histoire n'a pas été interrogée : existe-t-il en France un temps de l'action des femmes dont la prise en compte ferait surgir une autre chronologie ? Les faits le disent : le peuple-femme, s'affichant tel, avec ses propres revendications et gestes, fait irruption sur la scène révolutionnaire le 5 octobre 1789, en marchant sur Versailles. Nos contemporaines l'affirment : interrogées sur l'événement pour elles le plus important du XXe siècle, elles ont massivement répondu "la contraception et la liberté d'avortement" (1975), quand les hommes applaudissaient à la conquête spatiale. Identifier une histoire féminine de la France révèle que les femmes l'appréhendent autrement que les hommes, de là où elles sont, de là où on leur permet d'être, de là où elles osent être... Cette entreprise ambitionne de leur redonner vie, et donc de leur rendre, autant que faire se peut, le geste, la parole et l'action.

  • « Nous commencerons par discuter les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la "réalité féminine" s'est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l'Autre et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu'il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s'évader de la sphère qui leur a été jusqu'à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain. » Simone de Beauvoir.

  • Depuis plusieurs décennies, nous réfléchissons au sens de la féminité, à l'éducation de nos filles que nous voulons fières et émancipées. Nous luttons à l'école, dans la rue, auprès de nos familles pour tordre le cou aux clichés et leur offrir des chances égales à celles des garçons. Mais nous continuons d'élever nos fils dans le même moule patriarcal, comme si nous pouvions déconstruire le sexisme sans nous interroger sur la masculinité ! S'appuyant sur des études scientifiques et sur les témoignages de professionnels de l'enfance, Aurélia Blanc, jeune mère et journaliste, décortique les stéréotypes et rassemble tous les outils pour aider les parents à élever leurs garçons de manière antisexiste.
    Elle décrit comment nos fils, enfermés dans de vieux carcans virils, souffrent d'une vision violente de la masculinité, qui les a conduit au refoulement de leur être, de leurs sentiments et de leurs vraies envies. Adopter une éducation féministe, c'est donner à nos garçons l'opportunité de développer leur singularité et de cultiver une vraie liberté ! Retrouvez tous les conseils pour : se déconditionner du " sexisme bienveillant " véhiculé par notre environnement et notre éducation ; démanteler les idées reçues : non, les cerveaux des garçons et des filles ne sont pas " câblés " différemment, et, non, jouer à la poupée ne " rend " pas gay ! ; permettre à son garçon de vivre une masculinité apaisée : " un homme, un vrai, ça ne pleure pas " et autres injonctions viriles préconçues ; l'armer face aux pressions sociétales : " c'est un truc de fille " ; lui apprendre le respect de soi et des autres : la question du consentement, la fabrique de la sexualité.

  • « En ce qui concerne la santé des femmes, il n'y a pas de questions stupides ni taboues, il n'y a que des questions légitimes. ».
    Pourquoi ce livre aujourd'hui ? C'est une réponse à la crise de l'autorité médicale. Beaucoup de femmes ne se contentent plus de ce qu'affirme leur médecin. Certaines se tournent vers Internet, où elles trouvent des informations erronées ou partielles. D'autres se tournent vers Martin Winckler. Son site, consacré à la santé des femmes, reçoit chaque jour des milliers de visites. Elles réclament le droit à des réponses argumentées. Veulent reprendre le pouvoir sur leur corps et leur santé.
    Comment le livre est-il fait ? Il s'adresse à toutes les femmes. Quels que soient leur âge, leur orientation sexuelle ou leur désir ou non de maternité. Le livre est ainsi constitué de grands chapitres thématiques sur les règles, la contraception, la grossesse, les violences obstétricales, etc. À l'intérieur de chacune de ces parties se trouvent des questions qui sont régulièrement posées à Martin Winckler. Ses réponses sont claires, argumentées avec les dernières connaissances scientifiques, des points à retenir, des conseils.
    Enfin, l'auteur complète chaque chapitre par une liste de recommandations à lire ou à regarder : sites, films, romans...

  • Qu'est-ce que ça veut dire d'être un homme, en France, au XXIe siècle ? Qu'est-ce que ça implique ? Pour dépasser les querelles d'opinion et ne pas laisser la réponse aux masculinistes qui prétendent que « le masculin est en crise », Victoire Tuaillon s'est emparée frontalement de la question, en s'appuyant sur les travaux les plus récents de chercheuses et de chercheurs en sciences sociales. Ensemble, au fil des épisodes de son podcast au titre percutant, elles et ils ont interrogé la masculinité et ses effets : pourquoi, dans une immense majorité des cas, les harceleurs, les violeurs, les casseurs, sont-ils des hommes ? Pourquoi les petits garçons disent-ils tous que « l'amour c'est nul » ou encore que « l'amour c'est pour les filles » ? Comment la domination masculine affecte-t-elle aussi les hommes ? Réunissant les réponses à ces questions et à bien d'autres, ce livre démontre sans dogmatisme que la masculinité n'a rien de naturel, que c'est une construction sociale et qu'il faut la remettre en question si on veut atteindre une véritable égalité entre les femmes et les hommes.

  • Le génie lesbien

    Alice Coffin

    « Enfant, je m'imaginais en garçon. J'ai depuis réalisé un rêve bien plus grand : je suis lesbienne. Faute de modèles auxquels m'identifier, il m'a fallu beaucoup de temps pour le comprendre. Puis j'ai découvert une histoire, une culture que j'ai embrassées et dans lesquelles j'ai trouvé la force de bouleverser mon quotidien, et le monde. ».

    Journaliste dans un quotidien pendant plusieurs années, la parole d'Alice Coffin, féministe, lesbienne, militante n'a jamais pu se faire entendre, comme le veut la sacrosainte neutralité de la profession. Pourtant, nous dit-elle, celle-ci n'existe pas.

    Dans cet essai très personnel, Alice Coffin raconte et tente de comprendre pourquoi, soixante-dix ans après la publication du Deuxième sexe, et malgré toutes les révolutions qui l'ont précédé et suivi, le constat énoncé par Simone de Beauvoir, « le neutre, c'est l'homme », est toujours d'actualité. Elle y évoque son activisme au sein du groupe féministe La Barbe, qui vise à « dénoncer le monopole du pouvoir, du prestige et de l'argent par quelques milliers d'hommes blancs. » Elle revient sur l'extension de la PMA pour toutes, sur la libération de la parole des femmes après #Metoo ; interroge aussi la difficulté de « sortir du placard ». Et sans jamais dissocier l'intime du politique, nous permet de mieux comprendre ce qu'être lesbienne aujourd'hui veut dire, en France et dans le monde.

    Combattif et joyeux, Le génie lesbien est un livre sans concession, qui ne manquera pas de susciter le débat.

  • Legende n.2 ; angela davis

    Collectif

    Alors que le monde entier manifeste aujourd'hui contre le racisme et les violences faites aux Noirs, Le´gende consacre son 2e nume´ro a` cette ico^ne qu'est Angela Davis. Figure marquante des anne´es 1970, elle fut de toutes les luttes contre l'injustice raciale. La mort de George Floyd a ravive´ son aura. On a reconnu son poing leve´ et sa coupe afro de´sormais blanche sur le port d'Oakland en juin dernier.
    Sa vie est une expe´rience e´difiante double´e d'une lec¸on de courage et de te´nacite´.

    Avec Judith Perrignon, Gordon Parks, Pauline Peretz, Dany laferrière, Gisèle Pineau, Véronique Olmi.

  • Des vies de femmes célèbres ou méconnues à la conquête de leur liberté.
    On connaît Michelle Obama, Rosa Parks ou Nina Simone. Mais peut-être moins Sojourner Truth, Audre Lorde ou Darling Légitimus...
    Des Antilles aux États-Unis, en passant par Paris, ce livre retrace la vie de ces femmes, noires, libres, inspirantes. Des combattantes parfois méconnues, oubliées.
    De la fin de l'esclavage jusqu'à aujourd'hui, l'historienne Audrey Célestine dresse plus de 60 portraits d'héroïnes ou d'inconnues. Refusant d'être réduite à la couleur de leur peau, elles ont chanté, créé, écrit...
    Loin d'être des passagères clandestines de l'histoire, elles se sont battues contre l'asservissement, la ségrégation, le racisme. Aujourd'hui, leurs héritières poursuivent et réinventent leurs luttes.
    Un livre nécessaire et inspirant.

  • Chaque femme porte en elle une force naturelle, instinctive, riche de dons créateurs et d'un savoir immémorial. Mais la société et la culture ont trop souvent muselé cette « Femme sauvage », afin de la faire entrer dans le moule réducteur des rôles assignés.
    Psychanalyste et conteuse, fascinée par les mythes et les légendes, auteur également du Jardinier de l'éden, Clarissa Pinkola Estés nous propose de retrouver cette part enfouie, pleine de vitalité et de générosité, vibrante, donneuse de vie. A travers des « fouilles psycho-archéologiques » des ruines de l'inconscient féminin, en faisant appel aux traditions et aux représentations les plus diverses, de la Vierge Marie à Vénus, de Barbe-Bleue à la petite marchande d'allumettes, elle ouvre la route et démontre qu'il ne tient qu'à chacune de retrouver en elle la Femme sauvage.
    Best-seller aux Etats-Unis, ce livre exceptionnel est destiné à faire date dans l'évolution contemporaine de l'identité féminine.

  • « E^tre visibles. Marcher dans la rue sans peur. Exprimer haut et fort nos opinions. C'est ce que la socie´te´ interdit aux femmes. Et c'est le programme de ce livre. Messieurs qui tenez les manettes, si vous voulez re´gler le proble`me, les chercheuses et militantes fe´ministes ont fait le boulot.
    Les me´canismes sont identifie´s, les solutions existent. Tout est la`. Ce qu'il manque maintenant, c'est votre volonte´.
    Or, chaque jour, on constate qu'elle est nulle. Manifestement, l'ide´e de vivre dans un monde ou` les femmes seraient vraiment les e´gales des hommes ne vous emballe pas plus que c¸a ». L.B.

    Avec Pre´sentes, Lauren Bastide signe un manifeste fe´ministe ultra-documente´, nourri par les re´flexions des militantes les plus inspirantes d'aujourd'hui. Un livre a` mettre entre toutes les mains, pour mieux comprendre les nouvelles luttes fe´ministes de l'apre`s-#MeToo.

  • Femmes puissantes

    Lea Salame

    • Arenes
    • 9 Septembre 2020

    Lorsque, à l'été 2019, Léa Salamé donne rendez-vous aux auditeurs de France Inter avec des entretiens intimistes autour de la puissance des femmes, personne n'imagine l'impact de ces émissions. Elles battent aussitôt des records d'écoute et suscitent des milliers de commentaires enthousiastes. Une seconde vague d'entretiens sera diffusée entre Noël et le jour de l'An.
    Une nouvelle saison sera lancée à l'été 2020.
    Ces entretiens frappent par la liberté et l'authenticité que permettent Léa Salamé et ses questions autour de la puissance des femmes : quelle est sa nature ? comment l'exercent-elles ? Quels sont les rapports entre féminité et pouvoir ? Comment ces femmes se sont-elles construites Si les femmes interviewées ont en commun d'être connues, elles n'en sont pas moins toutes différentes.
    Christiane Taubira explique comment elle a survécu à la Manif' pour tous et au déluge de haine misogyne et raciste ; Nathalie Kosciusko-Morizet s'adresse à toutes les femmes désireuses de devenir puissantes ; Laure Adler évoque comment elle a surmonté la mort d'un enfant ; Leïla Slimani parle de ses origines familiales et de la confiance en soi. Retravaillés pour ce livre afin d'en restituer toute l'intimité, les entretiens sont précédés d'un long texte très personnel de Léa Salamé qui se prête au jeu de l'introspection. Des femmes puissantes est la rencontre d'une personnalité hors norme avec son époque.

  • Le féminisme, c'est quoi ? Ça existe ? Aujourd'hui ça pourrait exister. Et pour quoi faire ? «Les femmes ont tout obtenu», répondent-ils, et même répondent-elles, quelquefois. Et pour quels résultats ? La solitude de fond de la féminité, et la déroute de nos mâles devant leurs égales. «La super woman» est épuisée. Quant au commun des hommes, sans le «miroir grossissant» que présentait, à ses exploits masculins, sa compagne d'antan, il se sent réduit de moitié. Donc grandeur nature. [...] Enfermée dans son rôle féminin, la femme ne mesure pas à quel point son oppresseur est lui-même prisonnier de son rôle viril. En se libérant, elle aide à la libération de l'homme. En participant à égalité à l'Histoire, elle la fait autre. Cela ressemble fort à une révolution tranquille, mais forte et sûre de l'avenir. Pourquoi le féminisme aujourd'hui ? Justement pour réussir là où l'égalité économique a échoué. Là où la culture patriarcale résiste. Le féminisme vient seulement de commencer sa longue marche. Dans vingt ans, dans cent ans, il aura changé la vie.
    Gisèle Halimi(1992).

  • Il n'y a guère d'imaginaire plus viril que celui des Vikings : barbares pillards à la barbe hirsute, grands explorateurs naviguant sur les mers de Scandinavie tandis que, quelque part entre Asgard et le Valhalla, Týr et Odin ourdissent de grands combats. Mais que faisaient les femmes vikings pendant ce temps ?
    À la croisée des sources historiques, archéologiques et des sagas islandaises, cet ouvrage propose une relecture de la civilisation viking selon un prisme féminin. De la figure de la valkyrie qui décide du sort des guerriers au combat à la fière Guðrún qui venge l'honneur des siens, on découvre une femme viking qui, loin d'être cantonnée aux tâches domestiques, explore, décide, écrit, combat parfois. Chemin faisant, l'imaginaire que nous nous faisons de cette culture s'en trouve profondément modifié. Preuve, s'il en était besoin, que l'histoire ne se fait jamais sans les femmes.

  • « Lire, c'est oublier, tout oublier, y compris ses lectures passées, toutes ces histoires qui sommeillent dans nos arrière-mémoires et qui ne demandent qu'à resurgir à l'improviste, ces pages entières qui nous tombent dessus - mais jamais, justement, quand on lit, quand on lit vraiment. Lire, c'est dégager le terrain, faire table rase, retrouver l'innocence.

  • Sartre écrit, dans Plaidoyer pour les intellectuels, que l'intellectuel est perçu comme celui qui se mêle de ce qui ne le regarde pas, quand Beauvoir - cela saute aux yeux - se mêle de ce qui la regarde, dans ses livres sur le Deuxième Sexe et sur la Vieillesse. Depuis quelques décennies, la question sexe/genre a réussi à s'imposer comme problème théorique, et par conséquent comme champ de recherche, lieu d'explorations, de théories. Mais aucune position de surplomb n'est enore possible parce que l'objet de pensée échappe sans cesse à la sérénité académique, parce que le sujet de pensée doit défendre encore sa légitimité scientifique. Comment penser l'égalité des sexes ? Être un « être de raison » fut contesté au sexe féminin depuis Fénelon et la fin du xvii e siècle. Face à cette exclusion de la pensée, Geneviève Fraisse s'est construite en résistance à une ritournelle négative. La philosophie est le bastion le plus solide, parce que le plus symbolique, d'une suprématie masculine. On reconnaît plus facilement l'historienne que la philosophe, et à travers le parcours de l'autrice, c'est celui de toute une génération qu'on saisit. Le féminisme qui ressurgit au lendemain de mai 68, persuadé d'inventer l'Histoire, reprend un fil déjà ancien, celui du « nous » les femmes de 1830, saint-simoniennes, qui inaugure une dynamique d'émancipation féministe qui va jusqu'à #metoo. Notre xxi e siècle parle du corps politique, collectif, impensé du contrat social et de nos démocraties. C'est un pas de plus dans la représentation de ce qui a bloqué l'émancipation des femmes, donc l'égalité des sexes.

  • J'écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n'ont pas envie d'être protecteurs, ceux qui voudraient l'être mais ne savent pas s'y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l'idéal de la femme blanche séduisante qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu'il n'existe pas. V.D. En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l'auteur de Baise-moi conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Manifeste pour un nouveau féminisme.

  • Christiane est née en 1945, Huguette en 1941. Toutes deux étaient institutrices. De Christiane, on ne savait rien : après sa disparition dans un accident de voiture, à l'âge de vingt-six ans, elle avait été effacée de l'histoire familiale et des albums photos. D'Huguette, au contraire, on détenait beaucoup : un livre publié, des manuscrits, des lettres, des articles de journaux, une correspondance avec Simone de Beauvoir... Tout cela enfermé dans des malles bien verrouillées.
    Christiane et Huguette sont les mères des deux autrices. Au fil d'une enquête qui les a menées aux quatre coins de la France, mais aussi en Tunisie, celles-ci ont récolté des témoignages et des photos, retrouvé des archives, fait parler des courriers. Elles retracent la vie de ces deux femmes « ordinaires », dans ce moment charnière des années 1960, où les femmes se battent pour leur indépendance. Car, à raconter les parcours de Christiane et Huguette - de milieux sociaux très différents -, c'est toute une génération qui affleure : celle des Écoles normales d'institutrices, des « écoles-taudis », de la coopération, du féminisme, des aspirations à une vie meilleure, du rejet des carcans traditionnels.
    S'il permet de comprendre les voies de l'émancipation et comment celles-ci varient selon le milieu d'origine et les capitaux culturels et économiques, ce livre est aussi une expérience : peut-on enquêter sur des sujets si proches, et lever, en sociologue, en historienne, des secrets de famille ? Que peuvent faire les sciences sociales de l'émotion, de l'intimité ? Enfin, cet ouvrage est une revanche contre l'effacement des femmes de l'Histoire, et des histoires.

  • « Femme, réveille-toi; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers; reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n'est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l'usurpation. L'homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. Ô femmes! femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles?» Un ton résolument frondeur, une langue énergique, un propos engagé, par l'une des grandes voix féminines de la Révolution française.

  • Depuis la préhistoire, avec l'apparition des venus hottentotes, la femme a été le centre et le support de tous les fantasmes. Déesse ou putain, vierge ou sorcière, virago ou odalisque, elle a été mise en scène, allumée, surexposée : son corps, toutes les parties de son corps, et son visage, à travers un regard essentiellement masculin.
    La première partie de cet ouvrage - La femme regardée - va jusqu'au moment où Courbet et Manet vont révolutionner le regard, la seconde - Les femmes qui nous regardent - jusqu'aux années 60 et la troisième - Ces femmes qui se regardent - débute avec les années 1970, quand s'est opérée une révolution majeure pour les femmes artistes qui désormais se représentent elles-mêmes. C'est donc aussi à une histoire de l'évolution du statut de la femme que ce livre convie, comme un voyage au Pays de l'émancipation sexuelle et politique, de Camille Claudel à Louise Bourgeois, et de Frida Kahlo à Cindy Sherman.

    "JE SUIS UNE FEMME. TOUT ARTISTE EST UNE FEMME.».
    PICASSO.

  • Saintes en armes, combattantes, militantes, émeutières, résistantes, activistes luttant contre le patriarcat, la domination masculine, la violence sexuelle ou sexiste, le capitalisme, le pouvoir politique, l'esclavage ou la colonisation, mais aussi terroristes, kamikazes, gardiennes de camps, femmes soldats ou délinquantes... La violence manifestée par certaines femmes revient au sein de notre actualité mondialisée, au risque d'éclipser la violence faite aux femmes. Preuve qu'elle marque les esprits et frappe les imaginaires, aujourd'hui comme hier : de victimes expiatoires, ces femmes deviennent des bourreaux désignés. Cette violence revendiquée a pourtant été longtemps occultée par une histoire écrite par des hommes, soucieuse de perpétuer un mythe de l'innocence féminine, socle du modèle patriarcal, car il permettait de reléguer les femmes dans des tâches subalternes. Si les violences domestiques (infanticide, crime passionnel, violence conjugale), secrètes (empoisonneuse, traîtresse, usurpatrice) ou déviantes (sorcière, criminelle, violeuse, veuve noire, femme fatale) sont aujourd'hui mieux connues, il semble que la violence politique commise au sein de l'espace public, qu'elle ait ou non une visée émancipatrice, le soit moins. Elle s'exprime pourtant au grand jour, activant des stéréotypes dépréciatifs tenaces (vénéneuse, poissarde, tricoteuse, incendiaire, virago, pétroleuse, vitrioleuse, suffragette), destinés à évacuer la femme d'une sphère publique où sa place n'est pas considérée comme acquise. Cet ouvrage met en évidence un inconscient culturel, puissant à l'oeuvre dans nos représentations collectives : il identifie les origines antiques, souvent mythifiées de ces femmes d'action, leurs mutations au cours de l'histoire et leur résurgence ambivalente au sein de notre monde contemporain, afin de saisir une question qui interroge notre modernité au regard de son histoire.

  • Ne nous libérez pas, on s'en charge est né d'une rencontre, celle de trois historiennes qui, depuis 2013, ont animé un séminaire à l'EHESS sur la sociohistoire des féminismes. Trois regards, trois générations, trois parcours différents pour une volonté commune d'offrir un récit renouvelé de l'histoire des féminismes en France.
    Motivées par la demande des étudiantes et étudiants pour des éléments historiques accessibles, les autrices répondent à des interrogations qui donnent à réfléchir aux perspectives politiques d'aujourd'hui. Comment les féminismes ont-ils émergé ? Quels liens entretiennent-ils avec les mobilisations de femmes révolutionnaires et l'anti-esclavagisme ? Doit-on parler de « féminisme bourgeois » ? Y a-t-il eu des féminismes noirs ? Les féministes étaient-elles toutes colonialistes ? Existe-t-il des féminismes religieux ? Comment s'articulent le mouvement gay lesbien trans (LGBTQI +) et les mouvements féministes ? Le féminisme institutionnel est-il réactionnaire ? Qu'est-ce que le genre fait aux féminismes ? Que révèle #MeToo sur la construction des femmes comme sujets politiques ? Qu'il y a-t-il de nouveau dans le féminisme d'aujourd'hui ? Comment les féminismes s'articulent-ils avec l'histoire impériale de la France et s'insèrent-ils dans des circulations transnationales ?
    Le récit se divise en quatre parties qui correspondent aux principales scansions entre la Révolution française et les premières décennies du XXIe siècle. Ce livre entend fournir quelques clés indispensables pour penser les féminismes d'hier et d'aujourd'hui à la lumière des grands défis contemporains, des inégalités sociales, raciales et de genre. Réinterroger l'histoire des féminismes revient ainsi à s'inscrire dans une volonté de renouveau d'une histoire qui cesserait d'ignorer celles et ceux qui ont pensé et agi pour l'égalité et la liberté des rapports de genre.

  • Un jour, je me suis demandé : pourquoi est-ce moi qui ramasse les affaires qui traînent ? Je n'ai trouvé qu'une seule réponse. Parce que je suis une femme qui vit avec un homme et deux enfants et que, conséquemment, les corvées, c'est pour ma gueule.
    Être une femme, ce n'est pas seulement l'idéal de minceur et de cheveux qui brillent, c'est le souci permanent des autres et du foyer, c'est être sans cesse ramenée à la saleté, aux taches, à la morve.
    L'égalité serait déjà là, mais les femmes conservent la conviction intérieure qu'elles doivent s'occuper de tout et de tout le monde, et d'elles en dernier, s'il reste cinq minutes à la fin de leur triple journée.
    Cette féminisation de la sphère privée implique une autre conséquence : l'espace public est toujours masculin. Peut-on se dire égaux quand la moitié de la population adapte ses vêtements en fonction des transports et fait attention à ne pas être seule la nuit dans la rue ? Et si le combat féministe devait encore et toujours se jouer dans la vie quotidienne de chacune et chacun, chez soi, dans sa propre maison, devant le panier de linge sale ?T. L.

  • « Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j'aimerais aujourd'hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement. » Critique farouche de toute forme d'essentialisation - qu'elle touche le genre, la nationalité ou l'appartenance à n'importe quelle entité close et figée -, C. N. Adichie porte une voix, rare et puissante, d'émancipation.

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